Il y a des moments qui crispent. Ceux qui vous emprisonnent dans une posture d’attente. Particulièrement si les nouvelles que vous entendez sont des réponses qui vont définir vos lendemains. Si elles sont bonnes, c’est formidable. Votre vie va s’améliorer, les chemins tracés seront élargis. Si elles sont mauvaises, vous aurez des décisions à prendre, des actes à fournir en conséquence. Plus les enjeux sont grands, plus les attentes sont longues et insupportables. Par exemple, vous attendez le résultat du loto. C’est chiant, d’attendre le résultat du loto (je n’y joue pas). Sauf que vos savez quand même que vous avez à peu près toutes les chances de perdre. Mais, même là, vous avez votre petite montée d’adrénaline. Votre vie peut basculer grâce à quelques boules numérotées. Cette attente, se résume aux quelques minutes qui précèdent le tirage. Après, vous n’avez plus qu’à vous remettre à rêver doucement au tirage suivant.
À chaque fois que j’attends des décisions sur tel ou tel projet, je ressens cette angoisse sourde qui embarque tout. Si c’est oui, je fais mon film, par exemple. Des mois et des mois d’occupation se dessinent. Si c’est non, je vois ce que je peux faire. Il faudra imaginer. Le quotidien sera très très différent. Mais tant que la réponse n’est pas là, il faut attendre le tirage. Et il n’y en a pas deux par semaine.
Et là, j’attends des nouvelles sur de la presse éventuelle pour les bouquins. Il y a deux semaines, c’était le lundi suivant qu’on ferait le point. Pas de nouvelle signifie que la personne qui s’en occupe galère et essuie des refus. Dans un cas, il y a des ventes et des signatures et des encouragements à persévérer dans le domaine. Dans l’autre…
J’ai inscrit Retour aux sources dans plusieurs festivals. Pour l’instant, on a rencontré le refus du Cinéma du Réel. On sait que l’avenir même du film dépend de sa participation ou non à des festivals. Il suffit qu’il soit pris dans un pour que d’autres le prennent. La vie du film peut démarrer. Elle aidera d’autres films à se tourner. S’il n’y a pas cet amorçage, il faudra se contenter de quelques projections ici et là. C’est pas pareil.
Comme acteur, j’ai passé en décembre un casting pour un film dont on est assuré qu’il aura une belle existence en salle puis en DVD. Si je suis pris, c’est un grand coup de starter qui est donné à ma carrière d’acteur. Le rôle est pour moi. Mais voilà, le réalisateur ne s’est toujours pas décidé. De cette réponse va dépendre la posture que je vais aborder face au métier. Mais pour faire le choix de cette posture, encore faut-il avoir la réponse, mauvaise ou bonne.
Comme chaque Français un peu responsable, j’attends aussi les élections de mai. Si c’est le même, on sait que nous serons peu nombreux à bénéficier de perspectives (tout le monde n’est pas grand patron). Si c’est l’autre, on peut nourrir quelque espoir d’une amélioration, d’une plus grande justice (même si on sait que…). Rien qu’un peu plus de justice et moins de mépris, ça change la donne.
Bref, je me retrouve dans la situation du joueur qui a misé sur toutes les tables. Sauf que ce n’est pas de l’argent qui est en jeu, mais des années d’acharnement, de travail et de passion.
Bon, d’accord, j’ai fait le choix, il y a plus de vingt ans, de quitter la fonction publique. La question du lendemain ne se posait pas de la même façon (quoi que, par les temps qui courent…).
Mes expériences sur citrons, tomates et autres générateurs de nombres aléatoires, m’ont appris que la pensée pouvait être agissante. Alors, je vous remercie à l’avance de nourrir les meilleures pensées et les plus beaux espoirs pour le résultat de mes attentes. Vous en serez récompensés en retour.
Allez, on y croit ! On va déjà vérifier en regardant le 20 heures de demain. Imaginez qu’il ne soit même pas candidat ! Non, là, je déconne. Il n’est jamais bon de trop rêver. Il est plus sage, sans doute, de nourrir de justes espoirs…

Merci Joël !