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Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal. Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Dimanche 22 novembre 2009
Un petit article pour préciser l’origine des plaisirs cinématographiques. Non, je n’ai pas le goût sûr. Ça n’existe pas. Chacun a ses critères d’appréciation des œuvres littéraires, cinématographiques, musicales, picturales…
Cette année, les deux films qui m’ont le plus touché sont La Nana (la bonne) de Sebastián Silva et Fish Tank d’Andréa Arnold. Les deux films réunissent des acteurs inconnus et sublimes, une mise en scène remarquable, pour des petites histoires humaines simples et complexes dans ce qu’elles révèlent des ambiguïtés de l’âme.
Très souvent, les films doivent leur succès à l’histoire qu’ils racontent. Il suffit qu’elle soit originale, extraordinaire ou ayant reçu le label « histoire vraie » pour que le spectateur adhère et passe au-dessus d’autres critères. Cela m’arrive aussi. Vient ensuite le jeu des acteurs. Souvent, je pardonne bien des choses aux films quand je me régale des interprétations. La qualité de l’image vient ensuite nous embarquer. Et puis, quand même, il y a la réalisation, la mise en scène. C’est là, un domaine d’appréciation subjectif. C’est quoi, une bonne mise en scène ? Je n’en sais rien mais j’ai besoin de sentir un mélange de parti pris et de finesse. Je n’aime pas quand le réalisateur pense que je ne vais pas comprendre et qu’il en rajoute une couche.
Pour moi, dans À l’Origine, il y a d’abord l’histoire, ensuite les acteurs (Cluzet, ça dépend). Rien à dire de ce côté. Mais en terme de mise en scène, je trouve vraiment que ça sent la fascination pour les gros engins de chantier, la naïveté (par exemple quand Cluzet monte la butte avec son drapeau TGM), l’absence de goût dans l’utilisation de la musique. La musique de Martinez (il s’appelle comme ça) vient surligner, a des velléités d’embarquement du spectateur avec de gros sabots et parfois, plus grave, vient donner le point de vue larmoyant du réalisateur sur la condition sociale du jeune personnage féminin. À plein d’endroits, elle est en trop et enlève aux scènes parfois jouées avec finesse et virtuosité. Voilà ce que je n’aime pas : le volontarisme, le travail en force. Bref, j’ai été agacé de voir la matière saccagée, une image et un cadre vilains ou qui se la racontent inutilement (par exemple le plan en plongée de la grue qui brûle). Ça manque de « cinéma ».Voilà comment mon plaisir potentiel a été malmené et pourquoi j’ai passé une mauvaise soirée. Mais après, le goût des autres…
Le Resnais fatigue par la vacuité de l’histoire qu’il raconte ou par ses acteurs vieillissants mais il demeure au moins un plaisir de cinéma. Et finalement, quand je vais au cinéma, ce n’est pas pour voir de la téloche.