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Lundi 4 juin 2012 1 04 /06 /Juin /2012 22:01

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Contis a été, comme toujours, un moment intense. Retour aux sources et sa projection de samedi soir et une participation au jury de la compétition de courts-métrages.

 

Jury, c’est une histoire de jury. De la rigolade, l’expression obligée sur les films que l’on voit. D’habitude, on donne son avis à sa compagne, aux enfants. Dès qu’il y a plus de trois amis, on commence à la jouer diplomatique. On évite souvent de dire le fond de sa pensée tant l’on devine que ce fond là n’est pas celui du voisin. L’addition des années nous apprend qu’il ne sert à rien de vouloir faire partager son propre regard à quiconque. Un film parle à chacun dans une sorte d’intimité reliée à son histoire individuelle. Quand on est jury, en revanche, pas question de faire semblant, d’arrondir les angles. Il y a toujours un moment où il faut livrer un avis et l’argumenter, sachant pourtant qu’il déplaira à tel ou tel. Jury, c’est un microcosme où les participants sont voués à se connaître, sans fard, en tombant le masque des politesses.

 

Nous formions une bande assez joyeuse et rigolarde, un brin désinvolte. Mais sérieuse et passionnée. La délibération n’a pas été très compliquée. Les palmarès, public, coup de cœur, du jury et des partenaires ont joué un rôle de complémentarité d’où pouvait jaillir un certain sentiment de justice. Même si, comme partout, d’excellents films sont repartis sans rien, avec parmi eux de petites perles très réussies. On ne va pas récompenser machin qui a déjà eu plein de prix ailleurs, ni truc qui a une longue carrière derrière lui, ni bidule qui a fait un truc bidonnant mais un brin potache. Bref, un palmarès, quoi.

 

Samedi, moi, je n’en menais pas large. Il y avait la projection de mon documentaire à 19h30. Je voyais la journée avancer, les projections se succéder devant une salle pleine et craignais de la voir se vider pour Retour aux sources, pour cause de saturation des spectateurs. Le trac rend de toute façon parano. Et puis, finalement, il y a eu beaucoup de monde, en dehors de Serge Barande et Samuel Marès qui avaient fait le voyage de Bordeaux. Un petit débat nourri et intelligent a continué à me rendre heureux. Et puis les retours des spectateurs ont été incroyablement bienveillants et chaleureux, toute la soirée et le lendemain. Le film plait vraiment au public. Au-delà de la politesse d’usage. Ce qu’on avait perçu à Paris s’est trouvé encore amplifié à Contis.

 

N’empêche que, comme Retour aux sources n’a pas de radicalité formelle, tout en ne ressemblant à rien qui rentre dans une case formatée, je n’ai pour l’instant été sélectionné dans aucun festival. C’est bien d’être un peu bancal et d’offrir une petite œuvre qui n’a aucun mal à se glisser dans le cœur des gens. Mais assurer une réussite, c’est aussi parvenir à séduire ceux qui livrent les films en pâture aux spectateurs. C’est une autre histoire. Toute ma reconnaissance à Betty et Rainer qui ont permis au petit miracle d’opérer samedi soir.

 

Le palmarès, ICI

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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