Jeudi 12 avril 2007 4 12 /04 /Avr /2007 08:52
Jeudi 12 avril 2007
Les comédiens font souvent le même cauchemar : devoir entrer en scène pour jouer une pièce dont on ne connaît pas le texte. L’angoisse. Hé bien je l’ai vécu hier avec PJ.

J’étais étonné de devoir tourner pour une scène de figu. Bien sûr, mon personnage de petite frappe ne s’était pas fait arrêter l’an dernier et je savais qu’il devait revenir. Mais là, il ne s’agissait toujours pas d’arrestation. Juste des flics en planque, des micros qu’on veut poser pour le coincer mais pas de face à face. On le voit de loin. J’avais dû lire le scénario assez rapidement la première fois. Dans le train Marseille/Paris, je l’ai relu pour bien vérifier qu’une séquence ne m’avait pas échappé, qu’une page n’est pas restée collée à sa voisine. Non, rien, si ce n’est cette séquence en début d’épisode.

Quand à 7h00, Marie est venue me chercher je lui ai demandé la feuille de service (emploi du temps de la journée). Et là, c’est le drame ! Il y a deux séquences inscrites pour mon personnage.

En même temps que l’adrénaline me noue le ventre et monte jusqu’à la tête, j’essaie de comprendre comment j’ai pû ne pas voir une séquence. Mauvaise version du scénario ? Mal lu ? Heu… excuse-moi, tu n’aurais pas le scénario, sur toi ? Non, pourquoi ? Pour rien, pour rien. Tu crois que tu as pris le chemin le plus rapide ? Magenta ? Non mais pardon, c’est toi qui sait.

Arrivé car loge, habillage et maquillage. Je trouve que ça n’en finit pas. Dans ma tête, je suis l’enfant qui n’a pas appris sa leçon à dix minutes de l’interro. Mais comment, j’ai pas vu cette séquence ? Qu’est-ce qu’on va penser de moi ? La honte. Surtout je ne dis rien. Si j’en parle au maquillage, tout le tournage sera au courant !

Après les trop longues minutes je sors du car loge et demande à Anne si elle a un « jour à jour » (l’ensemble des séquences du jour, avec les dialogues). Ça tombe bien, elle allait m’en donner un. Poufffff, la séquence de jeu est énorme. Deux pages et demie. Et mon personnage parle, le bougre ! Mais par quel mystère je ne l’ai pas vue dans le scénario ? Et là, j’ai enfin la réponse : elle n’est pas dans l’épisode que j’ai reçu. Je joue dans le 124 et le 126 et je n’ai reçu que le 124. Ouf. Me voilà au moins libéré de la culpabilité. C’est déjà énorme. On a oublié de me l'envoyer. On n'avait pas vu que j'étais aussi dans le 126. C'est pas grave! On va assurer.

Je préviens immédiatement et très largement que je n’ai jamais reçu l’épisode de la grosse séquence de jeu et que je dois donc apprendre le texte avant de tourner. Pas de souci. Désolés pour cet oubli. On est ennuyé pour moi.

En fait, je n’ai aucun mal à l’apprendre. C’est un bon exercice que pratiquent souvent les comédiens qui tournent sur de longues périodes. Personnellement, j’aime bien lire plusieurs fois le texte deux jours avant et l’apprendre la veille. Et c’est le minimum.

Finalement, tout se passe bien, dans la bonne humeur. La scène est même tenue et on prend plaisir à jouer.

C’est dingue comme l’angoisse déforme le réel. C’est quand même pas compliqué d’apprendre quelques répliques avant de jouer ! Ah, les acteurs et leur texte…


 Allez, ce matin, le plombier. Demain, un casting.
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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