Mercredi 14 février 2007
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Mercredi 14 février 2007
J’ai déjà parlé de ma difficulté à reconnaître les gens avec qui je tourne. Quand on se retrouve deux jours dans des équipes de soixante personnes, on croise plus qu’on ne rencontre. Des centaines de gens croisés sur des plateaux ! Alors, forcément, quand vous recroisez quelqu’un, soit vous ne le reconnaissez pas et il se dit quel connard, soit vous le reconnaissez vaguement et vous lui dites heu… je sais qu’on s’est croisé mais c’était où ? Bref, ça fait un brin je-me-la-pète mais il ne s’agit que des limites normales de la mémoire. Afin de pallier cette situation, je déploie de gros efforts de mémorisation. Sans grand succès, hélas !
Cet après-midi, par exemple, je croise une tête connue, à une centaine de mètres. Mais qui c’est ? je le connais… Il me semble qu’on a déconné ensemble. Bon, ça revient pas, il vaut mieux que je me cache. Entrons chez Habitat ! Tiens, elle est pas mal, cette table basse… Mais qui ça peut bien être ? Indigènes ? Non ! La fête chez mon agent ? Non ! Bordeaux ? Non ! Je l’ai vu dans un film ? Non ! Je ressors de ma cachette. Merde, il est sur le même trottoir, avec sa petite femme. Je reconnais son manteau. Il avait ce manteau quand je l’ai vu pour la dernière fois. Je m’en souviens. J’avais pensé qu’il ne lui allait pas très bien. En tout cas qu’il ne lui correspondait pas. Marchons vite !
Et comme la marche favorise l’oxygénation du cerveau, accélère le fonctionnement des neurones, je finis par retrouver la trace de ma rencontre avec le monsieur. C’était le 4 février vers 7h25, dans le métro, ligne 4. J’avais pris le temps d’observer ce jeune couple, m’amusant de la distance feinte de la jeune femme et du sur déploiement d’énergie du «mari», désireux de faire comme si tout allait bien alors que visiblement… Quand on est acteur, on n’est pas voyeur. On observe. C’est du travail! On se fait un film. Non mais! J’avais retrouvé le couple ensuite dans le même train pour Bordeaux. Mais là, je me suis mis à l’écart. Puis je les avais recroisés sur le quai d’arrivée. Et puis là, aujourd’hui, place de la République. Voilà ce que c’est de travailler sa mémoire !
Par Bernard Blancan
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Publié dans : blancan
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