Dimanche 11 février 2007
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Dimanche 11 février 2007 .
Le regard admiratif qu’on porte sur vous est chiant. Vous sentez bien que ce n’est pas vous qui êtes regardé mais une projection de vous. Chiant mais on s’y fait. Et puis c’est rare. Très rare, même. En revanche, il y a souvent une ou deux personnes que vous croisez de temps en temps, au fil des ans, que vous ne connaissez pas vraiment mais que vous identifiez comme portant sur vous un regard déplaisant. Vous sentez du cynisme, de la condescendance mais vous n’avez l’occasion d’échanger avec elles. Vous avez l’impression que ce regard projette aussi quelque chose mais que ce n’est plus un péplum. Plutôt un quelconque nanard dont vous seriez le héros débile. Le pire c’est quand cette personne, sans ce regard, vous serait a priori sympathique. J’en ai quelques-uns, comme ça, du côté de Bordeaux d’ailleurs.
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Voilà que ce soir, tandis que je dévalais les marches du métro, j’en croise un. Un jeune comédien ex-bordelais. Salut ! Au fait, félicitations ! J’étais à la remise des prix… heu… bravo pour ta nomination ! Ma nomination ? Oui, aux Lumière (le prix des Lumière est attribué par la presse étrangère et récompense des films, des réalisateurs, des acteurs…) ! Mais j’étais même pas au courant que j’étais nominé ! C’est pas vrai ? Mais si. Dans son regard : pauvre mec ! .
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J’ai eu envie de lui dire mais tu sais, j’ai eu un prix à Cannes ! Heureusement, je me suis retenu. Il aurait peut-être dit, à Cannes…, Cannes ? Et là, je me serais enfoncé. Forcément.
Tu fais toujours des films avec Caumon ? Heu, quand il en fait, oui. Allez, au revoir ! Heu et toi ? Ça va, ça va, je bosse bien. Bon. Au revoir !
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Objectivement, il n’a rien dit de mal. C’est juste son regard et… ce que j’y projette, vraisemblablement.
Bon, donc, j’aurais été nominé aux Lumière et je ne l’ai pas su. Heureusement que je n’ai pas fait le voyage lundi soir pour la cérémonie (à laquelle j’étais invité)!
Par Bernard Blancan
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Publié dans : blancan
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