Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /Fév /2007 14:33
Dimanche 4 février 2007
Un bon bouquin, un qu’on aime, il vous embarque aux premiers mots, il ne vous lâche plus. Vous pourriez le dévorer d’une traite mais, fin stratège, vous préférez le refermer. Prolonger le plaisir. Vous en êtes imprégné. Il vous nourrit. Il vous transforme. Il fait partie de vous. Vous êtes lui. En attendant l’instant où vous allez replonger dans votre lecture, vous y pensez encore, il vous obsède, il vous manque. Alors, n’y tenant plus, vous êtes prêt à inventer n’importe quoi pour vous libérer des gens, des obligations. Tout plaquer et retourner au plus vite vous y noyer !

Quand vient la fin (elle était pourtant prévisible, non, pas la fin elle-même mais le fait qu’elle arrive à la dernière page. Vous aviez bien vu qu’il avait une épaisseur ce livre, un nombre de pages défini, définitif…), vous êtes dans - la – mer - de ! !

Vous n’avez qu’une envie : lire encore, encore, encore. Mécanique que vous ne pouvez arrêter. Addiction. Manque. Dans votre bibliothèque, tout vous semble fade. Hop, un petit tour chez le libraire ! !

C’est là que vous réalisez l’ampleur du désastre. Cet étalage de livres, plus aguicheurs les uns que les autres, aux couvertures racoleuses, aux titres pompeux ou insipides, vous donne le tournis. Rien. Vous avez beau chercher, regarder, feuilleter, retourner, retirer, ils vous tombent tous des mains. Pas à la hauteur de celui que vous venez de terminer ! Voyons… le même auteur ? Non. Il ne peut que décevoir après un tel chef d’œuvre ! On nous la fait plus, celle-là. Ne jamais commencer un auteur par son chef d’œuvre ! Le même éditeur ? Il arrive qu’il y ait des lignes éditoriales. Mouais… !

A un moment, il en faut très peu pour que vous rachetiez le même. Il faut partir ! Redescendre. Oublier. Attendre. Puis ne plus attendre. Ne plus rien attendre. Lire la première étiquette qui passe, le premier blog, le premier journal, le premier… oui, roman. Vous savez bien qu’un jour, dans longtemps, alors que vous ne vous y attendiez pas, il s’en trouvera un qui vous transportera encore, avec la même force. Vous vous promettez que, celui-là, vous le dégusterez, le tiendrez jusqu’à l’infini. Mais oui, c’est ça ! Rêvons.
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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