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Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal. Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Samedi 2 décembre 2006
L’arrivée au Caire a quelque chose de violent. Une bonne heure de bouchon et de conduite anarchique pour débouler dans un hôtel de luxe en bord de Nil. L’emploi du temps est, lui aussi, chargé. Juste le temps de poser la valise et nous commençons par une petite cérémonie rendant hommage à des personnalités arabes du cinéma qui connaissent un rayonnement international. S’en suit un nouveau petit tour en voiture (bouchon et zigzag) pour une réception à l’Ambassade de France. Palmier, palais et petits fours. La sono édulcore l’ambiance avec Mike Brant et Joe Dassin ou encore Michel Fugain. Elle s’adapte à l’âge moyen des participants. Très peu de temps après, il faut repartir à l’hôtel pour un petit débat après projection et conférence de presse. On ne devine du Caire qu’une ville grouillante de vie, surpeuplée, belle et décatie, pauvre, traversée par l’impressionnant Nil.
Après les diverses obligations et avant le grand dîner d’ouverture, juste quelques minutes pour cramer une cigarette, posé sur le fauteuil de mon balcon du 24ème étage, surplombant le fleuve et la ville. Une brume de pollution auréole la carte postale avec, en fond sonore, les voix graves des prières des mosquées qui parviennent à s’extraire de la rumeur citadine, projetées par des haut-parleurs nasillards et saturés.
Le dîner a quelque chose de décalé, dans la grande salle de réception de l’hôtel. Le bâtiment moderne a reproduit le luxe et la désuétude des palaces de l’autre millénaire. Samy N. vient d’arriver et se joint à notre table. On me montre des stars égyptiennes dont certaines viennent poser avec nous pour le plaisir des quelques photographes. Une chanteuse dont le réel talent semble beaucoup reposer sur les rajouts volumineux aux lèvres, aux seins comme des ballons et au postérieur comme deux jolies pastèques jumelles, fait son numéro de play-back aguicheur de table en table. Pour l’occasion, on impose aux baffles un niveau bien supérieur aux limites du supportable. Nous sommes dans une zone de la culture du son saturé qui ferait tomber les oreilles de nos ingénieur du son. Je converse avec ma voisine du Centre Culturel Français tandis qu’une créature d’une insolente beauté, actrice argentine, s’est installée en face, à côté de notre producteur. Tout cela ressemble à tout et à rien mais on est bien, enveloppés de la douce ivresse du vin et du coton de la fatigue.
La nuit sera courte car, très tôt le matin, je dois aller faire une télé avec le producteur. Apparemment, les journalistes ne vouent pas un grand amour au festival qu’ils trouvent déconnecté de la population. Mais n’est-ce pas vrai de tous les festivals ? Il est vrai qu’ici, le contraste bondit au visage. Nous enchaînons avec de nouvelles interviews à l’hôtel. Ce n’est qu’à une heure que nous parvenons à nous extraire pour aller faire un tour en ville. Nous avons choisi de nous laisser guider par Alexandre du CCF et Arnaud, un photographe, dans un vieux quartier islamique de la ville. Je suis séduit par l’atmosphère, les odeurs, la douceur des gens, la beauté de l’architecture, la sérénité des mosquées. Le moment que nous passons à nous balader, boire des cafés turcs, acheter des babioles, est très apaisant.
De retour à l’hôtel, je trouve le temps de lâcher le titre d’hier sur Internet et de lire mes mails. Nous enchaînons avec un débat après projection au Centre Culturel Français. Plein de français ! J’ai même eu droit à l’intervention d’une ancienne élève du lycée de Bazas ! Dans ce débat, devant le sérieux du producteur, la gravité de Samy N et l’absence de Jamel, c’est moi qui endosse les habits de clown (il est vrai que ça ne me déplaît pas !). Le débat est animé et sympathique, comme l’avait été aussi celui de la veille.
Nous poursuivons la soirée par une petite réception chez l’attaché culturel Français. Rencontres papillon, morceaux de conversations sérieuses, cigarette au balcon, jeux de séduction, observations diverses. Pas de quoi s’ennuyer.
Et puis, bien plus tard, nous partons en goguette, dans les voitures officielles, la techno arabe à fond. On se croirait dans un film. Boîte de nuit. La première est vide. Nous nous y ennuyons vite et changeons pour une autre trop pleine. Encore un moment amusant et dansant (très sage néanmoins (pour ma part…)). La nuit de sommeil sera courte : lever à 5 heures pour l’avion du retour. Autant dire que je n’ai pas réussi à voir « Camping » en entier pendant le voyage.
En résumé, cette courte escapade fût très agréable. Je vais devoir extraire des cartes de visites de diverses nationalités de mes poches. Et pour l’Egypte, il faudra que je revienne. J’en ai très envie !