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Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal. Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Jeudi 19 octobre 2006
Alors, le petit passage à vide matinal des retours de tournage (ou tournées), c’est simplement que tu t’étais transformé en homme téléguidé, répondant aux ordres des uns, désirs des autres, plannings, horaires et que soudain, tu redeviens le maître de ton temps. Et comme en ton absence le courrier est arrivé, le frigo n’a fait preuve d’occupe bonne volonté pour se remplir lui-même, les mails se sont sagement entassés par ordre chronologique… Juste une histoire de décalage et de déconnexion du pilote automatique.
A Antony, hier soir, pas mal de personnes ont dû rentrer chez elles. C’était complet. Le succès continue ! Le débat après le film était différent de ceux des avant-premières. Beaucoup plus historique et politique. L’espoir que le film puisse changer les choses semble quelque peu émoussé. Quand la décision de Chirac est évoquée, il se trouve des gens pour la trouver insuffisante. On se plaint d’un racisme toujours présent, des limites d’un film qui sera oublié. Hier soir, c’est la salle qui avait un petit coup de blues.
Il est vrai que la réponse des politiques à Indigènes a été pour l’instant assez timide (en dehors du geste fort de Chirac). On n’a pas entendu la gauche. Sarkosi, lui, dans le Parisien d’hier a dit que le film n’était même pas un succès populaire (pour lui, les deux millions qui seront là en fin de semaine, c’est pas un succès). En attendant, ses réponses aux problèmes des banlieues ont la seule couleur bleue de la police. C’est vrai que ça commence à ressembler à une occasion ratée de réconciliation de redémarrage sur d’autres bases. Il est pourtant indéniable que le film est porteur de tous ces espoirs, qu’il rencontre son public, qu’il le touche, sauf les gens qui sont chargés d’agir sur la société (en dehors de Chirac pour qui je n’ai voté qu’une fois par la contrainte).
Je crois que le débat de ce soir chez Arlette Chabot, sur France 2 à 20h50, va être intéressant («Y a-t-il un effet Indigènes ? »). J’y serai et j’ai trois mots à dire.