Samedi 14 octobre 2006 6 14 /10 /Oct /2006 12:19

Mercredi 11 octobre 2006

On commençait à s’endormir sur ce blog !

Un peu de croustillant afin de compléter votre information sur le joli petit monde du cinéma. Vous vous souvenez, lundi, j’ai rencontré Christian Faure pour son long métrage « Les hauts murs », d’après le roman d’Auguste Lebreton. Rencontre très agréable. Vous vous souvenez aussi que j’ai passé deux heures en essayage costumes pour ce même rôle. Je devais donc jouer le surveillant chef. Un beau rôle important, avec 13 jours de tournage. Oui, je sais, en disant « je devais », je vends la mèche ! Hé bien oui, « je devais » et non plus « je dois »…

Que s’est-il donc passé ? Voila. En général, le réalisateur choisit ses comédiens. Enfin, ça se passe parfois comme ça. Souvent aussi, le producteur donne son avis et, voire même, l’impose au réalisateur. Parfois aussi, c’est une télé qui finance qui dicte sa loi. Il faut bien penser à l’exploitation commerciale du film ! Commerciale du film. Commerciale. Film. Commerce.

Ici, ce n’est pas le cas. Le réalisateur et le producteur étaient d’accord pour que j’endosse ce personnage. Mais qui, alors ? Le distributeur ! Si, si, le distributeur ! Celui qui va avoir en charge la sortie du film et son exploitation dans les salles. Le distributeur participe souvent au financement du film. Et bien, celui-ci, de distributeur, ça lui donne aussi le droit d’imposer une distribution. Distributeur, distribution, il doit penser que c’est dans ses attributions…

Autant la fonction commerciale de la distribution n’empêche pas certains d’entre eux à avoir un regard artistique, ou bien à faire tout simplement confiance au réalisateur et au producteur, il en est d’autres qui ont les neurones en forme de chiffres et qui se sentent les vrais maîtres des projets. C’est vraisemblablement le cas de celui-ci, que je ne nommerais pas pour ne pas lui nuire. Disons que son nom commence par Europa et finit par corp. Ça fait plus international.

En clair, le distributeur ne veut pas de moi dans le rôle. Le réalisateur et le producteur ont décidé de me donner quand même un rôle plus petit (beaucoup plus petit), le beau père du jeune héros et mari de Carole Bouquet. Oui, ce type d’argument, même s’il fait rêver certains à cause de la beauté de celle-ci ou encore de sa notoriété, ne me touche pas. La notoriété est une valeur qui me court sur le haricot depuis bien longtemps. Même si je dois en « profiter » un jour… Non, non, tout simplement, le personnage est sympa à jouer (même si c’est un vrai salaud).

A propos de notoriété, un jour, il y a longtemps, un réalisateur venu tourner un téléfilm à Bordeaux m’avait proposé de choisir entre deux rôles. Un petit rôle sympa de 3 jours et un gendarme à un jour avec Pierre Mondy. Je lui avais répondu que je préférais le petit rôle sympa à 3 jours. Je n’avais rien eu. Tout fonctionne comme si le fait de servir la soupe à une tronche connue valait mieux que jouer avec des inconnus. Quel monde que le nôtre, soumis plus que jamais au dictat de l’image et de la médiatisation. Oui, je sais, c’est là que je bosse. Et j’ai bien appris avec Indigènes qu’il fallait que j’en intègre les règles pour survivre artistiquement (dans cette phrase, on dirait que je suis en CM2, attablé à mon bureau d’écolier).

Pour en revenir à celui qui m’enlève le pain de la bouche, le distributeur, il ne sera jamais mon ami. Na ! Promis ! Jamais ! Même s’il me veut dans Taxi 12, le grand vert ou Angel B…

Vendredi 13 octobre 2006

Toujours en tournage du côté de Martigues. Temps de rêve. Hier, nous sommes passés par différentes phases à propos du film « Les hauts murs ». Après avoir pris la chose avec philosophie, dans un premier temps, le réveil du lendemain fut plus mitigé. Il y avait quand même de quoi se sentir un brin humilié, dans cette histoire. Quand même. Je m’imagine devant l’équipe au courant de l’histoire, à devoir jouer avec le poids de cette péripétie. Evident que je vais attiser l’attention à des endroits qui ne sont pas ceux d’un acteur qui vient directement jouer un rôle. Et puis l’idée de croiser celui qui m’a fait ce coup…

En cours de journée, j’annonce à mon attaché de presse préféré que je ne pourrai pas faire l’émission d’Arlette Chabot le 19 à 20h45 sur France 2, émission consacrée au phénomène Indigènes, puisque je tourne le 20 à Rochefort. Il me dit que ce n’est pas possible, qu’il compte sur moi, qu’il faut que je la fasse, que c’est important pour moi, aussi (cf. ce que je dis sur les médias par ailleurs et leur importance dans la valeur des acteurs). J’appelle mon agent et, après un échange de quelques phrases, on parvient à la conclusion que je ne ferai pas le film. Je n’avais aucune envie d’avoir en plus à négocier une arrivée le jour du tournage ou un déplacement de journée. Pour mon agent aussi, il était évident que je devais faire cette émission et qu’on pouvait bien manifester un peu d’orgueil.

L’affaire semblait être close quand, en fin d’après-midi je reçois un coup de fil du producteur. Comment dire… C’était un mélange de compliments, de supplication et derrière ça, une prise de pouvoir phénoménale de la part d’un Monsieur qui en a vu d’autres. Je me suis écrasé, comme une chiffe molle. J’ai dit d’accord et rappelé immédiatement mon agent.

« Pfff, j’étais sûre que tu te ferais avoir, s’il t’appelais ! Mais il n’y a rien à faire, ils se démerdent, mais tu feras l’émission ! ».

Ce matin, je me suis réveillé dans un cauchemar. J’étais en train de travailler à l’installation d’une sculpture dans la cour du Louvre (allez donc savoir pourquoi !) et cette structure était emportée dans les airs, avec moi dessus, par un hélicoptère auquel la sculpture était reliée par un filin. J’avais le sentiment que ça n’était pas un incident mais un enlèvement volontaire organisé par une sorte de mafia plus ou moins liée à l’Etat (jusqu’où la parano peut se cacher !). Je parvenais à sauter assez rapidement et à m’enfuir par la rue de Rivoli. Tout en courant parmi la foule, je cherchais d’éventuels poursuivants… et le réveil a sonné. Pas besoin d’être fin psychologue pour analyser ce rêve au regard des événements de la journée.

Au final, j’ai appris aujourd’hui que la solution qui avait été retenue est qu’un chauffeur m’attendrait à la sortie de l’émission et me conduira directement à Rochefort.

Bizarre et lourd, ce monde. Vous trouvez pas ? Ma liberté diminue, diminue, diminue...

 

Samedi 14 Octobre 2006

Journée off. J'en profite pour aller déjeuner avec des potes qui vivent à Marseille.

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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