Partager l'article ! Article Est Rébublicain du 3 septembre: Merci Guy de m'avoir transmis cet article! On les appelait spahis, tabors, zouaves... ...

Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal. Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Merci Guy de m'avoir transmis cet article!
On les appelait spahis, tabors, zouaves...
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Dans les cimetières militaires de Navenne (ici) et de Rougemont, de nombreuses tombes des soldats tués en septembre-novembre 44 sont frappées du croissant musulman. |
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VESOUL. Mourad Aboura a eu de la chance. Il faisait partie de ces « Indigènes » venus d'Afrique du Nord et d'autres régions coloniales qui ont participé jusqu'au bout à la libération de l'Europe du joug nazi. A Frotey-lès-Vesoul, où il avait été chaleureusement accueilli pendant une permission, fin septembre 44, il a même rencontré Jeannine Langrognet, la femme de sa vie. L'ancien petit épicier de Tlemcen devenu maçon puis entrepreneur dans le bâtiment y vit une retraite paisible.
Cette chance, des milliers d'autres soldats de la 1ère Armée française du général de Lattre ne l'ont pas eue. Ici, Tahar ben Belgacem (du 3e Bataillon de zouaves porté, BZP) et Fedil ben Ahmed (17e Tabors) sont tombés en octobre 44. Et Mohamed ben Ahmed ben Abbès et Ahmed ben Allal (tous deux du 5e Régiment de tirailleurs marocains, RTM) sont morts au moment de la libération de Belfort-Montbéliard, fin novembre 44.
Aujourd'hui, quelque veuve, fils ou neveu doit se souvenir que ces engagés pour la durée de la guerre sont « morts pour la France ». Traduisez : morts pour la liberté. Algériens, Tunisiens ou Marocains, ils étaient de nationalité française. De nos jours, combien de Français savent que ces troupes coloniales -comme on disait alors- ont donné leur vie pour que l'Europe, qui les avait colonisés, soit libérée du nazisme ?
Merci les indigènes !
Quand on pose la question « Qui a libéré la Franche-Comté ? », la réponse est souvent « les Américains », oubliant que les troupes US débarquées en août 44 en Provence étaient entourées, sur leur droite et leur gauche, par deux corps d'armée français. C'est ce qui a formé, à partir de la mi-septembre, l'armée de Lattre qui a, presque sans aide américaine, libéré la région Belfort-Montbéliard, fin novembre.
Oui, pendant qu'une bonne partie des métropolitains, attentistes, s'accommodaient du régime d'occupation, des petits gars venus d'ailleurs avaient relevé le défi de la « France libre ».
Les noms des généraux sont bien pratiques pour suivre les libérateurs de Dijon-Autun comme de l'axe Mouthe-Pontarlier. Faciles à mémoriser aussi les sigles que forment les 1e et 5e DB, divisions blindées organisées en groupes de combat à l'américaine (ayant combattu du côté d'Héricourt, de Montbéliard et de Belfort) mais ils sont trompeurs. Le citoyen de 2006 n'a pas le droit d'oublier que, devant ces chars américains, la chair à canon, c'était les coloniaux !
Mourad Aboura, qui n'avait pas 19 ans lorsqu'il s'engagea avec son frère Abdelramane, servait dans les voitures du « train » pour le ravitaillement de la 1e DB en hommes et en matériels : « Les bombes pouvaient aussi nous tomber dessus. » La guerre, il l'avait même commencée à dos de mulet en Tunisie puis en Italie, du côté du Monte Cassino, au sein de la 21e Division de marche d'Algérie.
« Une vraie camaraderie »
Anciens eux aussi de cette 1e DB, Michel Larcher (du 9e Régiment de chasseurs d'Afrique, RCA) et Suzanne Olivier-Fusier se souviennent avec chaleur de ces unités de libérateurs. « Ce fut une vraie camaraderie comme je n'en ai jamais vue depuis », rapporte celle qui, à 18 ans, devint ambulancière près du « Corps franc Pommiès ».
Qui a libéré l'axe Morez-Pont-de-Roide ? La 3e Division d'infanterie algérienne (DIA), poursuivant depuis la route Napoléon une folle équipée. Qui l'a relevée, à partir de septembre, le long de la frontière suisse ? La 9e Division d'infanterie coloniale. Dans cette 9e DIC, le 9e Zouaves et les tirailleurs sénégalais du 6e RTS, devenu 6e RIC, du général Salan (le futur fondateur de l'OAS).
On comprend qu'il ait fallu rebaptiser ou remplacer ces régiments venus d'Afrique, en « amalgamant » les résistants volontaires. A partir de novembre 44, l'hiver fut en effet terrible pour ces enfants nés sous des cieux quasi tropicaux.
Du côté de Ronchamp-Champagney et des Vosges, on a salué la vaillance de la 1ère Division des Français libres. Or cette DFL ne comptait qu'une minorité de métropolitains : on y parlait vingt langues différentes ! Autant d'« Indigènes », en fait.