Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /Juil /2006 14:46

Mercredi 26 juillet 2006

On essaie de se maîtriser, de ne pas laisser parler les émotions mais… tenez, prenez Zidane par exemple!

Pour ma part, ça ne se termine jamais par un coup de boule mais par une voix qui se met à chevroter, des mots qui s’emballent se bousculent et perdent le sens, le sang qui me quitte et me fait pâlir, un fourmillement dans le creux du ventre (je ne parle là que de colère mais ça vaut pour bien d’autres émotions). Et quand je ne maîtrise plus rien (ce qui arrive heureusement de façon rarissime), je gueule et peux même casser un objet sans valeur.

Ça se passe en général avec de quelques rares personnes, dans des situations où je me sens victime d’une injustice ou méprisé. Ce fût par exemple le cas à certains moments sur Cache-cache, avec la production (sans la dernière phase sonore). Récemment avec les services de Multidiscount qui ne m’ont jamais livré un appareil photo et qui ne m’ont toujours pas remboursé depuis plus de trois mois.

La dernière personne en date qui m’a mis dans cet état de fébrilité enfantine est le Monsieur du syndic (il est des professions qui génèrent facilement ce type de situation). Je n’entrerai pas dans le détail mais, en trois mois, il n’a pas été foutu de répondre à deux requêtes simples et normales, me montrant systématiquement qu’il n’avait pas grand-chose à faire de mes démarches.

Après avoir envoyé hier un mail incendiaire, je suis allé ce matin au syndic. Le Monsieur était dans la cour en train de boire un café et fumer une cigarette avec ses collègues. Quand la standardiste lui a annoncé ma présence, il a jeté un regard vers moi, s’est retourné vers ses collègues en faisant un commentaire et n’a pas bougé. Je me suis donc installé dans la salle d’attente, avec ce petit chamboulement au ventre, envahi par ces sentiments d’injustice et de colère alimentés comme d’habitude par son attitude provocatrice.

Pour tuer le temps du poirotage, au lieu de laisser monter stress et colère qui nuisent à la santé, j’ai décidé de me livrer à un petit exercice de maîtrise de soi. Expérimentation du dépassement des situations autodestructrices. Quête de la sagesse. Et je me suis abandonné à une sorte de respiration orientale, par le ventre (vieux souvenirs d’ateliers théâtres de banlieue bordelaise). Expiration poussée à l’extrême et bloquée un instant (dans ces moments de trouble, on a tendance à sur inspirer et à se maintenir, poitrine gonflée, souffle court, tel un jeune coq).

En quelques minutes, le tour était joué. Et lorsque le Monsieur a daigné me rejoindre dans la salle d’attente, je l’ai accueilli avec un large sourire et une poignée de main franche. Ça a dû le surprendre. Il m’a écouté. J’étais calme et précis. Pas de mots en trop. Il m’a demandé de l’attendre. Il est allé à son bureau passer deux coups de fil. A son retour, il m’a dit qu’il avait pris connaissance de mon mail de la veille et des points dont je me plaignais. Il a pris mon numéro de téléphone. Je suis rentré chez moi léger. Une heure après il me rappelait en ayant résolu tous les points sur lesquels je venais me plaindre comme les autres fois.

Bon, à part ça, le déménagement des cartons est fait (une partie dans une cave, le reste dans mon studio provisoire en attendant mon aménagement officiel en septembre/octobre dans un autre quartier). C’était comme une séance de sport. J’ai dû perdre un bon kilo d’eau, de graisse et de soucis…

Pour Louis La Brocante, c'est validé.

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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