Mercredi 8 juillet 2009
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Mercredi 8 juillet 2009
Les retours du CNC par rapport à mon documentaire :
Trois lecteurs. Deux n’ont trouvé aucun intérêt à mon projet, ne comprenaient pas pourquoi on passait des sources au magnétisme, par exemple (ce qui est évident pourtant quand on a bien lu). Pour
la troisième personne, c’était son projet préféré. Le résultat, c’est que je ne suis pas rejeté définitivement mais qu’on m’autorise à représenter « retour aux sources » après une phase
de réécriture.
Ben oui, avec un sujet comme ça, au départ, difficile de plaire à tout le monde. On retrouve forcément les mêmes réserves cartésiennes. Mais, en même temps, comme mon approche la prend en compte,
on aurait pu penser que… Mais bon, c’est pas ce que l’on me « reproche » directement.
Un des points qui achoppe, c’est la place de la palme cannoise. On me trouve trop narcissique d’en parler. En toute objectivité, sa place n’est pas vraiment trouvée et je comptais retravailler
cette partie avant de retourner en plénière mais cette remarque me renvois au regard des autres sur la place de la palme.
Une palme, c’est auréolé de paillettes, de strass, d’inaccessibilité, d’irréel. Et moi, je passe mon temps à la désacraliser (tout en casant, de temps à autres, que, quand même, j’en ai une). Pour
que ce soit une palme acceptable, il aurait fallu que les réalisateurs français voient le film et me propulsent dans la sphère des banquables, que je m’octroie illico les services d’un attaché de
presse perso, que j’aille aux fêtes people en arrivant très en retard et en repartant très vite, que je joue le jeu du mec faussement rare mais omniprésent. Bref, que je gère l’image de façon
conformiste.
Au lieu de ça, j’ai été heureux comme un enfant de la recevoir, fier comme Artaban, mais ma lucidité sur ma place dans le cinéma français m’a fait prendre le parti de ne rien changer, de continuer
comme avant, de ramener l’événement à sa place juste : une parenthèse enchantée.
Je veux dire que je pense qu’au fond elle est un cadeau que j’apprécie à sa juste valeur mais que je sais aussi qu’en France, elle n’est qu’un incident, l’image de quatre bonhommes (Nacéri n’était
pas là) qui chantent « c’est nous les Africains » sur la scène du Palais des festivals. Une image d’actu que l’on ressort de temps en temps.
À un moment, dans mon dossier, je n’en parlais même pas. Et puis, je me rendais compte que mon histoire de sourcier me mettait dans la position d’un pauvre comédien inconnu qui se réfugie dans
d’ésotériques nuages pour fuir la dureté de la réalité difficile de sa position sociale. Il y avait quelque chose de faux. J’ai donc décidé d’en parler, comme une donnée intéressante dans mon
parcours, y compris de sourcier. Certes, demeure dans le projet un problème de dosage (hyper difficile à maîtriser) qui me renvoie à la position générale de cette palme particulière.
Dans les faits, quand l’autre jour à Bordeaux, lors d’une avant-première de No Pasaran, Cyril Lecomte a lancé au public que j’avais eu cette palme, je ne savais plus ou me mettre, trouvant son
intervention complètement déplacée.
Aujourd’hui, comme vous le voyez sur la photo (je la mettrai quand mon ADSL sera réparé), elle est noyée sur une étagère de ma bibliothèque, plaquée derrière un colt en plastique, cadeau des
enfants de Jacques Séchaud pour Suerte. Il faut savoir qu’elle est là !
Donc, cette réflexion sur le narcissisme soupçonné de ma palme dans le dossier n’a pas été vain puisqu’il me permet d’écrire cet article et de réfléchir à ma future stratégie la concernant, tant
pour le dossier que dans ma vie.
Elle me permet également d’interroger le regard des autres : en quoi fascine-t-elle certains et dérange-t-elle d’autres…
Par Bernard Blancan
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Publié dans : blancan
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