Dimanche 18 juin 2006 7 18 /06 /Juin /2006 11:04

Samedi 17 juin 2006

Hier soir, il y eut une fête à Montreuil. Parti dans les derniers. Pris le train pour Bordeaux. Départ à la première heure. Peu dormi. Trop peu. Demain, il y aura une fête à Bordeaux. Aujourd’hui, repos.

Premier changement depuis Cannes : je me sens à ma place (il était temps !). Heu… je ne parle pas de mon entrée au panthéon des palmés. C’est plus général.

Me sentir à ma place ne veut pas dire que je me prends pour un acteur exceptionnel. Non, non, simplement que je suis acteur. Un acteur qui n’a plus à devoir le prouver socialement, ou passer pour un mythomane (chez le banquier par exemple mais également en des tas de circonstances : famille, voisins…).

Jusqu’alors, dans le regard des autres, de ceux qui ne me connaissaient pas, il y avait souvent un brin de curiosité, une touche de compassion, une pincée de « c’est cela, oui… » et une bonne poignée de « dans quel film connu vous avez tourné ? ». Comment voulez-vous rester serein si vous n’êtes pas un sage ?!

Pour certains, j’étais un figurant qui aimerait devenir acteur, pour d’autres un de ces nombreux artistes qui auraient aimé « percer ». Bref, systématiquement situé à la marge ou ailleurs. Et souvent imaginé dans une vaine quête de reconnaissance. Dans le pire des cas, je me lançais dans des explications, «  je ne fais pas ça pour être connu », voyant bien que les effets de celles-ci étaient rarement positifs. J’espérais qu’on admette qu’on puisse être acteur sans passer forcément chez Ardison ni faire la une de Paris Match…

Désormais, c’est clair : j’ai le diplôme ! Débancalisé, le Blancan ! C’est pas rien…

Après, l’histoire de ce prix, ça reste tout bonnement incroyable. Il y a bien sûr quelques jaloux dans le métier, quelques fâcheux qui rechignent à lâcher la moindre félicitation. C’est normal. Amusant, même. Mais à chaque fois qu’on me témoigne un bonheur partagé, ça m’en donne encore. Et puis, rassurez-vous, après la sortie du film, l’heure sera à la poursuite du travail, loin de ces considérations. Ne serais-je pas un goujat, si je boudais ces honneurs, ce bonheur éphémère ?

Quant à ceux qui, en lisant ces lignes, pensent « ça y est, il prend le melon ! », relisez vingt fois la fin du deuxième paragraphe et le début du troisième !

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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