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Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal. Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Lundi 12 juin 2006
L’autre jour, de retour de Cannes, tandis que je précisais mes recherches d’appart, un agent immobilier chez qui je me trouvais me dit : « J’ai un copain marocain qui est dans le cinéma, il faudrait que vous le rencontriez ! » Heu, oui… « Je l’appelle de suite ! » Et il l’a fait. « Mohammed, je vais te passer un palmé ! » Et me voilà en communication avec Mohammed que je ne connais pas et qui a juste vu les images de Cannes. Je lui laisse mon téléphone, un peu embarrassé par la situation, avec la vague impression qu’on me force quelque peu la main. Mais bon, restons ouverts ! « Vous allez voir, il est super ! Il est aussi champion du monde de king boxing! ». Pour l’instant, il a zéro financement…
La semaine dernière, coup de fil du fameux monsieur qui est dans le cinéma. On se donne rendez-vous au Folies.
On a beau s’en défendre mais on est plein d’a priori. D’ailleurs, vous-mêmes, en lisant ces mots, je vous ai vus sourire ! Ce que vous avez pensé, que vous soyez black, blanc ou beur, je l’ai pensé. C’est ça qui fait chier ! Tout simplement parce que ça ne se passe pas « normalement ».
Arrivé au Folies, rencontre avec Mohammed. C’est un petit bonhomme tout mince, un petit peu le gabarit de Rachid Bouchareb. Le courant de sympathie réciproque est immédiat. Il me parle en quelques mots du scénario. Il s’agit de tolérance. Il me propose le rôle d’un juif, demi-frère des héros. On parle de Sami, Roschdy, Jalil Lespert (avec qui j’ai tourné aussi), de producteurs qui ont le scénario. Tout ça me semble sérieux. Ma seule crainte : le bon sentiment.
Et là, je viens de finir de lire le scénario. Je comptais le lire en prenant les notes les plus honnêtes qui permettent au réalisateur d’avancer. En fait, je n’ai que deux ou trois notes sur des éléments anecdotiques. Les personnages sont bien dessinés et très attachants (y compris les seconds rôles), l’intrigue tient parfaitement la route et ce que ça raconte, ce message tout simple que nous sommes frères, me semble traité avec beaucoup de finesse et serait pour moi une suite logique d’Indigènes. Je suis emballé.
Mon personnage apprends que son père n’est pas son père… ça me rappelle quelque chose.