Mercredi 10 mai 2006
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Mercredi 10 mai 2006
Tiens, le 10 mai… 1981, 2 CV, toit ouvert et drapeau rouge, soir de fête.
Jour d’été, le téléfilm de Franck Guérin dans lequel j’ai tourné l’été dernier était projeté hier soir chez Arte. La trame narrative du film s’appuie, comme souvent à la télé, sur un fait-divers. Ici, celui d’un gamin tué par des cages de foot, accident qui avait vu pour la première fois les médias rechercher les responsabilités du côté des élus.
Avec un cahier des charges comme celui-ci, les scénaristes ont souvent du mal à éviter situations et dialogues explicatifs et démonstratifs. Dans Jour d’Eté, il n’en ai rien. L’approche est beaucoup plus psychologique que sociale. On suit les personnages dans leurs zones d’ombre. Il n’y a pas de gentils et de méchants. Pas d’archétypes.
L’image est remarquable. La bande son, d’une finesse et d’une modernité rares, même au cinéma. La musique est un acteur essentiel qui n’agit ni en sur lignage, ni en vieille pute racoleuse venant arracher les larmes. Le montage est osé et sensible, presque musical.
Les jeunes acteurs sont formidables de vérité et de simplicité. Jean-François Stévenin, en Maire, est plus que touchant. Que dire de Catherine Mouchet qui, à chaque plan, est éblouissante en mère de la victime ? Je ne connais pas d’actrice avec un jeu comme le sien, subtil et singulier. Les moindres seconds rôles sont complexes et attachants. Pour ma part, je n’y joue qu’un petit rôle de conseiller municipal et j’en suis fier.
Bref, en novembre, vous verrez tout ça sur Arte. En attendant, le réalisateur est trimballé aux quatre coins du monde, accompagnant son bébé sélectionné dans de nombreux festivals internationaux.