Rémunération de l'auteur

Mercredi 31 décembre 2008
Mercredi 31 décembre 2008
J’avais acheté un banjo pour faire la musique du documentaire de Mathilde. À peine chez moi, j’avais sauté sur Garageband et improvisé un morceau enregistré, piste après piste, sans me soucier de tout connecter à l’ordinateur, en utilisant le micro intégré. Ceux qui font un peu de musique me voient venir : le son était assez pourri en on entendait le métronome. Sauf que… le morceau était super. Sans doute le meilleur de la série. Et Mathilde décidait qu’il allait clore le film et continuer sur le générique.

Quand on fait un essai, qu’on travaille à l’arrache, sans se soucier de rien, en improvisant, c’est là qu’on est le meilleur. C’est en tout cas mon cas. Je me souviens de ces essais avec Claude Miller. On fait une prise et il me dit «c’est parfait, rien à dire. On va refaire la même que je vais filmer dans un autre axe. Exactement la même!». Et là, j’ai paniqué. Comment refaire exactement la même alors que j’avais le sentiment de ne pas jouer mais de faire, d’être, sur l’instant, dans la première. Il me fallait désormais m’appliquer à retrouver chaque geste, le rythme, la justesse des réactions, en m’éloignant du jeu instinctif que j’avais utilisé.

Eh bien, là, c’est pareil. Il fallait que je refasse la musique. Avec les mêmes émotions transmises, la même couleur. Quand la première m’a pris une à deux heures, j’ai passé toute ma journée d’hier à l’ouvrage. Et j’en ai encore au moins pour deux jours. Avec la certitude que, de toute façon, je ne retrouverai jamais le charme du premier enregistrement. Redoutable, non ?

Allez, laissons quelques heures à 2008 et rêvons la suivante !
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
publier sur le web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus