21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 18:09
Vendredi 21 avril 2006
Tout a commencé par une journée PJ. Deuxième jour de tournage petit rôle. Ce qui veut dire convoqué à 8 heures pour un tournage en fin d’après-midi. J’avais une série de photos à faire dans le costume et un entraînement avec cascadeur pour ma scène de combat. Evidemment, photos et entraînement ont pris en tout et pour tout une heure. Autant dire que longue fût l’attente.

La séquence s’est très bien déroulée (c’est la moindre de choses). Ma seule inquiétude résidait dans l’heure à laquelle on allait terminer car j’avais mon invitation au Ministère à 20h30. Hé bien, en quittant le car costumes à 19h40, j’ai réussi à repasser chez moi, me doucher (les mains et le visage), me changer de pied en cap et arriver à l’heure rue de Valois.

Je m’étais vêtu d’un costard noir, chemise noire sur chaussures de sport (histoire de casser un brin). Inutile de dire que je faisais partie des quelques rares qui avaient fait un effort visible, la plupart ayant opté pour le quotidien soigné. Que voulez-vous, c’est pas parce qu’on vit à Paris depuis six ans qu’on n’en est pas moins provincial !

Dans mes rêves les plus décalés, je m’étais pris à imaginer que j’allais donner au Ministre un témoignage personnel destiné à lui faire comprendre la réalité de la situation des intermittents et les défauts des changement opérés en 2003 (Plus t’es dans la merde, plus on t’aide à couler et plus t’es pété de thunes, plus on t’en rajoute). Par bonheur, mon surmoi a eu tôt fait de me raisonner et j’ai su rester à ma place, buvant les propos du Ministre et goûtant au plaisir d’être au Ministère, accueilli avec les honneurs et dans la bonne humeur.

Un photographe se trimballait de table en table, mitraillant sans retenue. Il s’est peu intéressé à moi et, les quelques fois où il a braqué son objectif dans ma direction, j’étais dans de telles postures (main pliée devant la bouche, tout tordu sur mon siège…) qu’il a renoncé à chaque fois.

Voilà. Donc, je vais à Cannes avec Indigènes. Contrairement à il y a deux ans (voir journal), je vais monter les marches en y étant invité. La pression sera atténuée par le fait que le film concourant sous les couleurs de l’Algérie, la presse en parle moins que de la sélection française. Par ailleurs, même si mon rôle est, en présence, aussi important que celui de mes amis stars, je serai exclu de la promo. Qui connaît Bernard Blancan ? Chacun à sa juste place ! Et je dis cela sans ironie, pour une fois. Désolé pour ceux qui s’attendaient à me voir occuper les plateaux télé.

Comme le disait Serge dans son commentaire d’hier, ce métier est fait de quelques humiliations mais aussi d’immenses bonheurs. Profitons de ces passages-là !

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Published by Bernard Blancan - dans blancan
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