Dimanche 16 avril 2006
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Dimanche 16 avril 2006
Reçu d’autres témoignages de l’incident de tournage dont je parlais hier. Ce qu’il en ressort, c’est le manque de respect des assistants mise en scène. Hé bé oui… Il est vrai que, sur un plateau, dans un cadre, par rapport à une lumière définie, à des mesures de distance, comédiens ou figurants sont, entre autre, des objets encombrants dont on aimerait que la vie réponde strictement aux exigences du plan, Après, pour les besoins de la cohérence de l’histoire qui est racontée, on peut y ajouter une dose d’expression. C’est un fait. Une réalité. Sauf qu’en effet, ces objets encombrants sont des humains. Donc ils pensent, ils se vexent, ils exigent, ils ont une vie propre.
Il m’est arrivé aussi d’avoir un sentiment très fort d’humiliation quand tel assistant m’a tiré sans ménagement pour me mettre à la bonne place dans le plan, sans m’adresser la parole (il n’y a pas si longtemps). Mais dans ce cas, j’ai réglé immédiatement le problème avec lui (en dehors du plateau). Il m’est aussi arrivé de dire à un réalisateur qu’il ferait bien de faire du dessin animé tant il voulait que ma vie de personnage se calque à l’image mentale qu’il avait de son plan.
Pour ma part, ces dernières années, j’ai alterné des passages très brefs dans des films (une ou deux journées de tournage) et des rôles plus importants. Il est indéniable qu’il y a trop souvent une différence de traitement selon l’importance du rôle. Et encore, je n’ai jamais fait de figuration ! Mais ce que j’ai constaté, c’est que les équipes qui ne pratiquent pas (ou peu) ce distinguo (il y en a beaucoup, heureusement), l’humanité, le respect qui règnent sur le plateau se retrouvent dans la pellicule. Mais n’oublions pas que plus un acteur est connu, plus il représente une valeur financière qui aide à monter la production d’un film. Il devient un produit commercial. Et ce n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux dans la justesse des relations humaines. Mais néanmoins, leur statut les fait grimper de façon insensée dans la hiérarchie du plateau. On ne parle plus de respect mais de déférence. S’ils ne sont pas là, le film ne se fait pas.
Un tournage est une microsociété très hiérarchisée socialement. Il arrive que les figurants mangent à un autre endroit que le reste de l’équipe. Les tables se forment souvent par corps de métiers, machinos et électros, maquillage, coiffure et habillage,, mise en scène et acteurs, image et son. Ce n’est pas une règle mais souvent un fait. Quand on y déroge, l’air de rien, c’est remarqué.
Et dans les moments d’attente qui sont le lot de tout tournage, les figurants sont dans des espèces de vastes salles d’attente, les comédiens à petits rôles, dans une loge plus petite et les rôles principaux ont une loge individuelle. Machinos et électros se réfugient à l'arrière de leurs camions. Sur Indigènes, j’avais ma loge. Mais j’en profitais peu car, une fois ma musique installée, mon petit journal, j’avais l’impression de ne plus être sur le tournage et de me déconcentrer. Je préfère profiter de l’attente pour aller papoter, observer ou simplement cramer mes clopes en tournant en rond.
Mais je dois commencer à me la péter. Sur Louis Page, Le prêtre et me femme ont une loge chacun. Je me suis cantonné aux espaces communs sans aller m'avachir sur les fauteuils de la salle figu. Mouais... pas très net, tout ça!
Juste pour dire Que sur Indigenes justement je trouve que la figuration était plutot bien "traitée" malgré des heures d'attente sous le soleil brulant de Beaucaire , l'equipe coiffure , maguillage etc etait aux petits soins , s'occupait de nous individuellement (enfin dans certains cas ) ...
J'avais peur justement qu'on nous traite comme du bétail et j'ai été agréable surprise
en ce qui concerne la hierarchisation de cette microsociété , tout a fait daccord ....
A bientot,
Laurie