Lundi 27 mars 2006 1 27 /03 /Mars /2006 22:46
Lundi 27 mars 2006
Tournage de deux séquences de PJ. Pas facile. Plus difficile e, tout cas que la première fois. Pour jouer des petits rôles dans PJ, il faut être à la fois virtuose et détendu. Je ne suis pas certain d’y être parvenu.

Bon, alors, Indigènes ? Eh bien, autant dire que pour moi comme pour d’autres il y aura un avant et un après Indigènes… Plus concrètement, c’est un beau film. Je dis ces banalités en préambule parce qu’évidemment Indigènes joue sur plein de niveaux différents.

Il y a d’abord le film comme parole attendue dans une société en crise. La matérialisation d’une mémoire occultée. Devoir historique. Mais le film peut jouer un rôle dans l’Histoire au présent. Je rappelle pour ceux qui n’ont pas suivi qu’Indigènes raconte l’épopée d’une section de l’armée française pendant la deuxième guerre mondiale. Avec néanmoins la particularité qu’elle s’est formée en Algérie et vient, après une bataille en Italie, concourir à la libération de la France en débarquant à Marseille puis en remontant jusqu’en Alsace.

Ce film aurait toutes les bonnes raisons d’attiser les polémiques ou encore de nourrir de futures vengeances. Un peu comme semble le faire le « Caïman » de Nani Moretti dans la campagne législative italienne. Pourtant, et c’est là toute la force d’Indigènes, il n’en est rien. Le regard de Rachid Bouchareb se pose simplement sur des hommes qui quittent le bled pour devenir des soldats français. Chacun part avec ses propres motivations et va trouver sa place en donnant son destin à la violence de la guerre, à la bêtise de celle-ci, au sein de l’armée coloniale française.

En imprimant sur sa pellicule les images d’arabes combattant pour le drapeau français, Rachid Bouchareb vient poser les photos manquantes à l’album du siècle passé, dans lequel trônaient les ouvriers, videurs d’ordures, population de cités.

Il ne fait pas pour autant de ses personnages des héros. Simplement des hommes, mon Capitaine ! Avec la trouille au ventre, l’envie de s’enrichir, la soif de pouvoir, le cœur prompt à s’emballer pour les doux yeux d’une belle, la rage contre toutes les injustices. C’est dans cette autre dimension que le film est fort aussi. Il ne va pas où on l’attend. Il fait le choix des laisser les canons assourdissants à la bataille d’Italie (super réussie) pour se mettre à hauteur de voix. Bravo Rachid !

Les acteurs ? Vous allez redécouvrir Jamel et Nacéri ! Roschdy Zem va encore faire craquer les filles. Bouajila, c’est la toile entière qu’il explose ! Quant à mon Mazrtinez, je vous laisse juge… hi hi hi. Sortie en septembre !
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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