Jeudi 10 juillet 2008
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Jeudi 10 juillet 2008
Comme hébergement, il y a pire. Mieux, c’est rare. Un appart qui donne direct sur la baie d’Anse Vata.
L’objectif du premier jour : ne pas dormir avant l’heure, sinon on ne prend pas le bon rythme. Neuf heures de décalage, ça n’est pas rien.
Comme je suis un vieux loup solitaire, j’ai choisi d’arpenter pédibus, en solo, le territoire, avec pour objectif de trouver un restau pour le midi et un super marché pour remplir le frigo. J’ai dû
faire pas mal de kilomètres car Nouméa est une ville très étendue. Et ce n’est pas parce qu’on retrouve la mer qu’on est du bon côté. Car, oui, je me suis perdu. Un peu.
En tout cas, c’est le meilleur moyen de comprendre comment c’est foutu, une ville.
D’un point de vue météorologique, j’ai eu droit à la douceur moite de l’hiver Calédonien. Ciel brumeux. Entre 20 et 25°. Nous résidons dans un secteur riche et blanc. J’ai croisé pas mal de villes
coloniales. Nouméa, c’est pas pareil. Ici, pas de décrépitude, de charme désuet. C’est architecturalement vivant. Ça construit de partout. C’est propre et riche.
Comme j’ai roulé ma bosse dans tous les coins d’Afrique, au Brésil, au Mexique, sur l’Île de Pâques, terre rouge, herbe grasse, palétuviers, végétation tropicale ne suffisent pas à me dépayser.
En plus, on parle français. On est en France. À la nuance près qu’on n’est pas dans un département mais dans un territoire d’outre-mer.
Et puis la Nouvelle-Calédonie, c’était mon rêve d’adolescent. J’avais signé pour 18 mois à l’armée, juste pour venir sur le caillou avec l’intention d’y rester. Et puis j’ai compris que j’étais
antimilitariste, anticolonialiste, antitout, ce qui m’a valu une mutation disciplinaire à Djibouti (mon stage pour Indigènes). Mais quand je vois le décor, je me dis que si ça se trouve, si j’avais
réussi, j’aurais bien été foutu d’y rester sur ce caillou. Il y a de quoi faire rêver… mais bon, mon esprit rebelle aurait vraisemblablement mal vécu le rapport Kanak/caldoche. J’aurais fini par
militer au FLNKS en me demandant ce que je foutais là. Comme toujours. Comme partout.
Bon, pour ce qui est de ma première impression, c’est beau, mais ça manque de terrasses où boire un café. Comme si les blancs finissaient par être gênés de s’afficher.
Pour ce qui est du tournage, je ne commence que le 14 juillet. J’ai le temps de me remettre !
Par Bernard Blancan
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Publié dans : blancan
8
A+
pourquoi tu l'avais pas pour Marat ? chuis sûr qu'il aurait été plus cool comme mec, ac des bacantes .
bon tournage, bon voyage dans un autre siècle.
tu vas essayer le ukulele ?
J2L
Hormis le café en terrasse, le fait que tu voyages sans boussole (mais avec montre cause décalage), qu'il fait gris moite (mais récemment t'en avais marre de l'été), tu m'as l'air d'apprécier le lieu. Et toujours la moustache en bataille (qui a dit encore qu'elle n'était pas droite!?).
Hier j'étais au Muséum (de Paname) et je t'avoue que la mer me paraissait quelque peu lointaine, et ce malgré le flot de touristes qui se barrait vers Biarritz, Hendaye et ailleurs...
Donc jusqu'à lundi, tu vas opter pour :
- réviser ton texte...? si tu l'as
- te reperdre en Nouméa ?
- traîner près de la grotte (la fameuse) ?
- surremplir ton frigidaire ?
- te gaver de poissons, coquillages et crustacés sur la plage (abandonnée) ?
- te baigner dans la culture locale (et dans l'océan à l'occase) ?
Parce qu'on le sait, t'es pas du style glandeur et comme t'as dû (peut-être) amener tes baguettes...
Enfin... ici, nous on craint le pire, en fait... enfin presque ! J'espère que c'est pas trop dur...
Allez, à l'occase, embrasse Louise de notre part...
La vie est parfois si difficile avec nos artistes-comédiens qu'ils doivent se contenter d'un hiver brumeux à Nouméa et renoncer aux terrasses de café si délicieusement ouvertes sur nos côtes françaises. Des bises. Je voulais savoir si tu étais sur Paris et si j'aurais le plaisir de t'y croiser. "Frigo darty"