Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 23:50
Jeudi 19 juin 2008
Arrivé hier soir à Cavaillon. La fille de la régie qui me transporte d’Avignon à mon hôtel n’a pas vu Indigènes mais tout Mystère. Ah, Castanéda… !

Comme j’ai pris un forfait Internet deux heures, à l’hôtel, je ne me coucherai pas avant de l’avoir épuisé (c’est pourquoi je fais l’article maintenant et que je raconte quelques platitudes de remplissage).

Au Mercure, personne de mes connaissances. Je me retrouve à manger avec deux acteurs anglais qui ne parlent pas un mot de français. Et quand tu as eu Madame Maumont comme prof d’anglais, tu as du mal à suivre une conversation. Beaucoup de mal.

N’étant pas du tout gaffeur, j’ai dit au mec qu’il ressemblait à Stan Laurel. Il a ri (jaune ?), me disant que c’était la première fois qu’on lui disait ça. D’habitude on lui disait qu’il ressemblait plutôt à Robert Mitchum. À bien y regarder, il n’avait pas tout à fait tort. En même temps, le petit côté Laurel… Sinon, j’ai beaucoup ri à des choses que je ne comprenais pas. Juste par politesse.

Dans la série des mots bien sentis, comme j’étais le seul à fumer, mon collègue d’outre-manche m’a raconté qu’il s’est arrêté après le tsunami. Il était là-bas quand c’est arrivé et s’est dit, au retour que s’il avait survécu à ça, il était dommage de vouloir continuer à mourir doucement sous l’effet du tabac. Je lui ai dit, sous forme de french humour que j’attendrai le prochain tsunami pour arrêter. Il a esquissé un sourire mais je me suis rendu compte qu’il était en train de raconter ce qu’il avait vécu. Et j’ai compris que ma blague tombait à l'eau...

Il a raconté être descendu sur la plage pour aider un bateau taxi à se désensabler, la mer qui se retire curieusement et puis au loin, cette vague haute et droite comme un immeuble. Il a couru, couru, a été rattrapé, emporté, remué en tous sens comme du linge dans une machine à laver, l’eau lui rentrant par le nez, les oreilles, un frigo lui passant à côté, suivi d’un sofa et puis tous ceux qui, ayant survécu au monstre son emportés dans le retour. Là, j’ai tout compris. Mais je n’ai pas pu rembobiner pour effacer ma vanne.

Bon, ce matin je fais le bûcheron. En français…
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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