Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 10:16
Tiens, on parle ANPE et ASSEDIC, à la radio ! Les offres d’emploi raisonnables… Hé hé hé, ils sont drôles.

Allez, je vais vous faire mon petit article sur la situation dans le cinéma. Mais elle n’engage que moi.

Il y a une dizaine d’années, le régime des intermittents connaissait quelques imperfections. Pas mal d’employeurs de l’audiovisuel s’accommodaient du système pour salarier des permanents en faux intermittents. C’est-à-dire qu’un technicien pouvait être assuré d’avoir du boulot toute l’année avec un même employeur. Une partie était déclarée en travail, l’ASSEDIC jouant le complément de salaire. Ce n’est pas le cas des acteurs qui bossent souvent quelques jours sur un film, puis sur un autre et doivent les enquiller pour parvenir à faire ses heures.

Le calcul du taux ASSEDIC était également assez injuste. Plus tu gagnais en bossant, plus tu gagnais en inactivité (en même temps, on sait bien qu’un intermittent, quand il n’est pas payé, est rarement inactif. Vous lisez le blog, non ?).

Et puis il y a eu la réforme. Celle qui a fait qu’en 2004, alors que j’en aurais eu besoin, je me suis retrouvé sans ASSEDIC. Il fallait faire autant d’heures mais en moins de temps.

Depuis deux ans, quels sont les effets mesurables ? Une baisse très importante de l’indemnisation, de plus en plus d’intermittents qui sont virés du système car ils n’arrivent pas à faire leurs heures. Quand vous allez aux ASSEDIC des intermittents, il n’y a plus d’attente. Tout simplement parce qu’on ne vous reçoit plus. Tout se fait par courrier ou Internet. Le grand coup de balai !

La génération qui s’en tire bien est celle qui part à la retraite aujourd’hui. Ils ont vécu les belles années, les veinards !

Parallèlement à la décrépitude du système des intermittents, c’est toute la production audiovisuelle qui est en train de battre de l’aile. La télévision est de moins en moins présente dans le financement du cinéma. Les chaînes câblées mettent quelques billes mais à des niveaux bien moindres. Les films se font maintenant avec une multiplication de petites aides. Les régions font maintenant partie des financeurs.

Un nombre impressionnant de projets en cours de production jètent l’éponge avant le tournage. Désormais, de plus en plus de films dont la production se serait arrêtée faute de moyens, se tournent malgré tout. Ça veut dire avec des salaires à la baisse (-20 ou -50 pour les techniciens) et des durées de tournage réduites. On coupe dans le scénario et on tourne à toute vitesse. Le phénomène est en train de gagner la télévision.

Je ne sais pas ce que ça va donner sur la qualité de la production mais pour ceux qui bossent, c’est moins de films, moins payés, à la va vite, avec moins d’ASSEDIC.

À titre très personnel, je n’ai pas à me plaindre puisque je tourne beaucoup. C’est un effet conjoncturel dont je ne connais pas la durée. Le jour où ça va s’arrêter, ça va faire mal. Il y a des jours où je me dis que je ferais bien de monter ma boîte de sourcier plutôt que de compter sur l’ASSEDIC.

Attention. Ce n’est pas un discours alarmiste militant destiné à tirer des larmes. Juste un constat.

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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