Samedi 5 avril 2008
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Samedi 5 avril 2008
Tourner avec des animaux, c’est l’assurance d’une journée explosée. Avant-hier, c’est la vache qui ne voulait pas avancer. Hier, c’était le cheval. C’est pas qu’il voulait pas, lui. Plutôt qu’il
voulait trop (trot) ! Et comme je devais me retrouver sur la charrette, assis sur des caisses branlantes, devant passer sous un porche à peine plus large que les essieux, j’ai commencé à avoir
quelques craintes. Il faut dire que le responsable du cheval avait compris que c’était lui qui allait piloter l’attelage. Mais que nenni ! Impossible. C’est un acteur qui devait se mettre aux
rênes. C’était pas prévu. Pas comme ça. Pas le bon cheval.
Quant à la charrette, elle est bien jolie mais bordée de part et d’autre de barres de bois dans lesquelles dépassent des pointes de fer de plus de 10 cm. À la moindre tentative de saut en marche…
L’imagination est très douée pour produire des situations génératrices d’hémoglobine. Quand en plus l’ambiance se met à la trouille, j’imprime direct.
À la première tentative, l’acteur guide trop à droite et l’essieu vient se bloquer sur le mur du porche. Le réalisateur est loin et ne voit pas le détail de ce qui se trame. Il veut simplement que
ça aille plus vite.
Heu, et si on est raccord avec la 54, mon personnage peut être au cul de la charrette, non ? Courant derrière ? Enfin, si je dis ça, c’est aussi pour des raisons de sécurité.
On l’a fait mais avec une heure dans la vue qu’on n’a pas réussi à rattraper.
Cela dit, pour l’heure, tout se passe à merveille et j’ai comme l’impression qu’on tourne un sacré film.
Mon personnage incarne la conscience collective. Il est populaire, à l’accent du sud, il a de l’humour, de la distance, une conscience politique, il brave l’autorité. Un sympa, quoi ! Et c’est très
agréable. Au-delà du rôle.
Quand on joue un méchant ou un fou, sur le plateau, les gens se disent « putain, quel acteur ! ». Mais quand ça tourne plus, il demeure dans leur regard quelque chose de la violence ou de la folie
que vous avez imprimé par votre jeu. Mais avec un personnage sympa, en dehors des prises c’est la proximité sympathique de votre personnage qui l’emporte. C’est assez agréable.
Un acteur qui joue un méchant va passer son temps à plaisanter et à être aimable pour qu’on admette que c’est une composition. Pour que les gens comprennent que mon mec sympa est aussi une
composition, je n’ai qu’à me comporter en véritable enfoiré et il n’y aura pas de confusion !
Je déconne…
Par Bernard Blancan
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Publié dans : blancan
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