Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /Mars /2008 08:45
Samedi 29 mars 2008
Le fameux blog de Blancan ! Hé bé merde, alors… dans le boulot, je vais être plus connu par mon blog que par…

Bon, allez, il est tôt, c’est le matin, je ne vais pas commencer à tergiverser sur le sujet. Un autre jour. Un soir. Avec du temps. Là, j’ai le scénario de la Veuve sur le bureau et je me disais que j’allais commencer la journée par une petite séance d’apprentissage du texte. Et si je commence un long article, si je continue à considérer le soleil qui illumine l’appartement comme un appel à promenade, je vais retrouver les sensations de mon enfance, quand je repoussais à l’extrême (l’impossible) le moment d’apprendre mes leçons. Mais j’exagère, là. Le texte de la première journée ne comporte que quelques phrases par-ci par-là.

Quelques mots sur la séance d’essais d’hier. On a joué des séquences de Suerte avec pas mal d’acteurs. Au maximum, deux par personnage. Pour chacun, on pouvait se dire que c’était lui car, s’il arrivait là, c’est que la casting avait fait son boulot et que le réalisateur l’avait présélectionné. Le reste est une question de physique, de dynamique, de combinaison possible par rapport à la distribution globale. Il y a un moment que j’ai compris ça. Et quand je ne suis pas pris sur un rôle, je ne m’en attriste pas. Je me souviens avoir passé le casting d’Harry, un ami qui vous veut du bien, pour un film de Claude Miller ou de Leconte. Ça s’était bien passé mais…

Bref, j’ai donc donné la réplique (en en profitant pour avancer sur mon propre personnage) à de bons acteurs. Et hier, il y en a un qui a été un vrai choc. Un mec incroyable. Un acteur phénoménal. Quand on commençais notre scène, je me sentais tout petit. Pas à la hauteur. Putain, si je trouve pas la bonne attitude, si je ne calme pas mon admiration, je suis mort. Je disparaîtrais à l’écran. Passionnante séance de travail.

Avec les autres, c’était simple. Chacun trouvait la justesse du personnage décrit dans le scénario. Mais lui, tout d’un coup, prenait une telle place que je n’avais d’autre choix que de dévier la mienne. Dès qu’il ouvre la bouche, il a des mimiques, des regards, des silences qui débordent de l’écriture, qui saisissent l’essence du personnage et, tout en lui donnant vie dans le respect des mots et des intentions, l’amènent encore plus loin.

Je peux dire que j’ai rencontré un sacré phénomène. Le jour où on lui donne un rôle à sa mesure, il nous explose tous. Chapeau, l’acteur !

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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