Jeudi 14 février 2008
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Jeudi 14 février 2008
Ce matin, je remets le CD définitif de la musique de son film à Camille. Très bon exercice de domptage d’ego car les morceaux qui figureront dans le film ne sont pas les meilleurs.
Dans un film, il y a la musique qui vient de l’image (un poste de radio, un musicien filmé). Je me souviens de ce guitariste que Manoel de Oliveira filme pendant tout un morceau dans La Cassette ou
encore Caetano Veloso et sa Paloma Blanca. Et puis, il y a celle qui vient d’on ne sait où souligner artificiellement une situation. Quand on est formé à la Fémis, par exemple, on apprend à se
défaire de cet artifice pour laisser vivre les plans et le spectateur.
Certains films, comme Into The Wild, peuvent se permettre d’en faire des caisses : personnage souvent seul dans de grands espaces. La musique illustre sa vie intérieure. Mais dans le film de
Camille, les deux personnages sont le plus souvent ensemble à l’écran. Dans ce cas, la musique serait un commentaire appuyé du réalisateur (donc du spectateur) sur la situation que vivent ces deux
personnages. C’est souvent ce qui se passe quand on veut embarquer de force le spectateur dans une émotion. On peut, en effet, juger l’effet facile. La musique s'avère une parfaite béquille pour
une image faible.
Pour ma part, comme c’est la première fois que je me livrais à cet exercice, je l’ai fait avec une certaine naïveté, me laissant aller aux sentiments éprouvés par l’un ou l’autre des personnages
(j’étais bien placé puisque je jouais l’un d’eux).
Au final, mes deux morceaux préférés n’auront pas leur place. Normal.
C’est encore plus radical pour le musicien que les effets du montage, quand tu es acteur, et que tu vois une bonne scène disparaître.
Demain, je rencontre un réalisateur pour un tournage en mai. Je n’en sais pas davantage.
Par Bernard Blancan
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Publié dans : blancan
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