Samedi 22 décembre 2007 6 22 /12 /Déc /2007 23:55
Samedi 22 décembre 2007
Vous vous souvenez de la canne de Stan Laurel ? Celle qu’il avait offerte au mime Marceau, que Marceau avait donné à sa première femme, Maria qui, à son tour, m’en a fait cadeau.

Hé bien, dans mon déménagement, je l’avais emballée consciencieusement avec deux parapluies. Une fois les déménageurs partis de chez moi, je les accusais d’avoir perdu les choses dont je ne me souvenais plus dans quel carton je les avais rangées. Et puis, petit à petit, tout réapparaissait. Sauf les parapluies.

Ce n’est qu’en me réveillant, en pleine nuit, que je réalisais qu’au milieu des parapluies, il y avait la Stan Laurel Canne. Je me levais immédiatement, fis le tour des pièces, remuant cartons vides et pleins, cherchant dans le moindre recoin. Rien.

Le lendemain, j’appelais le déménageur. J’obtenais une secrétaire et lui expliquais qu’un lot de parapluies avait été oublié par les déménageurs, parmi les quels se trouvait la canne d’un de mes défunts aïeux. L’objet sentimental type, sans valeur mais auquel on tient tout particulièrement. La dame compréhensive me donne le numéro du chef de répartition. Répondeur. Je laisse un message expliquant la version du souvenir familial. Je n’y crois plus à cette canne. Je me sens honteux d’avoir pu la ranger parmi de vulgaires parapluies, sans lui prêter l’attention qu’elle méritait. En même temps, je me trouve quelque peu malchanceux…

Le lendemain encore, c’est le chauffeur du camion qui me rappelle. Ne vous inquiétez pas, on a retrouvé vos parapluies. Je vous appelle demain pour qu’on prenne rendez-vous. Le lendemain, il ne rappelle pas. Je laisse un message sur son répondeur. Il me rappelle encore le lendemain pour qu’on convienne d’un rendez-vous ce jour, samedi. Le problème, c’est qu’il ne sait jamais quand il embauche, où il va et quand il aura fini. Dans ces conditions, pas facile d’y parvenir.

Ce matin, 8h27, mon déménageur : Allo, je crois que vers midi, Porte de Pantin, c’est bon.
Nouvel appel à 11h30 : J’ai un peu de retard, ça sera à 13h30. Pas de problème. Thierry, mon pote d’enfance qui est venu me donner un coup de main à monter un bureau tout vieux tout neuf m’accompagne. Allez, on va boire un verre ! 13h55, j’appelle le monsieur. Désolé, j’ai été un peu retardé mais c’est bon, le deuxième camion est presque déchargé, je suis là dans une demi-heure. C’est chouette, la porte de Pantin. On a le temps de manger à la brasserie, en attendant. Non, on serait les seuls. Ça n’inspire pas confiance. On va se faire un turc juste à côté.

Pendant que Thierry parle, la pendule laisse avancer ses aiguilles bien au-delà de la demi-heure annoncée. A 15h00, je rappelle à nouveau. Il finira pas arriver un petit ¼ d’heure plus tard avec la canne, le parapluie et un gros paquet d’enveloppes. Heu, les enveloppes, c’est pas à moi. Ah bon, ah oui meeerrrrde, c’est aux avocats, ça ! Oui, peut-être mais il faut que j’y aille, j’avais rendez-vous à 15 heures pour partir en vacances !

Je lui ai glissé un billet de 63,50 euros dans la main (je dis pas la somme pour ne pas être jugé ni de radin ni de trop généreux, l’argent, c’est toujours compliqué).
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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