Mercredi 12 septembre 2007 3 12 /09 /Sep /2007 06:36
Mardi 11 septembre 2007 (soir)
Comme la matinée n’était pas des plus douce, j’ai renoncé à la terrasse du bar le moins branché de la rue Ordener où j’ai pris mes habitudes. Je sacrifie rarement au rituel du café/journal matinal. J’ai dû trouver ma place à l’intérieur. Sans mal, il est vrai, étant donné la faible fréquentation du lieu.

Au comptoir, un grand enfant d’une bonne quarantaine d’année explique au patron qui prête une oreille discrète, tout occupé qu’il est à faire semblant de s’affairer, qu’il avait une carie et que, maintenant, elle va mieux. C’est toute la force qui revient en moi, conclue-t-il, en portant à la bouche sa cueillere à café pleine de viande hachée crue, posée en monticule sur le papier sulfurisé à l’enseigne d’un boucher, déplié sur le zinc. L’arrivée d’un nouveau client oblige le patron à se désintéresser définitivement du glouton. Celui-ci enfourne son reste, non sans une certaine déception. Sans doute aurait-il aimé poursuivre son monologue en le faisant glisser sur les bienfaits régénérateurs de la viande matinale.

Le bœuf achevé, notre homme froisse l’emballage en boule puis chausse son nez de loupes avec application et un étonnement qui ne le quitte plus quand il fait ce geste simple, tant il ne s’était jamais imaginé porter un jour des lunettes. Peut-être a-t-il une pensée pour la mobylette bleue de son adolescence mais il n’en laisse rien paraître, si ce n’est le temps un peu trop long qu’il met à plonger dans Le Parisien. Ses pieds font les importants, dessinant une chorégraphie bien chiche, destinée à nous faire croire qu’ils s’appliquent à trouver la meilleure position de lecture à leur propriétaire. La journée commence bien.

A midi, j’ai écouté avec attention les remarques qu’on me faisait sur le texte que j’ai écrit pour mon projet de documentaire.

J’ai promené ensuite mes baguettes dans le bois de Vincennes. Il faut que je m’entraîne car jeudi, je vais passer la journée à Lyon pour faire le sourcier qui étudie le sol d’un chantier archéologique, en compagnie d’un vrai archéologue. Ceci évidemment de façon toute non officielle.

Enchaîné avec une intervention de sauvetage chez une amie dinosaure fraîchement équipée en informatique et Internet.

Il m’a fallu ensuite envoyer un long mail à ma banquière et me rendre chez un pote d’enfance pour un dîner vapeur. Épuisante, cette journée !

Par Bernard Blancan
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