Dimanche 31 décembre 2006
Allez, c’en est bientôt fini avec 2006 !
C’aura été une année très chargée, une de celles qui comptent au moins double. La création d’un spectacle, la rencontre avec mon géniteur que je n’avais jamais vu, une séparation, deux déménagements, un prix d’interprétation, 4 mois de vadrouilles provinciales, banlieusardes et médiatiques avec Indigènes, la disparition de proches (et j’en passe). Pas mal de changements riches en émotions extrêmes et bouleversements qui vous secouent un homme. On frise l’indigestion !
Les derniers articles peuvent sembler plus graves par rapport à la légèreté d’autres périodes. Non, pas de déprime. Juste une pause avant le nouveau départ de la semaine prochaine. Le temps de remettre un peu de distance, de regarder autour. C’est vrai que, dans le mouvement permanant, on finit par ne plus lire les journaux, ne plus lire tout court, écouter distraitement les infos, ne plus voir les copains. On est dans une autre réalité. Et c’est vrai qu’a chaque fois que j’ai le temps de regarder et d’écouter, j’ai une certaine tendance à m’insurger (vieux réflexes de celui qui a grandi du côté des révoltés).
Et puis, pourquoi ne pas le dire, je suis un peu troublé par l’augmentation du nombre de lecteurs depuis Cannes. Je ne sais pas trop qui lit, je me mets à avoir peur d’écrire des conneries (ce qui fait que j’en écris sans doute davantage). Je pourrais avoir tendance aussi à vouloir dire des choses « intéressantes ». Bref à perdre en sincérité. Tout au moins en détente. J’oscille entre la peur d’être creux et futile et celle de me prendre au sérieux. L’équilibre n’est pas simple à trouver. Mais je ne me sens jamais plus à l’aise que quand j’évoque avec distance et plaisir de petites choses, juste pour le jeu de l’écriture (ex : la plomberie).
Bon, on va respirer un peu. Déjà là, j’en ai trop dit.
Tiens, un peu d’anecdotique ! Ce midi, rentrant d’un petit café (très parisien le Blancan), je pensais à mon fils qui s’est fait cambrioler sa voiture dans son garage. Je pensais qu’ici, Boulevard Barbès, il n’arrive rien à mon scooter garé sur le trottoir. Avec quelques idées reçues, on aurait pu imaginer qu’une voiture était plus en sécurité dans un garage à Bordeaux qu’un scooter sur un trottoir de Barbès mais bon… et là, stupeur, mon scooter a disparu ! Si, si !
Je me souviens immédiatement de trois ados qui le reluquaient avant-hier. Et puis non. Je suis sûr que c’est un coup de la fourrière ! Un petit passage au commissariat du quartier et j’ai confirmation que mon hypothèse était la bonne. Fourrière !
Après quelques coups de fil pour caler les derniers détails du réveillon (qui sera double pour moi : première partie en petit cercle et seconde dans grosse fête), me voilà parti récupérer l’engin.
La fourrière, c’est forcément la zone. En périphérie. Sous la pluie. A première vue, les gens de couleur sont moins respectueux des règles de stationnement car je suis un des seuls gaulois dans la file d’attente de la cahute. Deux jeunes blacks, à peine vingt ans, sapés comme des ministres (l’un d’eux avait un costard à la façon de ma veste fétiche et l’autre un blanc qui tombait sur des pompes sport grande classe) faisaient un esclandre parce qu’ils n’habitaient pas là et n’avaient ni carte bleue ni chéquier et, en tout et pour tout, quinze euros en poche. Tentative de négociation : « c’est quoi ce nouveau code de la route ? On n’a plus le droit de s’arrêter sur des pointillés ?
- Non monsieur. Vous n’étiez pas dans votre voiture ?
- Mais non, je parlais avec un mec, juste devant la voiture et comme j’avais le dos tourné, j’ai même pas vu que les bâtards enlevaient ma caisse.
- …
- Tu me fais chier, là, comment je fais moi ?
- Vous feriez bien d’arrêter de me tutoyer !
- Quoi, quoi, kesta ? Je te tutoie aujourd’hui, je te tutoie demain, avec ta tête de vieux Tintin, là ! Rends-moi mes papiers !
Le fonctionnaire ronge son frein et rend les papiers au jeune homme. Celui-ci sort de la cahute et se met à hurler sur son portable qu’il est dans la merde, qu’il n’a pas un rond, qu’il faut qu’on se démerde… Il n’est pas content et on l’imagine mal tailler la route à pied dans sa tenue de soirée.
J’ai acquitté mon dû, repris mon scooter et, pour me changer les idées, je suis allé m’acheter un bouquin que j’ai commencé dans un bar avant d’aller voir « Mauvaise foi » de
Allez, bon réveillon les blogteurs !
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