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Samedi 30 décembre 2006

Dimanche 31 décembre 2006

Allez, c’en est bientôt fini avec 2006 !

C’aura été une année très chargée, une de celles qui comptent au moins double. La création d’un spectacle, la rencontre avec mon géniteur que je n’avais jamais vu, une séparation, deux déménagements, un prix d’interprétation, 4 mois de vadrouilles provinciales, banlieusardes et médiatiques avec Indigènes, la disparition de proches (et j’en passe). Pas mal de changements riches en émotions extrêmes et bouleversements qui vous secouent un homme. On frise l’indigestion !

Les derniers articles peuvent sembler plus graves par rapport à la légèreté d’autres périodes. Non, pas de déprime. Juste une pause avant le nouveau départ de la semaine prochaine. Le temps de remettre un peu de distance, de regarder autour. C’est vrai que, dans le mouvement permanant, on finit par ne plus lire les journaux, ne plus lire tout court, écouter distraitement les infos, ne plus voir les copains. On est dans une autre réalité. Et c’est vrai qu’a chaque fois que j’ai le temps de regarder et d’écouter, j’ai une certaine tendance à m’insurger (vieux réflexes de celui qui a grandi du côté des révoltés).

Et puis, pourquoi ne pas le dire, je suis un peu troublé par l’augmentation du nombre de lecteurs depuis Cannes. Je ne sais pas trop qui lit, je me mets à avoir peur d’écrire des conneries (ce qui fait que j’en écris sans doute davantage). Je pourrais avoir tendance aussi à vouloir dire des choses « intéressantes ». Bref à perdre en sincérité. Tout au moins en détente. J’oscille entre la peur d’être creux et futile et celle de me prendre au sérieux. L’équilibre n’est pas simple à trouver. Mais je ne me sens jamais plus à l’aise que quand j’évoque avec distance et plaisir de petites choses, juste pour le jeu de l’écriture (ex : la plomberie).

Bon, on va respirer un peu. Déjà là, j’en ai trop dit.

Tiens, un peu d’anecdotique ! Ce midi, rentrant d’un petit café (très parisien le Blancan), je pensais à mon fils qui s’est fait cambrioler sa voiture dans son garage. Je pensais qu’ici, Boulevard Barbès, il n’arrive rien à mon scooter garé sur le trottoir. Avec quelques idées reçues, on aurait pu imaginer qu’une voiture était plus en sécurité dans un garage à Bordeaux qu’un scooter sur un trottoir de Barbès mais bon… et là, stupeur, mon scooter a disparu ! Si, si !

Je me souviens immédiatement de trois ados qui le reluquaient avant-hier. Et puis non. Je suis sûr que c’est un coup de la fourrière ! Un petit passage au commissariat du quartier et j’ai confirmation que mon hypothèse était la bonne. Fourrière !

Après quelques coups de fil pour caler les derniers détails du réveillon (qui sera double pour moi : première partie en petit cercle et seconde dans grosse fête), me voilà parti récupérer l’engin.

La fourrière, c’est forcément la zone. En périphérie. Sous la pluie. A première vue, les gens de couleur sont moins respectueux des règles de stationnement car je suis un des seuls gaulois dans la file d’attente de la cahute. Deux jeunes blacks, à peine vingt ans, sapés comme des ministres (l’un d’eux avait un costard à la façon de ma veste fétiche et l’autre un blanc qui tombait sur des pompes sport grande classe) faisaient un esclandre parce qu’ils n’habitaient pas là et n’avaient ni carte bleue ni chéquier et, en tout et pour tout, quinze euros en poche. Tentative de négociation : « c’est quoi ce nouveau code de la route ? On n’a plus le droit de s’arrêter sur des pointillés ?

-         Non monsieur. Vous n’étiez pas dans votre voiture ?

-         Mais non, je parlais avec un mec, juste devant la voiture et comme j’avais le dos tourné, j’ai même pas vu que les bâtards enlevaient ma caisse.

-        

-         Tu me fais chier, là, comment je fais moi ?

-         Vous feriez bien d’arrêter de me tutoyer !

-         Quoi, quoi, kesta ? Je te tutoie aujourd’hui, je te tutoie demain, avec ta tête de vieux Tintin, là ! Rends-moi mes papiers !

Le fonctionnaire ronge son frein et rend les papiers au jeune homme. Celui-ci sort de la cahute et se met à hurler sur son portable qu’il est dans la merde, qu’il n’a pas un rond, qu’il faut qu’on se démerde… Il n’est pas content et on l’imagine mal tailler la route à pied dans sa tenue de soirée.

J’ai acquitté mon dû, repris mon scooter et, pour me changer les idées, je suis allé m’acheter un bouquin que j’ai commencé dans un bar avant d’aller voir « Mauvaise foi » de Roschdy Zem (je vais voir les films des copains, moi !). Je suis ressorti du film avec la banane, le cœur léger. C’était bien. Merci Roschdy !

Allez, bon réveillon les blogteurs !

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Samedi 30 décembre 2006

Samedi 30 décembre 2006

On a pendu Saddam, le jour du sacrifice, pour que fleurissent d’autres bouquets de sang. 

Comment se réjouir d'une justice aussi barbare que ce qu'elle dit condamner?

Et Bush, on le juge quand ? Et Poutine ? Et tant d’autres… faiseurs de guerres, massacreurs, affameurs, marchands de malheur…

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Vendredi 29 décembre 2006

Vendredi 29 décembre 2006

Début des années 90, j’étais comédien à Bordeaux. Du genre indépendant. Je ne voulais pas appartenir à une troupe mais pouvoir travailler avec différents metteurs en scène, passer d’un genre à l’autre, dépasser les esprits de chapelles, pouvoir à l’occasion créer mes propres spectacles en passant de Beckett au café-théâtre. La vie est courte, restons libres ! Et comme elle est courte, il faut aller vite. J’avais beaucoup de mal à concevoir l’idée de déposer un dossier pour un spectacle qui doit se jouer l’année d’après.

Me considérant comme une fourmi dans une vaste fourmilière, je suis persuadé que dès que j’ai une idée « originale », dès que j’éprouve le besoin impérieux de « dire » quelque chose, des centaines de mes congénères éprouvent le même besoin, imaginent la même chose. Nous sommes tous nourris des mêmes images, des mêmes événements qui font naître les mêmes réactions pour les fourmis rouges quand d’autres exciteront davantage les fourmis bleues et d’autres encore, plus rares, toute la fourmilière.

Mais revenons à nos moutons ! Dans cette période de liberté affichée (et pas toujours bien vue car on a du mal avec les insaisissables, on préfère les étiqueter), un problème sautait aux yeux : il n’y avait pas de place, à Bordeaux, pour « un autre théâtre ». En dehors de rares grandes salles institutionnelles et de deux ou trois petits cafés-théâtres, il n’existait pas de lieux de moyenne capacité susceptibles d’accueillir des spectacles de metteurs en scènes différents (Fartov et Belcher avait donné l’exemple en squattant les Entrepôts Lainé mais avec l’explosion de la troupe et la transformation du lieu en musée d’art contemporain, il y avait un vide en la matière).

Cela, nous le savions tous mais chacun travaillant pour sa petite compagnie, personne ne parvenait à soulever ce problème. Sauf, un jour, un journaliste. C’est un article de Willy Dalay, dans Sud-Ouest qui eut le mérite de faire un état des lieux très juste que la profession n’avait pas été capable de dénoncer.

Cet article a provoqué chez moi la prise de conscience que seule la presse pouvait aider aux changements rapides puisque c’est elle qui s’inscrivait dans le quotidien avec un impact inouï. De cette constatation très basique, je vous l’accorde, j’appelai deux trois copains pour leur faire part de mes réflexions naïves et nous lancions illico la « brigade Glapion » (brigade d’intervention terroriste).

Première opération : par le biais d’une cassette vidéo dans la quelle nous nous filmions encagoulés, nous avons convoqué tous les journalistes du coin (journaux, télés…). Nous les avons embarqués, yeux bandés, dans un fourgon et avons fait une conférence de presse façon FLNC, dans le garage d'un immeuble. Amusés de la mise en scène, ils ont tous relayé en bonne place nos revendications.

Plus tard, nous avons organisé une manif au Grand-Théâtre devant lequel nous avions construit un mur symbolique de parpaings. L’opération s’appelait « abattons le mur du théâtre de la honte ». C’était juste avant qu’on abatte celui de Berlin. Au bout d’un an et après différentes opérations visuelles et médiatiques, nous avons dissout la Brigade car nous lui avions donné dès sa création une durée de vie de un an. Il n’était pas question de devenir des attachés de presse ou une institution qui n’aurait plus été du tout subversive avec le temps.

En vilains opportunistes cyniques, nous avons ensuite créé une petite compagnie théâtrale, « Glapion  & Fils », avec la création de "L'effet Glapion" d'Audiberti dans un amphi de la fac de pharmacie, un spectacle café-théâtre et vidéo à la façon des nuls (« ça va péter, j’te dis ») dans une guinguette, et une fausse visite guidée de la citadelle de Blaye. Mais Glapion & fils a fait long feu car, comme je le disais plus haut, je ne suis pas du genre à m’encombrer d’une structure administrative.

Pourquoi je raconte cela ? Hé bien c’est pour m’inquiéter précisément de cette place des médias. La politique elle-même, en voulant trop la maîtriser en est devenue le joujou. On a bien vu pour Indigènes. Hop, un problème est médiatisé ? Revalorisation ! Un peu plus tard les Don Quichotte ? Hop, on créé des places d’hébergement ! Chaque sujet tient une à deux semaines et, comme il n’y a que 54 semaines dans une année, ça laisse peu de place à la quantité phénoménale de problèmes à traiter. Et comme désormais la priorité nationale est synonyme de priorité médiatique, il me semble qu’il y a du souci à se faire.

N’est-ce pas uniquement pour des raisons médiatiques que Ségolène et Sarkosi sont les représentants de leurs partis ? Elles sont où les idées ?

Et alors, dans mon boulot, évidemment, quand j’entends qu’un acteur devient banquable à partir du moment ou il fait un JT de 20h… Bon, ben, si je peux, je vais pas m’en priver mais en sachant bien que ce ne sera pas là le gage de mes capacités artistiques.

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Jeudi 28 décembre 2006

Jeudi 28 décembre 2006

Les enfants de Don Quichotte ne veulent plus voir les SDF sur les trottoirs. D’accord, dit le gouvernement qui sent les élections approcher à grands pas. On va augmenter les places en centre d’accueil et en créer en foyers de réinsertion. Ouf ! Notre bonne conscience ne sera plus gênée (surtout à Noël) par la vue de la pauvreté.

En revanche, je n’ai rien entendu sur les hausses hallucinantes du prix du logement de ces dernières années, sur la multiplication des contrats précaires peu aimés des propriétaires. On parle de manque de logements. Mais de toute façon, quand t’as plus un rond, plus de boulot, tu n’y auras as droit !

L’augmentation du nombre de SDF et de gens qui font la queue à la soupe populaire et autres restaus du cœur, ça ne serait pas une question de politique ?

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Mardi 26 décembre 2006

Mardi 26 décembre 2006

Petit retour sur certains articles précédents, suite à un courrier d’une jeune lectrice.

Oui, en effet, j’ai été gonflé de reprocher à ceux qui n’avaient pas vu le film de me féliciter. On est bien d’accord : c’est de la mauvaise foi ! Juste le mec vexé que tous ses copains n’y soient pas allés. On est dans le problème d’ego et c’est peu louable. C’est du petit. Du mesquin. Du tout moi, par endroit. Du comme tout le monde, quoi…

Mais vous l’aurez compris (je n’arrête pas d’y revenir), le but du jeu, c’est de témoigner du quotidien d’un acteur, histoire de casser les images toutes faites. Puisqu’il m’est arrivé de passer à la télé, vous m’avez vu avec des chemises que je ne porte jamais, maquillé, essayant de dire des choses intelligentes. Une image favorable qui est loin de la vraie. Le Blog, c’est une façon de la compléter, sans trop de maquillage. Et en disant « je suis comme tout le monde » j’essaie de parler des autres à travers mes propres maux. J’ai bien conscience qu’il peut y avoir quelque chose d’indécent à évoquer un rhume quand d’autres sont vraiment malades ou SDF. Désolé, c’est ma réalité. Je ne suis pas un héros.

Vous aurez pu lire que j’avais vécu l’expérience d’Indigènes avec beaucoup de fierté et d’engagement. Dès Cannes, on se sentait investi de la force des Justes, de ceux ont raison de toute façon, de ceux par qui la vie d’autres personnes va changer. Il y a eu cette reconnaissance de tous ceux à qui on a restitué un pan de la mémoire collective. Il y a eu cette affaire des pensions…

Et puis le temps passe, on a beaucoup, beaucoup donné, on y a laissé des plumes, on s’est griffé aux clous qui dépassent sur l’envers du décor mais la vie reprend son cours. Après un gros coup de fatigue physique et intellectuelle (c’est valable pour tous les Indigènes), chacun doit repartir et rouler pour lui-même. On change de dimension…

Mais bon, qui sait, il y aura encore quelques come-back. Indigènes aux Césars et aux Oscars, on le saura entre le 20 et le 24 janvier. Et comme les deux cérémonies ont lieu les 24 et 25 février, je ne sais pas comment Rachid ferait pour se départager. Pour ma part, je serai en tournage le 23 et le 26 dans le sud. Si par miracle… je trouverai bien le temps de me libérer mais mieux vaut ne rien attendre.

Vive 2007 et ces choses à venir qu’on n’imagine même pas! Celles que l’on connaît et les autres que l’on espère sont déjà belles. On pourrait avoir la sagesse de s’en contenter. Ce toujours plus, c’est peut-être ça le moteur des alouettes !

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Mardi 26 décembre 2006

Mardi 26 décembre 2006

Déjà de retour… Plus qu’une semaine avant le départ d’un 2007 qui s’annonce actif. Quelques jours pour un regard rapide sur l’année passée et surtout la préparation de la prochaine. A partir du 3, c’est le départ à Bordeaux avec un passage à Aix-en-Provence (premier jour de tournage de la série). Je vais écrire sur le frigo « penser à éviter de glander ! ».

Pas trop mangé, vous ? En vacances ? Merci pour vos commentaires !

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Vendredi 22 décembre 2006

Vendredi 22 décembre 2006

On n’y coupe pas. Je vous souhaite un Noël bien bon, bien arrosé, joyeux, généreux !

Retour au blog, le 26 !

 

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Vendredi 22 décembre 2006
Vendredi 22 décembre 2006
Hier matin, c’était la visite de la médecine du travail : tout est bon. A midi, c’est Zuccarelli (le médecin des assurances de tournages).

Pour le casting Messrine, j’ai pu difficilement jouer plus qu’un mec enrhumé.

A l’essayage costumes, je me suis retrouvé avec Sami Bouajila qui venait, lui, pour le film de Jalil Lespert. On s’est promis qu’il viendrait manger à la maison fin janvier.

Mon fils aîné qui va avoir sa première carte électorale m’a dit que si Chirac se présentait, il voterait pour lui.

    - Mais pourquoi donc ce choix étrange, mon fils ?
    - Hé bien, lui, au moins, il fait rien. Sinon, il y a d’un côté ceux qui veulent tout changer avec des mots et qu’on ne croit pas et de l’autre ceux qui vont tout changer et ça fait peur.

Mouais… Quelles perspectives ! Il n’y aurait pas un candidat porteur d’espoir, svp ?


Sinon, pour Enfin disponible, c’est le signe du début du travail. On prend ses marques. Un spectacle qui se construit dans la sérénité, c’est mou.
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Jeudi 21 décembre 2006
Jeudi 21 décembre 2006
« Enfin disponible ». Les choses commencent à m’échapper totalement. Une petite mise au point s’impose.

Médecine du travail, casting, essayage costumes, réunion « baltringues ». Noël approche…
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Mercredi 20 décembre 2006

Bon, je vais pas faire l’histoire de mon rhume (il y a une épidémie en ce moment) mais j’étais encore bien pris hier, devant annuler notamment ma présence RP à une avant-première.

En dehors d’un rendez-vous à midi, j’ai mis à profit la nécessité de rester au chaud pour bosser sur mon spectacle.

J’ai eu confirmation que je tournais dans la série (la chaîne n’a pas vu d’inconvénient). Je vais aussi passer un essai pour un petit rôle dans le Mesrine cinéma. Ce coup-ci pour un flic.

Ce matin, café avec mon ami producteur pour les corrections et pistes de développement de ma note d’intention pour « les boules ». A midi, séance de travail avec le copain metteur en scène d’ « enfin disponible » (drôle de titre en regard de la réalité).

Les vacances de Noël vont être courtes et familiales.

Je fais partie d’une commission d’attribution d’aides régionales au court métrage. Je n’ai pas pu faire la dernière pour raison de tournage. Hier, j’ai prévenu le responsable du malaise que j’éprouvais à participer à de tels comités. J’ai du mal à me positionner en senseur (ça m’avait fait cet effet quand j’ai été jury de festival). Mais il doit y avoir une juste position qui permet d’être en paix avec sa conscience. Vivement que je sois adulte !

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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