Mardi 28 novembre 2006
Puisqu’il s’agit d’un témoignage, allons-y à fond ! J’en ai ras la casquette des débats après Indigènes. Oui, je sais, c’est violent mais j’ai atteint la limite. C’était pourtant sympa, hier soir, avec Madame le Maire du 12ème, Madame Hidalgo, Benjamin Stora, Pascal Blanchard… Le décalage entre mon discours passionnel, pauvre, émotif et celui, construit et élaboré des universitaires constituait déjà une épreuve. Mais le petit cocktail avec le public après était en trop. Le moment où l’on répète et entend les mêmes choses est atteint depuis longtemps. Envie de passer à autre chose. Fatigué.
Cette lassitude, je l’ai ressentie aussi ce matin en ouvrant le « direct soir » que j’avais pris la veille en allant au Franprix. Je le feuillette au petit dèj et… je tombe sur ma gueule ! Pffff !
J’avais répondu aux questions d’une journaliste pendant que je me faisais maquiller pour l’émission de « Direct 8 », la semaine dernière. Un questionnaire sur mes habitudes sociales nocturnes (bars, restau, théâtre, boîte…). Je venais à peine de me payer le déménagement le matin même. J’avais juste eu le temps de prendre une douche et d’acheter une chemise repassée sur le marché de Marcadet. Je n’ai dit que des banalités, de surcroît complètement en décalage avec mes véritables habitudes. Habitudes, il est vrai, très limitées pour ce qui est de la vie nocturne. Comme si le fait d’être acteur impliquait forcément de passer sa vie dans les lieux publics ! Cela dit, j’avais la possibilité de jouer le jeu. J’aurais pu donner quelques endroits qui me sont sympathiques. Mais je n’avais pas la disponibilité d’esprit pour le faire. Et voilà, ce matin, je vois ma tête dans le journal et une série affligeante de réponses creuses.
Hier aussi, coup de fil de l’ami d’un ami. Il me demande de venir jouer gratuitement dans un petit clip citoyen destiné à inciter aux inscriptions sur les listes électorales. J’avais envie de dire : « ça suffit, les trucs gratos ! Je passe mon temps à ça. Pour la bonne cause… Et elle paie quand, la cause ? » Je vais réfléchir. Et aller m’inscrire, d’ailleurs, sur les listes de ma nouvelle mairie.
Un étudiant journaliste, à Pessac, me demandait ce que ça m’apportait d’accompagner le film. Rien, banane ! Rien ! Après la sortie, je l’ai fait pour remercier à ma façon les lieux qui m’avaient accueilli pour « Cache-cache », par exemple, refusant même pour y arriver les voyages au Maroc, Sénégal, Suède… J’ai dépassé le stade où mon ego avait besoin des félicitations des spectateurs. Elles font toujours plaisir mais je ne les recherche pas. Accompagner le film, c’est aussi et encore du militantisme. Pour la bonne cause, pour ce que porte le film mais aussi pour soutenir les salles qui font un sacré boulot. Mais maintenant, c’est stop.
Jeudi, je vais au Caire mais là, c’est pour le fun. Et si en début d’année il y a des Césars pour le film, je prends ! Des Oscars, je prends ! Des tournages, je prends, je prends, je prends. Merci.
Sur ce, je vais me lancer dans la recherche d’un petit meuble de cuisine…