
Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal. Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Rencontré un réalisateur pour un rôle dans un téléfilm retraçant l'histoire de policiers français qui ont permis à des juifs de Nancy de ne pas être raflés par la gestapo (ce qui était rare, en 42!). Tournage septembre/octobre.
Si ça se fait, j'aurais incarné toutes les postures pendant cette période historique : collabo, gestapiste, résistant, fonctionnaire désobéîssant, sergent pied noir... Comme quoi, on n'est pas forcément catalogué sur la gueule!
Ajoutons que, dans cette période trouble, il n'était pas toujours facile de deviner qui était qui.
Apprendre quelque chose, c'est toujours positif. Mais repenser à ce que l'on a fait jusqu'alors, dans l'ignorance de ce qu'on vient d'apprendre...
Prenons un exemple! En tournant, ce matin, des scènes relativement burlesques du pilote, j'ai enfin compris que je pouvais éviter de tendre les muscles de ma mâchoire. Oui, je sais, ça a l'air dérisoire et pourtant...
Jusqu'alors, dès que je m'engageais sur la voie du burlesque, je me façonnais une espèce de masque, le bas du visage tendu à la fois vers le bas et sur les côtés (un peu comme Chirac quand il fait croire qu'il pense), comme si les muscles en jeu agissaient sur tout le reste du corps et voulaient signifier en prime : "attention, ça va être drôle!". Souvent, les enfants, dès qu'ils veulent faire les "rigolos", se croient obligés de loucher. Moi, je titille le maxillaire!
J'avais beau savoir ça depuis longtemps, je ne pouvais pas m'en empêcher : je crispais!
Allez savoir pourquoi, aujourd'hui, je suis arrivé à faire l'idiot avec ma propre tête.
Il y a bien évidemment des raisons. La première est sans doute les enseignements que j'ai tiré de "Cache-cache". La seconde est que Philippe Fernandez voulait que ce personnage soit un mélange du personnage que je jouais dans son premier film (en en faisant des tonnes) et celui, plus discret que je jouais dans les suivants. J'ai donc choisi de détendre le burlesque du premier. Et ça marche! Enfin... j'espère.
Vous me direz en voyant le film!
Mardi 16 aot 2005
Poursuite de mes deux tournages "Ostinato".Dans le film de Philippe Fernandez, je m'amuse comme un petit fou avec mon personnage de pilote mais c'est un tournage épuisant où l'ambiance de plateau est lourde de bruit, de désordre, de discussions déplacées, où la technique a tendance à imposer son dictat à la réalisation. Les seuls espaces de sérénité sont entre "action!" et "coupez !" (quand on parvient à évacuer la dose de stress accumulée pendant la mise en place).
Dans celui de Franck Guérin, je ne joue qu'un petit rôle mais l'atmosphère est toute autre : calme, concentrée, chacun allant dans le sens de la réalisation avec la plus grande discrétion et le plus grand respect de tous.
Mais, comme dirait l'autre, ce qu'on jugera, c'est ce qu'il restera à l'écran !
Normalement, vendredi, je suis en VACANCES !
Sur le tournage bordelais, dans mon appartement prêté, je me livre à la composition de musiques monstrueuses sur mon ordinateur, destinées à faire de nouvelles chansonnettes. Constatant que tout le monde faisait maintenant dans le minimaliste (guitare et voix chuchotée), je m'essaie à l'orgie d'orchestrations qui se la pèteraient, dans le pire mauvais goût. Du genre, "non seulement je ne sais pas chanter mais ma musique est pitoyable".
Le bidouillage d'aujourd'hui passe par l'ordinateur, alors pourquoi ne pas explorer cet outil en dehors des orchestrations techno-prétentieuses faussement minimalistes ou de la recherche du son imitation live le plus cheap! Aller toujours plus loin dans la recherche du décalage, aux frontières de la daubasse ! Cette expérience me prend beaucoup de temps (il faut bien évacuer !) et je ne suis pas du tout convaincu qu'elle aboutisse à autre chose qu'àdes fichiers finissant ˆ la corbeille. Tout dépendra des paroles que je collerai. Et ça ne sera pas la première fois que je fais de vaines tentatives musicales.
Dès que j'en ai mis une en boîte, je la mets sur le site !
- Tu devrais cartonner, tu ressembles à Daniel Auteuil !
- Tu trouves ?
- Si, si... les yeux... la façon de parler...
- Ah bon!
- Enfin... Auteuil, version Jean de Florette!
- ...
Le bordelais à l'humour lourd. A moins qu'il soit méchant. Ou maladroit. Il est de toute façon hautain.
Mardi 09 août 2005
Grâce à La Roche s/Yon, j'ai vu l'univers mental de Napoléon concrétisé dans la création de cette ville de garnison. LIgnes droites, perpendiculaires, tristesse, ordre, longues perspectives menant sur rien. Pourvu que Sarkosi n'accède jamais au pouvoir !
A part ça, le tournage avec Franck Guérin a été plus qu'agréable. Un Stévenin plus que sympa, une atmosphère de concentration calme.