Mode d'emploi : J'écris au jour-le-jour, à la première personne, depuis 2004, pour témoigner d'une vie d'acteur sur le long terme, m'obliger à ne pas oublier, le parcours, l'écriture, tisser un
lien avec des lecteurs grâce aux commentaires. C'est imparfait, parfois inutile, souvent à côté. On verra bien.
Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal.
Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Samedi 28 juin 2008
Ce matin, je suis allé faire le sourcier dans l’Oise. L’occasion de découvrir Pierrefonds et son château et de faire une balade en forêt de Compiègne.
Les gens chez qui j’étais, étaient de jeunes retraités fort sympathiques. On a commencé par un café, j’ai ensuite trouvé une veine d’eau très peu profonde et ça s’est terminé chez les voisins par
un cours de baguettes.
Entre temps, histoire de ne pas chômer, j’ai fait une nouvelles musique peut-être destinée au documentaire de Mathilde. Vous la trouverez surhttp://www.blancan.com, dans le lecteur vous cliquez sur « Sylvie ».
Le jeu, pour ceux qui veulent s’y prêter, c’est d’écrire un petit texte sur Sylvie, d’après ce que vous inspire la musique.
Vendredi 27 juin 2008
Vous souvenez-vous de ce tournage de Cendres, court-métrage de nuit, au mois de janvier, dans le tumulte de mon hyper activité. Je me demandais presque comment j’avais pu accepter de travailler
ainsi, me questionnant sur la motivation de continuer à faire du court dans de telles conditions.
Hé bien, j’ai eu la réponse hier quand Paul Costes (le réalisateur) m’a remis de DVD du film terminé. Cendres est tout simplement remarquable. Ça fait vraiment du bien de voir un film qui ose le
cinéma. Et quand en plus vous réalisez que le chauffeur de taxi, c’est vous, vous n’avez qu’une envie : remercier le réalisateur de vous avoir donné l’espace d’un vrai rôle, d'avoir su vous voler
des moments de votre vie, de les avoir sublimés.
L’histoire est simplissime mais pleine de mystère. Tout est en creux et en évocations discrètes et sensibles. Bref, du cinéma, du vrai et un rôle, un vrai.
Il me tarde de passer le DVD au réalisateur de Suerte. Car c’est sûr, le personnage a quelque chose à voir. L’univers aussi.
Jeudi 26 juin 2008
Aujourd’hui, mon fils aîné a 21 ans. Hé bé…
Tournage très agréable, hier, pour Partir, de Catherine Corsini. On dit de Sergi Lopez qu’il est incroyablement simple, chaleureux et sympa. Tu parles ! C’est pire que ça ! Un exemple qui est
rarement suivi, hélas…
Artistiquement, ma partition est assez limitée mais très plaisante à jouer sous une telle direction (CC), en compagnie d’un tel monsieur (SL).
L’été à Nîmes, c’est pire que tout. Écrasés, nous étions ! Vivement l’hiver de la Nouvelle Calédonie !
Pour Bérégovoy, ça ne va pas le faire. Je devais éventuellement jouer son chauffeur. Ça va me laisser un brin de respiration, tiens.
Mardi 24 juin 2008
C’est dans l’enveloppe ! Retour aux sources est bouclé et part lundi pour le CNC. Évidemment, ça ne veut pas dire que ça sera accepté mais c’est la vraie naissance du projet et son début de
concrétisation.
Depuis que j’ai créé mon site de sourcier, j’ai des demandes dans le domaine. Samedi, je vais dans l’Oise pour repérer un point de forage pour un puits.
Ce soir, départ pour Nîmes et mon premier jour de tournage dans la peau de Rémi, un patron de petite entreprise BTP.
Lundi 23 juin 2008
Samedi, repas de famille dans les Pyrénées. Une de mes tantes m’a préféré dans les Insoumis que dans Indigènes. Bon… Coup de fil de l’assistante de Catherine Corsini : tu ne tournes plus le 3
juillet mais le 27. Ça marche ? D’accord !
Dimanche, la route est longue pour Paris. Nouveau coup de fil. Heu… finalement, c’est plus le 27 mais le 25 ! Alors là, c’est plus gênant car j’ai une post synchro et une lecture. Mais bon, si on
n’a pas le choix…
Coup de fil ce matin. Salut, le rendez-vous pour demain pour le docu, ça marche plus. Tu peux cet aprem ? Oui, oui !
Pas facile d’avoir une vision à court terme. Alors à long…
Jeudi 19 juin 2008
Un film de Bouchareb, même fauché, ça reste un film de Bouchareb ! Je suis allé y faire un clin d’œil, une apparition comme Roschdy Zem et Sami Bouajila.
L’histoire est d’une grande pudeur, toute simple, très sensible.
On lui demande de faire un film sur les attentats de Londres, il choisit de faire se rencontrer un père Français et une mère Anglaise dont les enfants sont portés disparus. Et quel casting pour ces
deux-là ! : Sotigui Kouyaté (Little Sénégal, Peter Brook…) et Brenda Blethyn (Secrets et mensonges).
Je n’ai pas vu grand chose mais, sur ce que j’ai lu et les quelques images aperçues, ça s’annonce mieux que bien.
Allez, demain je reprends la route pour trois petits jours dans mon Sud-Ouest.
Jeudi 19 juin 2008
Arrivé hier soir à Cavaillon. La fille de la régie qui me transporte d’Avignon à mon hôtel n’a pas vu Indigènes mais tout Mystère. Ah, Castanéda… !
Comme j’ai pris un forfait Internet deux heures, à l’hôtel, je ne me coucherai pas avant de l’avoir épuisé (c’est pourquoi je fais l’article maintenant et que je raconte quelques platitudes de
remplissage).
Au Mercure, personne de mes connaissances. Je me retrouve à manger avec deux acteurs anglais qui ne parlent pas un mot de français. Et quand tu as eu Madame Maumont comme prof d’anglais, tu as du
mal à suivre une conversation. Beaucoup de mal.
N’étant pas du tout gaffeur, j’ai dit au mec qu’il ressemblait à Stan Laurel. Il a ri (jaune ?), me disant que c’était la première fois qu’on lui disait ça. D’habitude on lui disait qu’il
ressemblait plutôt à Robert Mitchum. À bien y regarder, il n’avait pas tout à fait tort. En même temps, le petit côté Laurel… Sinon, j’ai beaucoup ri à des choses que je ne comprenais pas. Juste
par politesse.
Dans la série des mots bien sentis, comme j’étais le seul à fumer, mon collègue d’outre-manche m’a raconté qu’il s’est arrêté après le tsunami. Il était là-bas quand c’est arrivé et s’est dit, au
retour que s’il avait survécu à ça, il était dommage de vouloir continuer à mourir doucement sous l’effet du tabac. Je lui ai dit, sous forme de french humour que j’attendrai le prochain tsunami
pour arrêter. Il a esquissé un sourire mais je me suis rendu compte qu’il était en train de raconter ce qu’il avait vécu. Et j’ai compris que ma blague tombait à l'eau...
Il a raconté être descendu sur la plage pour aider un bateau taxi à se désensabler, la mer qui se retire curieusement et puis au loin, cette vague haute et droite comme un immeuble. Il a couru,
couru, a été rattrapé, emporté, remué en tous sens comme du linge dans une machine à laver, l’eau lui rentrant par le nez, les oreilles, un frigo lui passant à côté, suivi d’un sofa et puis tous
ceux qui, ayant survécu au monstre son emportés dans le retour. Là, j’ai tout compris. Mais je n’ai pas pu rembobiner pour effacer ma vanne.
Mardi 17 juin 2008
Hier, j’ai appelé Claude-Michel R. pour avoir des nouvelles des Insoumis. Visiblement, le premier jour (celui qui scelle l’avenir d’un film) n’a pas été fameux. En tout cas, bien en deçà des
espérances du producteur. Demain il saura ce qu’il adviendra quant au maintien dans les différentes salles.
Les tournages sont en train de se caler. Je pars demain pour London River. Petite escapade d’un jour aux alentours d’Avignon.
Parmi les scénarios lus hier, j’ai lu un super court-métrage. Mais en même temps, mon agent m’apprenait que j’étais sollicité pour un autre film pour août/septembre. Ce qui porterait à huit le
nombre de films ou téléfilms d’ici à fin de l’année. On va finir par en avoir marre de voir ma tête !
Pour ne pas perdre la main et préparer ma lointaine reconversion, je vais faire une intervention sourcière demain matin dans les Yvelines.
Lundi 16 juin 2008
La météo décidera de mon jour de tournage sur London River (le téléfilm de Rachid B). C’était le 17. Maintenant, c’est peut-être le 19. Peut-être le 18. Faut voir.
Mal dormi cette nuit. Pourtant, j’ai 5 scénars à lire. Pas uniquement du nouveau mais des nouvelles versions. Je sens que je vais piquer du nez.
Samedi 14 juin 2008
Ce matin, j’étais à la projection de « Voyages aux Pyrénées ». Beaucoup ri pendant ce film très malin. Darroussin et Azéma s’en donnent à cœur joie. C’est communicatif. Les Pyrénées filmées comme
je ne les avaient jamais vues. Un vrai moment de cinéma. Cinéma des frangins qui font une bonne blague.
Si vous n’y allez que pour m’y voir, vous serez déçu. Micro présence. Mais vous avez 1000 autres bonnes raisons d’y aller. Je dirai quand ça sort, évidemment.