Mode d'emploi : J'écris au jour-le-jour, à la première personne, depuis 2004, pour témoigner d'une vie d'acteur sur le long terme, m'obliger à ne pas oublier, le parcours, l'écriture, tisser un
lien avec des lecteurs grâce aux commentaires. C'est imparfait, parfois inutile, souvent à côté. On verra bien.
Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal.
Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Dimanche 29 avril 2007 Nous n’étions que deux acteurs à la fête de fin de tournage. Ça fait mauvais genre… J’ai terminé cette partie de tournage un peu frustré de n’avoir pas trouvé le meilleur de Wazemme. Mais les vraies scènes de jeu vont se tourner à Paris, dès jeudi.
À peine rentré, j’ai retrouvé les copains parisiens. On finit par délaisser ses amis à force d’être par monts et par vaux.
Demain matin, je retourne dans le Sud-Ouest, histoire de voir un peu mes grands. Je garde l’administratif pour plus tard. En tout cas, je ne bouge plus de Paris pendant un mois !
Tiens, le 7 mai, le plombier vient changer la baignoire. Pendant ce temps, le même jour, le CNC va décider d’attribuer ou non une aide à « Kill boule ».
Vendredi 27 avril 2007 Grosse journée de tournage hier. Je ne sais trop que dire. J’avais en particulier une séquence que j’appréhendais. Une scène de bagarre. J’ai mis deux genouillères et tout s’est bien passé. J’avais face à moi une bête de 110 kilos. Pauvre Wazemme !
Aujourd’hui, je démarre la journée et je la termine. Entre temps, je vais avoir pas mal d’attente. Ce soir, fête de fin te tournage de la partie Martigues. Le film se terminera en banlieue parisienne, en studio.
Mercredi 25 avril 2007 Journée de tournage très courte pour moi. Un plan, trois prises. Ça ne sera pas le cas demain !
Arrivé à l’hôtel, mon oreille de sourcier a immédiatement été attirée par un bruit de chasse d’eau dans la salle de bain. Une fuite ! Direction la réception. On va régler ça de suite.
Me désintéressant des histoires plombières, je suis allé boire un cidre à la terrasse d’un pub de Martigues. La soirée est douce, presque estivale. Samy Bouajila vient troubler sympathiquement le calme ambiant. Il me reproche téléphoniquement de ne pas faire le court-métrage de Rachid. Je peux pas. Je suis en tournage. Mais on se retrouvera tous, c’est sûr.
De retour dans ma chambre (dont la chasse a été réparée) Ségolène parle à Arlette Chabot avec conviction. Elle est beaucoup plus crédible que dans ses discours robotisés. On va devoir choisir entre papa et maman !
Mardi 24 avril 2007 Concernant la plomberie, j’ai passé un coup de fil à un service d’assistance pour dépannage urgent. N’ayant pas de nouvelle dans l’après-midi, j’ai rappelé. On a enregistré ma demande en me disant qu’un technicien allait venir. Mais tout s’est passé comme si ma demande du matin n’avait pas été enregistrée. Pour finir de me rassurer, l’opérateur m’a dit que le plombier m’appellerait quand il arriverait chez moi, me précisant que, comme ça, au moins, je serai prévenu. Ils nous prennent vraiment pour des cons ! Sans doute le sommes-nous…
En attendant, j’ai fait le vitrier. Les pompiers avaient laissé le verre explosé tel quel dans l’appart comme preuve de leur passage. Maintenant, je sais pourquoi je fais toujours le ménage avant de partir : n’importe qui peut débouler en votre absence.
Vous vous souvenez qu’à peine Indigènes sorti, je partais pour un court-métrage à Martigues (déjà). Tel père telle fille (c’est le titre) est sélectionné à Cannes dans la Quinzaine des réalisateurs. Et de deux ! Salomé Stévenin joue la fille, je joue le père et Sylvie Baillot réalise. On attend encore une réponse pour un autre film. J’en parlerai le moment venu, évidemment.
Suite plomberie Il est venu ! Le seul truc, c’est qu’il n’a pas réparé non plus. C’est juste un joint difficile d’accès. Il a fait un devis de 1.734,40 euros (sans changement de baignoire). Bizarrement, j’ai refusé. Si j’avais le temps, je le ferai pour quarante. Mais je ne l’ai pas. Je vais donc penser à refermer l’arrivée d’eau avant de partir et attendre ceux qui doivent venir le 7 mai pour trois fois moins cher (ce qui est déjà énorme mais avec une baignoire neuve !).
Pour remercier ce sympathique plombier d'avoir passé un quart d'heure à faire le devis, j'ai dû faire un chèque de 75 euros (déplacement et une heure de main d'oeuvre facturée automatiquement, même si le plombier n'a fait que regarder). Je lui ai néanmoins rappelé que la petite carte publicitaire de son entreprise annonçait un devis gratuit "même si travaux non acceptés". Il m'a répondu que ça n'était valable que pour les gros travaux. Je lui répondais illico que 1.700 euros, ça n'était pas du bricolage. Oh, vous savez, c'est rien. On peut faire des chantiers à 20.000! C'est vrai que, vu sous cet angle...
A peine parti, le patron appelait : mon ouvrier est venu ? Oui, oui et je refuse le devis. Pourquoi ? J'en ai un autre trois fois moins cher. Combien? 600. Bon... Et à ce prix, je me demande si je ne vais pas le faire tout seul (j'ai menti). D'accord, au revoir, Monsieur! Au revoir.
Vous noterez au passage la stratégie de base des plombiers. L'ouvrier vous fait un devis disproportionné et le patron vous rappelle derrière pour vous faire une fleur (un rabais de 25% par exemple qui le laisse encore très à l'abri de l'honnêteté).
La morale de cette histoire est que je peux payer pour trouver matière à alimenter le blog.
Mardi 24 avril 2007 Longue journée de tournage, fatigante mais sous le soleil, avec des gens toujours aussi sympas. Très gros travail de maquillage et de costumes. Vous verrez la gueule du commissariat après l’assaut !
Pour continuer le feuilleton de la plomberie, message vers 20h30. Nouveau dégât des eaux constaté à cause de ma fuite. Les pompiers ont dû intervenir et casser un carreau de la cuisine. Comme je ne tourne pas aujourd’hui, je fais le voyage à Paris ce matin et reviendrai à Martigues demain. Le temps de voir la voisine, constater les dégâts, réparer la vitre, appeler l’assurance, faire une lessive. Peut-être m’offrirai-je un dîner avec amis…
Lundi 23 avril 2007 Le premier tour, c’est fait (très minoritaire, j’étais en balade dans le Lubéron). Pas de surprise, finalement. Le deuxième tour sera pour le moins difficile. Et cette fois-ci, je vote !
Aujourd’hui, on tourne la fin du film (qui est loin d’être la fin du tournage). Sales, blessés, vêtements déchirés.
Samedi 21 avril 2007 Hier, j’ai débauché à 8h20. Oui, oui, du matin ! On n’avait qu’un plan séquence en bord de mer, au lever du soleil. La journée fut marseillaise.
Aujourd’hui, changement de décor : on va passer l’après-midi dans une décharge. Mon personnage, fidèle lieutenant, se rebelle.
Je ne sais si la pratique des baguettes de sourcier et du pendule développe un certain magnétisme mais la carte d’accès de ma chambre ne fonctionne plus avec moi. Il faut que je demande à une tierce personne d’ouvrir pour moi (la carte fonctionne avec les autres). Tiens, ça me donne une idée…
Jeudi 19 avril 2007 (soir) La nouvelle du jour (et elle est de taille !), c’est que je serai sur les écrans de la compétition officielle de Cannes 2007. Si, si. Bon, d’accord, pour un court-métrage. Celui d’Olivier Hémon avec la grande Ester Gorintin et ma pomme. Résistance aux tremblements. Cinquième année de présence ! Pourquoi faire la moue, j’en suis fier.
Journée de tournage à Martigues. Mon genou a très bien supporté le footing. C’était la première fois que je courais depuis l’incident. S’en est suivi une petite scène de jeu avec Guilaine Londez avec qui on est potes dans la vraie vie. Équipe sympa, il fait beau, on travaille bien. Tout va pour le mieux.
Pour la politique… heu… comment dire… je tourne samedi et donc… heu… je rentre pas… donc… heu… hé bé, pour la première fois, je ne vais pas voter à une élection présidentielle. Même pas de culpabilité. C’est comme ça, je peux pas. Et puis j’aurais déposé mon bulletin avec si peu de motivation. Promis, je vote au deuxième tour. Mais non, arrêtez, il n’y aura pas Lepen ! ça va les pleureuses qui allez faire la leçon!!! C’est qui qui avait voté Jospin au premier tour de 2002 ? Mézigue et quelques cocus de ma veine. Alors, pouet-pouet !
Mercredi 18 avril 2007 Le plombier devait venir demain. Je l’avais repoussé pour cause de tournage décalé. Hé bien, ça recommence. Je dois repartir pour Martigues tout à l’heure. Une grève paralyse le décor dans lequel ils devaient tourner demain. Du coup, on inverse la journée avec celle de samedi. Footing ! Non, pas dans la vie. Dans le film ! Comme Sarko. Heureusement, le genou est réparé.
La journée sera courte et va s’achever par un voyage en train. Le train train. Mais dites-moi, si je ne tourne pas samedi, je vais rentrer ce week-end, moi. Et voter moi-même ! L’idée d’une procuration ne me plaisait pas. Je ne suis pas suffisamment décidé pour dire aujourd’hui pour qui je vais voter. Et ça restera secret ! Mmmmm, l’isoloir... Aux uns, je dirai que j’ai voté machine, aux autres, machin ou machin chose. Désolé les UMP et les FN, j’ai rien pour vous !