Allez, du César à chaud !
Dimanche 25 février 2007
J’avais oublié mes godasses avec le décor d’Enfin Disponible. Obligé de m’en acheter dans la boutique en bas de chez moi (vraiment pas cher), quelques minutes avant le départ. Arrivée au Châtelet entièrement non fumeur. Avant la cérémonie, on va s’en griller une près des toilettes, vite imités par d’autres. Un monsieur de la sécurité se montre compréhensif tout en faisant son boulot.
J’avais essayé, à plusieurs reprises, de préparer un mini discours rigolo au cas où Rachid remporterait le César du meilleur film et nous invite à monter sur scène. Je voulais quelque chose de court et de rigolo mais je n’arrivais à rien formuler. Je vous jure que j’ai essayé. Sur papier, même. En fait, si je n’y arrivais pas, c’est que je sais que l’immense majorité de la profession (qui vote pour les César notamment) n’a pas vu le film. Je le vérifie chaque jour. Encore ce soir. Hier, d’ailleurs, on a eu un débat à l’hôtel avec l’équipe du tournage provençal. Un des acteurs m’expliquait qu’il avait eu envie de voir le film mais qu’avec le trop de médiatisation, le consensus politique, le sentiment d’auto flagellation qui pouvait émaner du propos, il se sentait obligé d’y aller. Et donc, il n’avait plus envie.
Très français comme comportement. Très parisien (le film a beaucoup mieux marché en province). Très professionnel de la profession.
Allez expliquer ça avec un bon mot, vous ! Qui plus est pour une fête de la profession. Vous allez forcément paraître amer. Allez expliquer que vous êtes plus qu’heureux d’avoir reçu la récompense suprême pour un acteur (à part un Oscar), décernée par un jury international mais que vous ne voulez ni travailler en Chine ni aux States mais en France et que, pour ce faire, il faudrait que les professionnels français aient vu le film.
Bon mais la situation n’est pas dramatique. En avril, dès que le film sort en DVD, je l’envoie une flopée à tous les réalisateurs, quitte à les payer de ma poche !
Bref. Rien à dire. Pas le lieu en tout cas.
Au moment de me placer dans la salle, je constate que je suis au second rang, comme l’équipe mais tout au bout. A l’écart. D’autant plus que mon nom est écrit au feutre tandis que les autres sont imprimés. Le détail que l’on peut difficilement ignorer.
La cérémonie se déroule, comme vous l’avez vu, avec le résultat que vous connaissez. Normal que je n’aie rien eu à dire puisqu’il n’y avait rien à dire.
Avant la cérémonie, déçu que Bouajila ne soit pas nominé, j'attendais pour les prix d'interprétation. Finalement, ils ont tellement été bons que ça m'a fait oublier mes regrets.
Pour le scénario, on pouvait se féliciter mais pour les autres, sans vouloir tout rafler... Bref, du n'importe quoi, osons le dire!
Après, il y a eu le repas au Fouquet’s. Délicieux et sympathique. Et puis il y a eu la party. Plus tristounet. Enfin le retour à pieds sous la pluie pour une partie et enfin en taxi.
Demain matin, les copains s’envolent pour les Oscars. Indigènes n’est pas favori dans sa catégorie. Loin de là. Et puis s’il remporte un Oscar, les professionnels de la profession, les parisiens français pourront toujours dire que c’est un coup politique des américains. En attendant, il y a un film. Il aura sa seconde vie en DVD et une troisième à sa diffusion télé. Mais d’ici là, j’en aurai fait d’autres et je sens que le prochain film de Rachid sera plus difficile à avaler. Tant mieux.
Voilà ce que ça donne, les César, à chaud, vus d’un Indigène.
Désolé pour ceux qui ont suivi la cérémonie. J'espère que Valérie Lemercier vous a fait rire. Je l'ai trouvée super.