Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 17:07
Lundi 14 avril 2008
J’ai tourné le dernier plan de mon personnage la semaine dernière. Le réalisateur m’a dit ce matin que c’était très réussi. Tout à l’heure, on a tourné le premier. Très bien passé aussi. J’ai appris à jouer à l’américaine : visage immobile, seuls les yeux sont actifs. Il faut dire que j’avais pris une jolie leçon en regardant faire Willy. Réussir le début et la fin, c'est déjà ça.

Demain, cessez-le-feu jusqu’à vendredi matin. Je pars jouer Enfin Disponible à Fumel et l’avant-dernière sera jeudi à Mont-de-Marsan. C’est très plaisant de se dire qu’un spectacle arrive à sa fin. J’aurais pu le faire durer, le transformer encore et encore. Mais non. Stop.
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Dimanche 13 avril 2008 7 13 /04 /Avr /2008 12:34
Dimanche 13 avril 2008
J’adore ta façon de te foutre de la place de la caméra, quand tu joues, me dit John. C’est vrai. Enfin, en tout cas j’ai horreur de ces acteurs qui jouent le créneau à tout prix, qui s’arrangent pour que le plan se termine sur eux.

Et puis les jours passent. Le moteur avale la pellicule. Je me rends compte que John transforme peu à peu « le voyage de la veuve » en  « le voyage de John ». Au début, ça me fait rire puis je réalise que la place de mon personnage commence à en pâtir. Je ne vais quand même pas me laisser faire !

Insidieusement, je me mets à jouer moi-même le créneau, proposer des situations qui font que la caméra va s’attarder sur ma pomme, nourrir le moindre regard, à la bonne place, me laisser aller à quelque facilité cabotine. Les vieux démons reviennent toujours.

Heureusement qu’il me reste un peu de conscience égarée en dehors de l’ego. La voie est mauvaise. Je me fais la promesse de faire confiance au scénario, de jouer le moins possible, de créer le désir plutôt que de m’imposer. Il est des jeux dans lesquels il ne faut surtout pas se laisser embraquer. Heureusement, on n’est qu’à la moitié du tournage.

Vendredi, nous avons frisé l’accident de plateau. Cet imbécile de cheval s’est emballé avec la charrette, empruntant au galop un talus pour quitter le chemin et regagner un champ. John a sauté du côté où la charrette pouvait verser. Willy a su rester à sa place rênes en main. Quant à moi, je courais à côté et n’ai eu aucun mal à prendre la poudre d’escampette.

Lundi, nous sommes à l’état-major. Mardi, je joue à Fumel. Je vais avoir quelques jours de TGV…

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Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 19:12
Jeudi 10 avril 2008
Il doit y avoir un microclimat du côté de Lille. Ciel bleu et douceur printanière pour transport de caisses, tirs d’obus et balles perdues. On continue à vous faire un beau film.

Discuté avec un figurant qui travaille dans le commerce équitable avec le Sénégal. Super intéressant.

Le monsieur du car loge regrette l’époque des Jean Gabin et autres Lino. Tout s’perd, mon pauv’ami ! Je vais lui présenter Guy !

Avec un autre acteur, nous évoquions ces acteurs magnifiques qui ne sont pas embauchés parce qu’ils sont trop bons. Oui, je sais, c’est un peu compliqué, l’histoire…

Bon, c’est pas tout, je vais voir mes textes pour demain. On se fait gazer. La fumée sera jaune.
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /Avr /2008 23:25
Mercredi 9 avril 2008
Une balade en charrette dans les bois. Croisé un convoi de rescapés pas beaux à voir. Mais bon, il fait beau et le tournage est toujours aussi agréable.
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 21:56
Mardi 8 avril 2008
En terme de jeu, on ne va pas se choper des prix d’interprétation avec ce qu’on a fait aujourd’hui. Hé oui, notre petite troupe se déplace pédibus dans les tranchées jonchées de cadavres et de rats, portant de caisses pour les plus vaillants, les oubliant pour les plus escrocs (moi, par exemple).

Le temps a eu la clémence nécessaire à ce genre d’exercice. L’humeur était badine.
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 01:52
Mardi 08 avril 2008
J’avais oublié de préciser qu’il s’agissait de scènes sous la pluie… Mais je m’en suis très bien tiré. Pas comme les copains qui ont dû ramper dans la gadoue.

Aujourd’hui, on continue.

Quand on se retrouve dans ses tranchées, difficile de ne pas penser que la guerre est la chose la plus débile inventée par les hommes. Quand j’ai dit ça sur le plateau, un assistant m’a répondu que nous ne parlerions peut-être pas français (il doit connaître Michel Sardou). Je lui ai répondu que les bretons, les basques, les occitans, les africains, les antillais… ne sont peut-être pas contents de parler français. Résister, oui. Chair à canon, pour engraisser l’industrie de l’armement et les intérêts des mêmes, c’est trop con. Je suis dans mon personnage…

Bon, là, il y a débat. Intellectuellement, ça ne vaut pas un clou mais en se trimballant dans des tranchées, en uniforme, avec des explosions et tout le toin toin, ce qui ressort c'est le concret de la guerre, une impression de misère, de souffrance, de peur, de mort, et d'absurdité.
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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 11:58
Lundi 7 avril 2008
Coup de fil du réalisateur ce week-end. Il est super content des images qu’il visionne. Sans doute veut-il aussi nous encourager pour la journée de tournage qui va se terminer à minuit, dans la boue des tranchées…

Mon sergent est black et j'emmerde les profanateurs !
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Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /Avr /2008 10:56
Samedi 5 avril 2008
Tourner avec des animaux, c’est l’assurance d’une journée explosée. Avant-hier, c’est la vache qui ne voulait pas avancer. Hier, c’était le cheval. C’est pas qu’il voulait pas, lui. Plutôt qu’il voulait trop (trot) ! Et comme je devais me retrouver sur la charrette, assis sur des caisses branlantes, devant passer sous un porche à peine plus large que les essieux, j’ai commencé à avoir quelques craintes. Il faut dire que le responsable du cheval avait compris que c’était lui qui allait piloter l’attelage. Mais que nenni ! Impossible. C’est un acteur qui devait se mettre aux rênes. C’était pas prévu. Pas comme ça. Pas le bon cheval.

Quant à la charrette, elle est bien jolie mais bordée de part et d’autre de barres de bois dans lesquelles dépassent des pointes de fer de plus de 10 cm. À la moindre tentative de saut en marche… L’imagination est très douée pour produire des situations génératrices d’hémoglobine. Quand en plus l’ambiance se met à la trouille, j’imprime direct.

À la première tentative, l’acteur guide trop à droite et l’essieu vient se bloquer sur le mur du porche. Le réalisateur est loin et ne voit pas le détail de ce qui se trame. Il veut simplement que ça aille plus vite.

Heu, et si on est raccord avec la 54, mon personnage peut être au cul de la charrette, non ? Courant derrière ? Enfin, si je dis ça, c’est aussi pour des raisons de sécurité.

On l’a fait mais avec une heure dans la vue qu’on n’a pas réussi à rattraper.

Cela dit, pour l’heure, tout se passe à merveille et j’ai comme l’impression qu’on tourne un sacré film.

Mon personnage incarne la conscience collective. Il est populaire, à l’accent du sud, il a de l’humour, de la distance, une conscience politique, il brave l’autorité. Un sympa, quoi ! Et c’est très agréable. Au-delà du rôle.

Quand on joue un méchant ou un fou, sur le plateau, les gens se disent « putain, quel acteur ! ». Mais quand ça tourne plus, il demeure dans leur regard quelque chose de la violence ou de la folie que vous avez imprimé par votre jeu. Mais avec un personnage sympa, en dehors des prises c’est la proximité sympathique de votre personnage qui l’emporte. C’est assez agréable.

Un acteur qui joue un méchant va passer son temps à plaisanter et à être aimable pour qu’on admette que c’est une composition. Pour que les gens comprennent que mon mec sympa est aussi une composition, je n’ai qu’à me comporter en véritable enfoiré et il n’y aura pas de confusion !

Je déconne…


Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Jeudi 3 avril 2008 4 03 /04 /Avr /2008 23:04
Jeudi 3 avril 2008
La journée a commencé à l’envers. Vous savez, ce genre de micros événements négatifs anodins dont l’enchaînement vous rend irascible. Enfin, vous, je sais pas mais moi, oui. Aujourd’hui, en tout cas.

Ça a commencé par un jeune régisseur qui, avec vraisemblablement les meilleures raisons au monde, arrive avec un quart d’heure de retard. Je suis alors très agacé qu’il n’ait pas un mot pour s’excuser de nous avoir fait poireauter. Le temps individuel est sacré. Et j’ai pour ma part cette maladie qui fait de moi le mec qui arrive avec dix minutes d’avance. À la fois pour ne pas faire perdre son temps à celui ou celle qui m’attend et pour avoir le loisir d’occuper mon temps d’avance à la flânerie. C’est indispensable, la flânerie !

J’arrête sur le sujet que j’aborde souvent mais j’étais triplement agacé par le fait qu’il arrivait en retard, ne s’excusait pas et par mon renoncement à lui demander s’il était conscient que nous avions été trois à l’attendre, de même que le staff habillage et maquillage allait aussi subir les effets de ce retard. Bref.

Ensuite, arrivé sur place, plus le temps de boire un petit café. C’est pas sacré, le petit café ? Et là, un nouvel assistant m’interpelle en me disant « Monsieur, vous n’êtes pas encore passé au maquillage ! ». Il me prend pour un figurant. Sans déconner. J’ai rien contre les figurants mais on ne va pas m’expliquer quand il faut que j’aille me maquiller, merde !

Une fois maquillé, direction la machine à café. Enfin ! « Veuillez vider le tiroir ». C’est tout ce qu’elle trouve à me dire, la garce ! Je me retourne vers le jeune homme, grand blond à barbichette qui monte la garde de la table régie et lui montre l’indication éinscrite sur la machine qui refuse de faire quoi que ce soit tant qu’on ne lui aura pas obéi. Il s’arme de son sourire le plus candide et me répond que c’est son premier jour et qu’il ne sait pas comment ça marche. Bien. Je me livre personnellement aux quelques manipulations qui me permettent d’aboutir à l’extraction et au vidage du tiroir.

Putain, que cette journée commence mal ! Que des emmerdeurs et moi qui deviens con.

Finalement, le tournage lui-même aura été très plaisant avec de jolies scènes de jeu. J’ai même pris le temps d’initier des comédiens à la baguette de sourcier. Nous tournions dans un fort. Et nous l’étions !

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /Avr /2008 12:52
Oui, je sais, c'est pas vraiment la guerre....
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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