Mardi 26 février 2008
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Mardi 26 février 2008
C’est bien ce que je pensais. Ce mois de février est un vrai cheval de course. À peine parti qu’il approche de l’arrivée. Vu de loin, il semblait pourtant calme.
Ne pas manquer « Aux champs » le 11 mars sur France 2. C’est du beau, c’est du vrai, c’est du lourd ! C’est du drôle aussi.
Allez, un brin de politique (poléthique) au passage, dans la série portes ouvertes.
Une fois n’est pas coutume, je vais prendre la défense de Sarkozy. Non, non, c’est pas une blague !
Hier matin, sur France Inter, j’entends Hollande, dans sa voix la plus fausse et la plus pompeuse qui s’insurge contre les propos injurieux de Sarko sur un pauvre passant du salon de l’agriculture
(« casse-toi, pauvre con ! »).
Comme tout le monde, je me suis dit que le petit président élu à la majorité sans ma voix continuait à péter les plombs.
Je ne sais pas comment la télé a traité l’affaire. Je la regarde peu. Mais je viens d’aller faire un tour sur Internet. Qu’ai-je vu ? Une meute incroyable de journalistes formant montagne vivante,
hérissée de micros et caméras, rendant tout mouvement présidentiel proche de l’impossible. Pour se retrouver dans la cohue, il fallait le vouloir, être volontaire.
Mais qu’est-ce qu’il foutait là le vieux barbu aux allures d’instit à la retraite et qui ne voulait pas qu’on le touche ? Le mec qui va chez le coiffeur et qui prévient qu’on ne lui touche pas la
tête.
Et le Sarko, égal à lui-même, le sourire aux lèvres lui dit « mais casse-toi, vieux con ! », sans agressivité, juste comme un conseil de vieux copain. Pas de quoi en faire un fromage ! Quoi, il
parle mal, pour un président ? Et alors, vous le saviez quand vous avez votez pour lui, bananes !
Entre la présence incompréhensible sur ces lieux du vieux coincé de gauche, la sortie à la va comme je te pousse du petit président et la posture hautaine et décalée (comme d’hab) du mielleux
premier secrétaire, ma sympathie va immédiatement à mon ennemi.
Il est où le politique qui me représente et qui réagit au bon moment pour dénoncer avec les mots justes les choses qui méritent de l’être et fait des propositions qui me font rêver ? Pas vu. Pas
entendu.
Dernier ajout :
"Ce n'est pas parce qu'on est président de la république qu'on devient quelqu'un sur lequel on peut s'essuyer les pieds". Voilà ce qu'il a répondu au Parisien. Il ne voulait pas s'essuyer
les pieds sur lui, l'autre, il voulait juste que le président ne pose pas ses mains sur lui. Voilà que Sarko retourne encore la vérité. C'est bien ce que je pensais au départ : il a encore pété les
plombs. Un pauvre mec ivre de pouvoir. Ouf. Tout est en ordre!
Par Bernard Blancan
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Lundi 25 février 2008
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Lundi 25 février 2008
Souvent, on passe de longues périodes sans travailler et soudain, trois projets tombent au même moment, vous obligeant à renoncer au moins à l’un d’entre eux. On appelle ça de la malchance.
Pourtant, on peut reconnaître une série d’éléments objectifs qui entrent en jeu : il y a des périodes de l’année où il y a une concentration de tournages, un élément peut faire que plusieurs
personnes pensent au même acteur au même moment (une diffusion, une actualité). Donc, au bout du compte, ce n’est pas vraiment de la malchance. Juste un concours de circonstances.
En revanche, il y a des périodes de chance. Celle que je vis en ce moment. Plusieurs projets semblaient tomber en même temps et puis, tel tournage se repousse de 15 jours, tel autre de 2 mois et au
bout du compte voilà deux ou trois films dans lesquels je n’aurais pas pu tourner et qui vont finalement s’enchaîner parfaitement. Ce qui fait dire à mon agent : « tu as le cul bordé de nouilles !
» (oui, je sais, elle n’hésite pas à laisser parfois aller son vocabulaire).
Vous allez me rétorquer que j’ai dû annuler mon spectacle pour le tournage d’avril. Mais au fond, ça me va très bien. Dans Enfin disponible, je commence le spectacle en smoking, la palme à la main.
Cette image avait tout son sens au moment de la création du spectacle. Aujourd’hui, je la trouve déplacée. Pas de regret. J’en ferai un autre !
Par Bernard Blancan
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Samedi 23 février 2008
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18:44
Samedi 23 février 2008
Ça sera bref. Mon bonheur du jour c’est le César à Sami Bouajila ! J’étais fier comme si ça m’était
arrivé.
Par Bernard Blancan
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Jeudi 21 février 2008
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15:40
Jeudi 21 février 2008
Plouf ! Voilà ce que ça fait quand tout ce qui est sur le gaz est réglé. Vraie journée de glande.
Je vais en profiter pour répondre à la demande de Guy : pourquoi 33 copies films pour Achab et 300 pour d’autres?
Nous sommes dans l’étape du cinéma qui s’appelle la distribution. Quelques producteurs sont aussi distributeurs mais ils sont très rares. Le plus souvent, on fait appel à des sociétés spécialisées
dont le nom apparaît en prégénérique.
Ces sociétés de distributions interviennent d’ailleurs en amont, en finançant une partie du film. Il va de soit que ce sont donc les premières à se servir quand le film sort en salle :
remboursement de l’argent engagé et de tous les frais (qui sont énormes) engendrés par la sortie (copies des films, frais de représentation et de promotion…).
Pour le distributeur, c’est un peu comme la bourse ou le casino. On va miser plus ou moins gros, prendre plus ou moins de risques. Dès le scénario, il a une idée du nombre de copies qui vont être
tirées et de la stratégie de distribution.
Pour affiner le tir, dès que le film est terminé (ou parfois avant) on va servir une bande annonce à une réunion géante qui rassemble l’ensemble des exploitants (ceux qui gèrent les salles) afin de
les tester et de mesurer l’intérêt que présente le film.
L’exploitant, lui gère une salle, six ou un groupe de cinémas. Il en fait la programmation. Son intérêt à lui est juste de rembourser la location des copies, rémunérer son personnel et gagner de
l’argent. Certains sont des cinéphiles qui s’engagent au-delà mais pour l’essentiel, le soucis est de savoir ce que le film va rapporter. Ainsi, il va décider à l’avance dans combien de salles il
va le servir. Et puis, dès la sortie, il va jongler avec les jauges : le déplacer dans une salle de taille différente, commander un copie supplémentaire, voire le retirer dès la première semaine
d’exploitation si la fréquentation n’est pas suffisante.
Néanmoins, certains exploitants ont le label « Art et essais », ce qui leur permet d’obtenir des aides de l’État pour maintenir certains petits films un petit peu plus longtemps. Et puis, il suffit
d’un gros carton commercial pour supporter la faible fréquentation des petits films.
Un distributeur de film d’auteur prend rarement le risque d’une sortie énorme. Risque financier trop lourd et l’assurance qu’il ne sera pas suivi par les exploitants. Et puis il y a parfois de
bonnes surprises. Petite sortie, la sauce qui prend vite, on augmente les copies. Ou encore un film sorti qui se voit récompensé aux Césars et c’est une deuxième vie qui commence.
Voilà grossièrement résumé le fonctionnement de la distribution qui induit le discours ambiant : il y a trop de films qui sortent et ils ne restent pas suffisamment à l’affiche.
Vous l’aurez compris, tout ça est une question de pognon !
Bon, pour revenir à des considérations plus directement professionnelles, je viens de recevoir le scénario du film dans lequel j’avais cru être trop jeune. Hé hé hé, j’en vois qui gloussent déjà
!
Par Bernard Blancan
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Mercredi 20 février 2008
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13:37
Mercredi 20 février 2008
« Envoyer ! » C’est parti. La version 2 de mon projet de documentaire est dans la boîte mail de mes producteurs ! Attendre.
Je suis très content de cette version qui répond pour l’essentiel à toutes les questions de forme et de contenu que nous avions posées à partir de la première version. A priori, on n’est pas loin
d’envoyer tout ça aux commissions concernées (CNC, Régions, etc…).
J’ai mis un temps fou à me remettre au clavier et, il y a deux jours encore, j’étais à deux doigts d’abandonner tant je n’arrivais pas à être sûr de l’intérêt que pouvait présenter le projet dans
sa version première.
Il reposait sur une idée très séduisante mais justement… les meilleures idées ne font pas les meilleurs films. Elles se suffisent souvent et supportent mal une réalisation.
Pour être plus précis (mais je ne veux pas l’être vraiment ici, pour l’instant), il s’agissait en fait du mariage de deux idées. Ces deux idées s’imbriquant et en formant une troisième.
Intellectuellement très excitante ! Mais le cinéma, c’est plus les tripes que le cérébral. Tout ça, c’est beau dans un pitch (résumé), à raconter dans les salons mais dès qu’on se pose des
questions de réalisation, ça ne marche plus.
La solution a été simple : Travailler sur la principale (les sources) et laisser la seconde trouver sa place par touches homéopathiques. L’art du sous texte, du non-dit, du hors champ qui finit par
s’imposer de lui-même et prendre une place qui n’est a priori pas visible. Tout était là. Il suffisait de choisir et d’assumer les choix.
Bref, vous ne savez pas vraiment pourquoi ni de quoi je parle mais je suis content.
Hier soir, je recevais un texto de Camille m’indiquant que la dernière musique fonctionnait très bien.
Me voici donc orphelin de travail à la maison ! Ce serait mal me connaître que d’imaginer que je vais en profiter pour glander… Et si je bossais sur le projet d’un tour de chant ? Non, je déconne.
Enfin, pas tout de suite, le tour de chant.
Par Bernard Blancan
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Mardi 19 février 2008
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20:56
Mardi 19 février 2008
Je vais sans doute avoir le temps de boire un café. Je suis parti à pieds pour aller faire les voix off de Camille. On annonce de la pluie pour demain. Allo ? Un étudiant de la Fémis m’appelle pour
me proposer de tourner 6 jours dans son prochain court métrage. Hélas, c’est la semaine prochaine. Pas dispo.
Je continue de profiter du soleil. En marchant, je repense au dossier de documentaire dont je viens de boucler la deuxième version. Allo ? Je tiens vraiment à ce que ce soit vous. Si vous voulez,
on peut organiser le plan de travail pour que votre rôle ne soir présent que trois jours ! Désolé. Je l’airai su 10 jours plus tôt, j’aurais pu m’organiser mais là… les enfants qui débarquent à
Paris… Pas possible. Une prochaine fois, qui sait ! Bon tournage !
Comment il se la pète, l’autre !!!! Je veux dire, moi.
Par Bernard Blancan
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Lundi 18 février 2008
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Lundi 18 février 2008
Ce matin, nous avons enregistré des voix off pour Cendres. Demain, nous le ferons pour Dos à Dos. La vie des films continue après le tournage.
Capitaine Achab rencontre son public, au-delà des espérances du distributeur. Bonne nouvelle !
Je viens de terminer un petit bidouillage sur une des musiques de Dos à Dos. La dernière version était trop chargée et comme le mieux est l’ennemi du bien…
J’m’en va me met au soleil, tiens !
Par Bernard Blancan
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Samedi 16 février 2008
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20:35
Samedi 16 février 2008
Cet après-midi, j’étais à un débat Capitaine Achab au forum de la FNAC. Les spectateurs n’avaient pas vu le film !
Par Bernard Blancan
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Vendredi 15 février 2008
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Vendredi 15 février 2008
J’étais à l’heure au rendez-vous. J’ai patienté dans la salle d’attente. De là, j’entendais la comédienne qui va jouer celle qui pourrait être la femme de mon personnage. Ça se passe bien pour
elle. Le réalisateur lui laisse le scénario. C’est à moi !
Il me parle du personnage, du film, du fait que je suis jeune pour le rôle mais que ça n’est pas grave. Il parle encore. Soudain, entre deux phrases, je sens son regard qui se perd, ses mots qui se
cherchent et je sais qu’à cet instant, c’est mort. Il est en train de penser « non, décidément, il fait trop jeune ». En me saluant, il ne me laissera pas de scénario.
Ça tient à rien, ces trucs-là !
Par Bernard Blancan
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Jeudi 14 février 2008
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Jeudi 14 février 2008
Ce matin, je remets le CD définitif de la musique de son film à Camille. Très bon exercice de domptage d’ego car les morceaux qui figureront dans le film ne sont pas les meilleurs.
Dans un film, il y a la musique qui vient de l’image (un poste de radio, un musicien filmé). Je me souviens de ce guitariste que Manoel de Oliveira filme pendant tout un morceau dans La Cassette ou
encore Caetano Veloso et sa Paloma Blanca. Et puis, il y a celle qui vient d’on ne sait où souligner artificiellement une situation. Quand on est formé à la Fémis, par exemple, on apprend à se
défaire de cet artifice pour laisser vivre les plans et le spectateur.
Certains films, comme Into The Wild, peuvent se permettre d’en faire des caisses : personnage souvent seul dans de grands espaces. La musique illustre sa vie intérieure. Mais dans le film de
Camille, les deux personnages sont le plus souvent ensemble à l’écran. Dans ce cas, la musique serait un commentaire appuyé du réalisateur (donc du spectateur) sur la situation que vivent ces deux
personnages. C’est souvent ce qui se passe quand on veut embarquer de force le spectateur dans une émotion. On peut, en effet, juger l’effet facile. La musique s'avère une parfaite béquille pour
une image faible.
Pour ma part, comme c’est la première fois que je me livrais à cet exercice, je l’ai fait avec une certaine naïveté, me laissant aller aux sentiments éprouvés par l’un ou l’autre des personnages
(j’étais bien placé puisque je jouais l’un d’eux).
Au final, mes deux morceaux préférés n’auront pas leur place. Normal.
C’est encore plus radical pour le musicien que les effets du montage, quand tu es acteur, et que tu vois une bonne scène disparaître.
Demain, je rencontre un réalisateur pour un tournage en mai. Je n’en sais pas davantage.
Par Bernard Blancan
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