Samedi 27 mai 2006
Mercredi 24 mai 2006
Ding dong. J’ouvre. Un monsieur en costard et pochette m’annonce que ma voiture est arrivée. Le pauvre est tout essoufflé : il n’avait pas mon téléphone et a dû monter les cinq étages. Je suis un peu gêné par rapport à mes voisins commerçants de m’engouffrer à l’arrière de cette grosse voiture. Ils ne doivent pas comprendre.
Sur le chemin de l’aéroport, on récupère Sami Bouajila. Il est habillé super class. Oh putain, pas moi ! Retrouvailles excitées. Vol avec mes Indigènes. Il est bien clair que je suis le moins bien fringué. J’ai fait le choix de réserver mes efforts vestimentaires pour la montée des marches et les éventuelles fêtes.
A peine atterris, nous sommes pris en charge par notre super attaché de presse et son staff (assistantes et maquilleuses). Même pas le temps de passer poser nos bagages au Martinez ! Première séance de photos. Pas mal de séries des quatre (sans moi) et un portrait de ma pomme. Je trouve ça normal car ce film, c’est d’abord leur histoire!
Seconde séance photo au Martinez. Je m’en tire avec un ou deux portraits. Pendant que mes partenaires achèvent une série plus longue, j’en profite pour prendre possession de ma chambre. Ils ne se sont pas foutus de moi!
A vingt heures trente, petite réunion de l’équipe, comme nous le faisions pendant le tournage (les cinq et Rachid). Cette fois, c’est un historien qui vient mettre les pendules à l’heure. Il s’agit de ne pas dire n’importe quoi d’un point de vue historique. C’est vrai qu’à un moment, je n’étais pas loin d’imaginer que la France avait été libérée par les Arabes ! Evidemment qu’il ne s’agit pas de cela mais il est utile de préciser l’importance de leur implication sans en faire, ni des victimes, ni des héros ! Tout juste convient-il, comme le fait le film, de rappeler qu’ils ont été nombreux et un jouer un rôle très important dans cette libération. L’Histoire les avait juste oubliés. Etrangement… Cette séance de travail a été très émouvante et aurait mérité d’être filmée. Premier moment très fort.
La soirée se termine par un repas d’équipe très tardif. Pas de fête. Demain, on enchaîne les conférences de presse avant la montée du soir ! Dois-je préciser que le sommeil n’a pas été de la meilleure qualité ? D’autant que j’ai constaté que j’avais oublié chemise et nœud pap à Paris!
Jeudi 25 mai, jour de l’Ascension…
A la première heure, direction de Palais pour le photo call. Je ne savais pas de quoi il s’agissait. Quand je me suis retrouvé face au véritable mur d’une centaine de photographes, avec dans le dos une bonne cinquantaine de leurs confrères, j’ai compris. Je participe à toute une série de photos, tourné un coup vers le mur, un coup vers la murette. Ça hurle. On se croirait à la bourse. Par là ! Par là ! Jamel ! Samy ! Roschdy! Je vois bien que les gros objectifs me visent peu. Normal. En tout cas, moi qui est horreur des photos, en quelques secondes, je n’ai plus peur du tout. Un sacré dépucelage!
« Alors, la projo de presse, ça a donné quoi ? » Il semblerait que ce soit très bon ! Premiers textos plus qu’encourageants à notre super attaché de presse.
Dans la foulée, on nous conduit dans la grande salle de conférence de presse. On est, à cet instant, tous gonflés de premières rumeurs. Je pense que je ne serai pas à la table. Mais si, j’y suis, il y a mon nom à une place ! Même pas le temps d’avoir peur. Les premières questions concernent évidemment Rachid, puis Jamel. Je ne sais plus si l’une d’entres elles m’était adressée mais je n’ai pas hésité à intervenir quand je le jugeais utile. Ma dernière intervention un brin démago a été grosso modo « En tant que minorité ethnique et seul acteur inconnu, j’avoue que j’ai été traité sur un pied d’égalité, bénéficiant des même avantages. En plus, ils ne m’ont rien volé. Ils m’ont tout donné ! » Applaudissements. Second dépucelage réussi.
Je pense que c’est à l’issue de cet exercice que nous avons tous quitté nos angoisses pour trouver un état étrange, une sorte de sérénité, l’impression d’une force protectrice. Nous sommes encore plus soudés que pendant le tournage. Convaincus de la justesse de notre propos et de sa nécessité. Après l’égalité, la fraternité!
Nous passerons l’après-midi sur une de ces plages privées de la croisette, passant d’une table à l’autre, répondant aux questions des journalistes de la presse écrite, radio et télé. Même si je ne suis pas de toutes, je suis beaucoup plus associé que je ne l’imaginais. Souvent se sont Rachid ou le super attaché de presse (Hassan ou François, selon) qui me jettent dans le groupe. J’ai toujours tendance à rester en retrait. Je trouve tellement forte et évidente la démarche de ce film avec ce casting beur ! Mais bon, on m’y associe et j’en suis très fier.
On a un petit créneau entre la presse et la montée. Juste le temps pour moi de rectifier mon oubli. Comme la boutique la plus proche du Martinez est Hugo Boss, tant pis pour le portefeuille, je m’équipe d’une belle chemise et d’un magnifique nœud pap ! Un jour comme ça mérite qu’on s’y donne à fond!
Une fois empingouinné, petit cocktail au Majestic puis on prend place dans le cortège des voitures. L’ambiance est fiévreuse mais elle ne parvient pas à atteindre notre sérénité. Enfin, sérénité… on voit bien que les larmes sont prêtes à jaillir à chaque instant, et les mots sont prompts à faire naître la chair de poule. Plutôt que de sérénité, il vaudrait mieux parler de bonheur.
Montée très émouvante en compagnie des vétérans, goumiers et tirailleurs survivants. Même pas peur! On n’est pas là pour rien et on en est très fiers. Tous.
Le film déroule ses images. Mon voisin tirailleur chante « c’est nous les africains » en même temps que les personnages et je peux entendre les prières qu’il dit en même temps que Saïd ou Abdelkader. Tout ça sonne juste. Je suis totalement pris par le film. J’ai peur pour les personnages quand ils sont en danger. Je pleure quand c’est triste.
A peine le long générique débute-t-il que les applaudissements commencent, durent et ne s’arrêtent pas. La lumière se rallume et ça continue. On pourrait croire que ça ne s’arrêtera jamais. On n’en finit pas de saluer, devant, derrière, en haut. Je vois bien que le caméraman de Canal de me filmera pas mais pas question pour moi d’aller chercher le créneau. Goûter ce plaisir immédiat, ce retour direct des spectateurs avec qui on se sent en communion!
Mon vétéran a les yeux encore mouillés pour la descente.
La fête débute. L’équipe soudée depuis deux jours se retrouve atomisée. Je commence par passer des coups de fils à mes copains acteurs absents (Chappey, Giros et Simonet), à mes enfants, mon agent, mon ex… Chacun retrouve des amis, des connaissances et engrange les compliments qui se font de plus en plus nombreux. Je comprends que mon Martinez est crédible, honorable, réussi, dans un film qui a beaucoup ému et qui devrait compter dans l'évolution des mentalités. Que pouvais-je espérer de mieux ?
Vendredi 26 mai 2006
Le reste, la presse, les unes, les autres interviews du jour pour la presse étrangère, tout roule dans une espèce de ouate. Je suis épuisé quand il faut terminer avec le Grand Journal de Canal+. J’en fait partie.
Précisons néanmoins que j’ai eu un trac fou avant d’entrer sur le plateau. Un trac semblable à celui des grandes premières au théâtre. Encore un dépucelage!
Nous voilà dispersés après tant de moments partagés. Chacun en a besoin. Pour ma part, je vais errer une bonne heure sur la croisette, ayant prétexté que j’attendais un coup de fil d’une copine. Cette promenade sans but me fait un bien fou. Je digère doucement cet afflux d’émotions. Je fais le vide, comme dirait le sportif. Je goûte mon bonheur. Je me sens transformé par la force de cette expérience. D’un calme ! Mon ultime envie : aller me coucher. Eloignés ces rêves de folles fêtes cannoises! Du calme. Du repos.
Quoi que… si je croise quelque connaissance, je me laisserai embarquer dans je ne sais quelle fiesta. Sur la croisette, la foule est moins dense, les chemises ouvertes sur quelques smokings de la projo du soir, les jolies filles parlent souvent le russe, les cris des fans se font encore entendre au passage de telle ou telle vedette. Ils sont encore peut-être des centaines devant le Martinez, armés de leurs appareils photos. Je n’ai croisé personne.
C’est au moment de prendre l’ascenseur que je tombe sur Jamel. Il va à une fête sur les hauteurs. « Viens avec nous ! ». Il est bien sur avec sa famille. Je pars avec. Fin de soirée tranquille dans le vaste jardin d’une villa de luxe. J’évite les célébrités qui profitent d’un moment de répit bien mérité. Papillonnage tranquille entre le clan Jamel et des copains journalistes. Soirée douce, loin du tumulte. Mais les soirées qui commencent tôt ne finissent jamais tard, histoire de laisser aux invités le loisir des afters.
Partagé entre la fatigue et l’envie de me laisser aller, je vais passer une petite heure au Jimmy’s, dansant et buvant des coups. Sans parler. Seul dans ce vacarme. Je danse et je regarde comme si tout m’était étranger. Je suis vidé. Il est l’heure d’aller se coucher.
Samedi 27 mai 2006
Je me précipite bien sur pour acheter Le Monde. On n’est pas tous les jours à la une ! En plus, l’article a des mots gentils pour moi!
Café avec Rachid et le super attaché de presse. Depuis trois jours on ne parle que de ça. On entretient le joie de notre réussite. On n’en revient pas. Enfin, je n’en reviens pas. Rachid, lui, était sûr de lui. Pour arriver à faire ce film, il fallait bien qu’il le soit !
Pour tuer le temps avant mon avion du retour, je vais au cocktail de France Culture. Des gens importants continuent de me féliciter. Un monsieur de France Télévision m’apprend qu’on vient de nous décerner le prix François Challet. « Vous serez là pour le dîner, ce soir ? » Non, je prends l’avion dans l’après-midi.
Et je suis là à terminer mon journal. Il est 23h40 Avenue de Flandre.
Ding dong. J’ouvre. Un monsieur en costard et pochette m’annonce que ma voiture est arrivée. Le pauvre est tout essoufflé : il n’avait pas mon téléphone et a dû monter les cinq étages. Je suis un peu gêné par rapport à mes voisins commerçants de m’engouffrer à l’arrière de cette grosse voiture. Ils ne doivent pas comprendre.
Sur le chemin de l’aéroport, on récupère Sami Bouajila. Il est habillé super class. Oh putain, pas moi ! Retrouvailles excitées. Vol avec mes Indigènes. Il est bien clair que je suis le moins bien fringué. J’ai fait le choix de réserver mes efforts vestimentaires pour la montée des marches et les éventuelles fêtes.
A peine atterris, nous sommes pris en charge par notre super attaché de presse et son staff (assistantes et maquilleuses). Même pas le temps de passer poser nos bagages au Martinez ! Première séance de photos. Pas mal de séries des quatre (sans moi) et un portrait de ma pomme. Je trouve ça normal car ce film, c’est d’abord leur histoire!
Seconde séance photo au Martinez. Je m’en tire avec un ou deux portraits. Pendant que mes partenaires achèvent une série plus longue, j’en profite pour prendre possession de ma chambre. Ils ne se sont pas foutus de moi!
A vingt heures trente, petite réunion de l’équipe, comme nous le faisions pendant le tournage (les cinq et Rachid). Cette fois, c’est un historien qui vient mettre les pendules à l’heure. Il s’agit de ne pas dire n’importe quoi d’un point de vue historique. C’est vrai qu’à un moment, je n’étais pas loin d’imaginer que la France avait été libérée par les Arabes ! Evidemment qu’il ne s’agit pas de cela mais il est utile de préciser l’importance de leur implication sans en faire, ni des victimes, ni des héros ! Tout juste convient-il, comme le fait le film, de rappeler qu’ils ont été nombreux et un jouer un rôle très important dans cette libération. L’Histoire les avait juste oubliés. Etrangement… Cette séance de travail a été très émouvante et aurait mérité d’être filmée. Premier moment très fort.
La soirée se termine par un repas d’équipe très tardif. Pas de fête. Demain, on enchaîne les conférences de presse avant la montée du soir ! Dois-je préciser que le sommeil n’a pas été de la meilleure qualité ? D’autant que j’ai constaté que j’avais oublié chemise et nœud pap à Paris!
Jeudi 25 mai, jour de l’Ascension…
A la première heure, direction de Palais pour le photo call. Je ne savais pas de quoi il s’agissait. Quand je me suis retrouvé face au véritable mur d’une centaine de photographes, avec dans le dos une bonne cinquantaine de leurs confrères, j’ai compris. Je participe à toute une série de photos, tourné un coup vers le mur, un coup vers la murette. Ça hurle. On se croirait à la bourse. Par là ! Par là ! Jamel ! Samy ! Roschdy! Je vois bien que les gros objectifs me visent peu. Normal. En tout cas, moi qui est horreur des photos, en quelques secondes, je n’ai plus peur du tout. Un sacré dépucelage!
« Alors, la projo de presse, ça a donné quoi ? » Il semblerait que ce soit très bon ! Premiers textos plus qu’encourageants à notre super attaché de presse.
Dans la foulée, on nous conduit dans la grande salle de conférence de presse. On est, à cet instant, tous gonflés de premières rumeurs. Je pense que je ne serai pas à la table. Mais si, j’y suis, il y a mon nom à une place ! Même pas le temps d’avoir peur. Les premières questions concernent évidemment Rachid, puis Jamel. Je ne sais plus si l’une d’entres elles m’était adressée mais je n’ai pas hésité à intervenir quand je le jugeais utile. Ma dernière intervention un brin démago a été grosso modo « En tant que minorité ethnique et seul acteur inconnu, j’avoue que j’ai été traité sur un pied d’égalité, bénéficiant des même avantages. En plus, ils ne m’ont rien volé. Ils m’ont tout donné ! » Applaudissements. Second dépucelage réussi.
Je pense que c’est à l’issue de cet exercice que nous avons tous quitté nos angoisses pour trouver un état étrange, une sorte de sérénité, l’impression d’une force protectrice. Nous sommes encore plus soudés que pendant le tournage. Convaincus de la justesse de notre propos et de sa nécessité. Après l’égalité, la fraternité!
Nous passerons l’après-midi sur une de ces plages privées de la croisette, passant d’une table à l’autre, répondant aux questions des journalistes de la presse écrite, radio et télé. Même si je ne suis pas de toutes, je suis beaucoup plus associé que je ne l’imaginais. Souvent se sont Rachid ou le super attaché de presse (Hassan ou François, selon) qui me jettent dans le groupe. J’ai toujours tendance à rester en retrait. Je trouve tellement forte et évidente la démarche de ce film avec ce casting beur ! Mais bon, on m’y associe et j’en suis très fier.
On a un petit créneau entre la presse et la montée. Juste le temps pour moi de rectifier mon oubli. Comme la boutique la plus proche du Martinez est Hugo Boss, tant pis pour le portefeuille, je m’équipe d’une belle chemise et d’un magnifique nœud pap ! Un jour comme ça mérite qu’on s’y donne à fond!
Une fois empingouinné, petit cocktail au Majestic puis on prend place dans le cortège des voitures. L’ambiance est fiévreuse mais elle ne parvient pas à atteindre notre sérénité. Enfin, sérénité… on voit bien que les larmes sont prêtes à jaillir à chaque instant, et les mots sont prompts à faire naître la chair de poule. Plutôt que de sérénité, il vaudrait mieux parler de bonheur.
Montée très émouvante en compagnie des vétérans, goumiers et tirailleurs survivants. Même pas peur! On n’est pas là pour rien et on en est très fiers. Tous.
Le film déroule ses images. Mon voisin tirailleur chante « c’est nous les africains » en même temps que les personnages et je peux entendre les prières qu’il dit en même temps que Saïd ou Abdelkader. Tout ça sonne juste. Je suis totalement pris par le film. J’ai peur pour les personnages quand ils sont en danger. Je pleure quand c’est triste.
A peine le long générique débute-t-il que les applaudissements commencent, durent et ne s’arrêtent pas. La lumière se rallume et ça continue. On pourrait croire que ça ne s’arrêtera jamais. On n’en finit pas de saluer, devant, derrière, en haut. Je vois bien que le caméraman de Canal de me filmera pas mais pas question pour moi d’aller chercher le créneau. Goûter ce plaisir immédiat, ce retour direct des spectateurs avec qui on se sent en communion!
Mon vétéran a les yeux encore mouillés pour la descente.
La fête débute. L’équipe soudée depuis deux jours se retrouve atomisée. Je commence par passer des coups de fils à mes copains acteurs absents (Chappey, Giros et Simonet), à mes enfants, mon agent, mon ex… Chacun retrouve des amis, des connaissances et engrange les compliments qui se font de plus en plus nombreux. Je comprends que mon Martinez est crédible, honorable, réussi, dans un film qui a beaucoup ému et qui devrait compter dans l'évolution des mentalités. Que pouvais-je espérer de mieux ?
Vendredi 26 mai 2006
Le reste, la presse, les unes, les autres interviews du jour pour la presse étrangère, tout roule dans une espèce de ouate. Je suis épuisé quand il faut terminer avec le Grand Journal de Canal+. J’en fait partie.
Précisons néanmoins que j’ai eu un trac fou avant d’entrer sur le plateau. Un trac semblable à celui des grandes premières au théâtre. Encore un dépucelage!
Nous voilà dispersés après tant de moments partagés. Chacun en a besoin. Pour ma part, je vais errer une bonne heure sur la croisette, ayant prétexté que j’attendais un coup de fil d’une copine. Cette promenade sans but me fait un bien fou. Je digère doucement cet afflux d’émotions. Je fais le vide, comme dirait le sportif. Je goûte mon bonheur. Je me sens transformé par la force de cette expérience. D’un calme ! Mon ultime envie : aller me coucher. Eloignés ces rêves de folles fêtes cannoises! Du calme. Du repos.
Quoi que… si je croise quelque connaissance, je me laisserai embarquer dans je ne sais quelle fiesta. Sur la croisette, la foule est moins dense, les chemises ouvertes sur quelques smokings de la projo du soir, les jolies filles parlent souvent le russe, les cris des fans se font encore entendre au passage de telle ou telle vedette. Ils sont encore peut-être des centaines devant le Martinez, armés de leurs appareils photos. Je n’ai croisé personne.
C’est au moment de prendre l’ascenseur que je tombe sur Jamel. Il va à une fête sur les hauteurs. « Viens avec nous ! ». Il est bien sur avec sa famille. Je pars avec. Fin de soirée tranquille dans le vaste jardin d’une villa de luxe. J’évite les célébrités qui profitent d’un moment de répit bien mérité. Papillonnage tranquille entre le clan Jamel et des copains journalistes. Soirée douce, loin du tumulte. Mais les soirées qui commencent tôt ne finissent jamais tard, histoire de laisser aux invités le loisir des afters.
Partagé entre la fatigue et l’envie de me laisser aller, je vais passer une petite heure au Jimmy’s, dansant et buvant des coups. Sans parler. Seul dans ce vacarme. Je danse et je regarde comme si tout m’était étranger. Je suis vidé. Il est l’heure d’aller se coucher.
Samedi 27 mai 2006
Je me précipite bien sur pour acheter Le Monde. On n’est pas tous les jours à la une ! En plus, l’article a des mots gentils pour moi!
Café avec Rachid et le super attaché de presse. Depuis trois jours on ne parle que de ça. On entretient le joie de notre réussite. On n’en revient pas. Enfin, je n’en reviens pas. Rachid, lui, était sûr de lui. Pour arriver à faire ce film, il fallait bien qu’il le soit !
Pour tuer le temps avant mon avion du retour, je vais au cocktail de France Culture. Des gens importants continuent de me féliciter. Un monsieur de France Télévision m’apprend qu’on vient de nous décerner le prix François Challet. « Vous serez là pour le dîner, ce soir ? » Non, je prends l’avion dans l’après-midi.
Et je suis là à terminer mon journal. Il est 23h40 Avenue de Flandre.
Par Bernard Blancan
-
Publié dans : blancan
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
