Mode d'emploi : J'écris au jour-le-jour, à la première personne, depuis 2004, pour témoigner d'une vie d'acteur sur le long terme, m'obliger à ne pas oublier, le parcours, l'écriture, tisser un
lien avec des lecteurs grâce aux commentaires. C'est imparfait, parfois inutile, souvent à côté. On verra bien.
Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal.
Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
L’insomnie, c’était cette nuit : Trois heures de sommeil ! Mais les séquences se sont bien déroulées. Et en
prime, sur la dernière, je devais jouer du concertina, un morceau improvisé en répétition. Jamais facile de jouer à la fois l’acteur et le musicien…
Jeudi 16 avril 2009
Courte journée de tournage. J’avais terminé à 11 heures mais suis resté pour manger avec les copains.
Demain sera la pire des journées : Première et dernière séquence de la journée avec de longues heures d’attente entre les deux, la gueule de Pascale… heu, la gueule cassée qui m’interdit de
vadrouiller entre les deux.
Mercredi 15 avril 2009
On ne sait jamais pourquoi mais il y a des journées de tournage plus difficiles que d’autres. Elle se déroulent dans les mêmes conditions que la veille mais…
Une séquence le matin et une autre l’après-midi. Les deux fois, il nous aura fallu 17 prises pour parvenir à quelque chose de correct. Comme une fatigue générale. Du poussif. Mais en fin de compte
on aura ce qu’il faut.
C’est vrai que j’embauche à sept heures tous les matins et que j’ai du mal à trouver le sommeil qui correspond à ce rythme. Du mal à se coucher tôt et plusieurs réveils dans la nuit avec l’angoisse
de n’avoir pas entendu la sonnerie du portable. Du coup, pour bien dormir cette nuit, j’ai acheté un second réveil !
Demain sera une petite journée pour une séquence où mon personnage doit jouer qu’il est épuisé. Peut-être devrais-je faire nuit blanche ?
Lundi 13 avril 2009
Pas de cloche pour les gueules cassées. On bossait, nous !
Hé ben, deux plans-séquences en extérieur. Un aux arènes de Lutèce et l’autre, Quai des Fleurs, sur l’Île de la Cité. Déjeuner en bord de Seine sous le doux soleil parisien (car il fait toujours
beau, ici !).
À un moment, je vois venir Richard Berry vers moi. Non, en fait ce n’était pas lui mais un gars qui faisait sa doublure lumière dans un des films que j’ai tourné avec lui. Un gars très sympa qui
finit par ressembler à celui qu’il double. Ce qui m’a étonné, c’est qu’il me reconnaisse de loin avec mes prothèses de silicone.
Pour le reste, pas grand-chose à raconter. Si, le maquilleur m’a apporté un plan de sa baraque pour que j’y cherche les veines d’eau.
D’ailleurs, à ce sujet, je veux dire, du maquilleur, j’avoue qu’il est très agréable d’avoir son maquilleur perso. Pas d’attente, tu fais une pose quand tu veux. Je vais finir par avoir des goûts
de luxe, moi !
Vendredi 10 avril 2009
Dès qu’on vous propose de jouer, vous n’êtes pas les derniers !
Merci pour votre participation et les commentaires très drôles qu’elle a engendrés. Finalement, on retombe sur nos pattes. Et ce qui se détache, c’est ce à quoi on avait assez vite pensé.
Que sera le titre au final ? Vous le saurez, forcément. Mais à force d’y penser (à cause de vous) je me demande si je ne vais pas opter tout simplement pour « sources ».
L’apprenti sourcier, c’est un brin facile, à cheval entre Libé et France 3 Limousin. Et retour aux sources, c’est gentillet bien que résumant parfaitement le sujet. Mais ça fait bon élève (ce que
je ne suis pas). Alors « sources », ça laisse la place à tout, à tous les genres, à tous les goûts, chacun y met ce qu’il veut.
Bref, on s’est bien amusé mais c’est pas gagné pour le titre qui m’emballe vraiment.
Jeudi 9 avril 2009
Retour de tournage. Encore un très beau plan séquence tourné à l’Observatoire de Paris. Du petit lait. Les actions s’emboîtent, le champ s’emplit, se vide, la caméra glisse sur ses rails. On ne
sait plus si on est ou pas dans le cadre, alors on joue. Quel plaisir !
Hier soir j’étais invité à la fête de Séraphine. Même prod que mon docu. J’y ai croisé le tout Paris du cinéma d’auteur, producteurs fauchés mais heureux, acteurs pas snobs, techniciens pas chiens.
Un de mes amis producteurs a semblé m’en vouloir de ne pas lui avoir proposé mon projet. C’est bon signe ! Je suis parti avant que les derniers n’arrivent car il fallait que je sois à 7h00 sur le
tournage.
Merci de toutes vos propositions ! Maintenant, on va continuer la participation. Je vais vous demander de voter pour deux titres parmi la liste ci-dessous :
- Dans les veines (je viens de le trouver)
- Retour aux sources
- L'apprenti sourcier
- Onde claire
- Chercheur d'eau
- Résurgence
- À la source
- heu... et un petit dernier : Profondeur et débit !
Plus un de votre choix qui n'est pas dans la liste.
Je décerne le prix de l'humour à Philippe Sarro Gorille pour "Ici l'onde poum poum poum poum"
Mardi 7 avril 2009
On n’en fit jamais des dossiers pour ce documentaire ! Parce que quand on en fait un pour les uns, il faut en faire une version différente pour les autres. Ça occupe ! Il me tarde d’avoir néanmoins
les premiers retours de lecture. Et surtout l’amorce des premiers financements, signe objectif qu’il se fera.
Tiens, je vais vous faire bosser un peu ! Il s’agit d’une sorte de journal initiatique de mon expérience sourcière. Les baguettes, les clémentines pour le magnétisme, le recherche sur plan, le tout
avec distance et humour mais avec de vraies interrogations. Au départ de tout ça, il y a 2006, le prix et la rencontre de mon père (celui que je ne connaissais pas et qui est sourcier). Voici les
titres qui ont été proposés (mais aucun ne me satisfait) : Retour aux sources, l’apprenti sourcier, sourcier palmé… Pour l’instant, l’officiel, c’est "retour aux sources". J’attends vos
propositions géniales ! J’en ai un autre qui m’est venu il y a peu qui serait "Onde claire"…
Lundi 7 avril 2009
Il ne faut pas se fier à la presse. Dans les différents articles sortis sur Hors la loi (notre prochain Bouchareb), Jamel n’est jamais cité comme faisant partie de l’aventure. C’est faux ! Il sera
avec nous et c’est tant mieux !
Je viens de l’apprendre ce matin. C’est une bonne nouvelle en dehors du plaisir que j’aurai à tourner avec lui : il sera encore impliqué dans le film. Et j’ai comme l’impression qu’on va encore
ramer pour le monter (le film !), comme s’il n’y avait pas eu Indigènes….
Bon, mais c’est pas tout, il faut que je réponde à mes mails de sourcier.
Samedi 4 avril 2009
Le 8 mai, il y aura un Rassemblement en faveur des Oubliés de la République au Trocadéro. On y retrouvera des personnalités de divers bords politiques pour ranimer la mémoire des anciens
combattants issus des colonies. Alain Rousset y sera avec tous les défenseurs de son projet de loi. Et on demande à ceux d’Indigènes d’y participer.
Pour ma part, il y a peu de chance que j’y sois car je serai en tournage. Les autres, je ne sais pas. La dame qui m’a contacté m’a dit : «ça serait pas mal pour vous, aussi !». Et bien sûr, quand
on le prend comme ça, j’ai du mal car cette phrase sous-entend qu’être présent dans un événement couvert médiatiquement peut faire naître des bénéfices. Stratégie de communication. Ce qui est vrai,
en soit, pour les politiques, les industriels, les artistes qui veulent orienter une image, faire un petit rappel d’existence pour le public. J’ai tendance à interroger la sincérité de tout ça, la
stratégie, la communication.
De la même manière, un copain producteur me demandait, la semaine dernière, d’aller à une projection parce que, par rapport à la région, ça serait pas mal de… J’ai bu un verre, j’ai parlé à
personne et je suis parti.
Est-ce à dire que je ne suis pas dans la stratégie, la communication ? Si, sans aucun doute. Preuve en est, le blog. Mais j’ai horreur des pouets pouets obligatoires en dehors de la défense des
films (qui peuvent être des actes militants), des manifs (noyé dans la foule des pas contents), des projos, des festivals. Partout où ma place est justifiée.
Et par rapport à Indigènes, on a «travaillé» pour les anciens combattants en racontant une histoire qui se voulait fidèle avec l’espoir que la mise à jour de celle-ci aurait des incidences sur leur
sort. Notre engagement était là.
Jeudi 2 avril 2009
Premier jour de tournage dans un château, par beau temps, avec une séquence sans texte. C’est ce qui s’appelle commencer en douceur. Le grande question était de savoir ce que produisait ma gueule
cassée en costume. Ça marche à fond. Vraiment un allier de jeu. Tu n’as plus qu’à travailler à l’intérieur car le masque travaille pour toi. Il suffit d’un port de tête un peu coincé, une mâchoire
pas bien en place et le personnage est là, avec sa souffrance. Pas la peine d’en rajouter.
C’était la fin du film. Mais rassurez-vous, la prochaine fois, on fait le début et, les fois d’après, le milieu, le plus gros.
C’est toujours un grand plaisir de travailler sous la direction d’Olivier. Il met en scène, prend parti, ose et, pompom sur la cerise (comme dirait une copine), il travaille des plans séquences. Ça
veut dire, pas de découpage, un seul plan en mouvement où tout s’organise pour que les actions soient visibles quand il le faut. Un régal pour le jeu d’acteur qui reste collectif, avec les autres
et la situation. Tout le monde est forcément à fond. On en connaît tellement qui attendent leur gros plan pour jouer. Et quand tu es en face, tu regrettes que ton partenaire n’ait pas donné autant
quand c’était sur toi.
Bref, il fait toujours beau et avec ma gueule, je n'ai jamais été autant pris en photo. De quoi repenser la chirurgie esthétique...