Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /2010 10:46

Vendredi 18 juin 2010

Quel luxe de se retrouver chez soi !

Hier, nous avons eu la visite du Vrai Piaget et de deux de ses acolytes. Quand je lui ai serré la paluche, j’avais l’impression de le connaître depuis des lustres. Je lui ai raconté ma jeunesse communiste. Il m’a rappelé qu’à l’époque, le CIA arrosait tout ce qui était anti-communiste, y compris les syndicats. Finalement, nous n’étions pas que paranos… Séances photos devant les machines, caméra France 3.

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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /2010 19:37

Mercredi 16 juin 2010

L’aventure Lip continue. A .G, manifs, réunions, frictions avec la police. Et quand je dis qu’elle continue, il y a profondément de ça. Nous tournons dans une boîte d’horlogerie qui a déposé son bilan. Les figurants sont plus qu’impliqués dans cette histoire, soit parce qu’ils l’ont vécue, soit parce qu’elle appartient à leur patrimoine, soit qu’ils ont travaillé dans ce secteur d’activité. En manif, il semble que l’on retrouve les émotions des vrais moments. En tout cas, il règne une indéniable bonne humeur. Malgré la pluie…

Voilà deux semaines que je suis là et, j’avoue éprouver malgré tout une certaine fatigue. Je ne suis pas mécontent de rentrer demain soir à la maison.

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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /2010 08:27

Mardi 15 juin 2010

Longue journée hier. Forcément, les scènes se jouent souvent en grand nombre et mon Piaget, dans le dialogue, manque parfois de poésie. L’acteur et ami qui joue le personnage le plus réticent à la grève a poussé une gueulante pour que les comédiens aient une loge. Il a gagné. Et comme, ce matin, j’étais réveillé à six heures alors qu’on ne vient me chercher qu’à neuf, je pense avoir le loisir d’en profiter quelque peu, de la loge.

Je ne sais pas chez vous mais, à Besançon, aujourd’hui, c’est l’automne.

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Dimanche 13 juin 2010 7 13 /06 /2010 19:00

Dimanche 13 juin 2010

J’ai reçu les notes de lecture des personnes qui ont rejeté mon dossier de documentaire à la SCAM. Il en ressort qu’ils se demandaient si c’était un objet totalement fantaisiste (tout est expliqué dans le dossier) ou une démarche originale et touchante (d’après vous ?) mais aussi, ils trouvent que le parallèle entre recherche du père (erreur, je l’ai trouvé !) et la découverte des eaux souterraines (c’est en le trouvant que j’ai appris à trouver les eaux souterraines) relève du folklore (parisianistes étriqués !).

Me voilà bien aidé pour avancer. Le jour où les réalisateurs-lecteurs feront preuve d’ouverture d’esprit, augmenteront leurs capacités de lecture, sauront faire preuve d’un minimum de fantaisie, auront la faculté de sortir des sentiers pré mâchés de l’intellectuellement identifiable, accorderont à leur cerveau la possibilité du rêve, peut-être, peut-être, mon film parviendra-t-il à être financé.

J’ai sans doute l’air prétentieux en disant cela. C’est en tout cas sincère. Et je ne leur en veux pas. C’est le sujet qui leur fait perdre les pédales. Un coup rationnel, un coup magique, des choses non figées, en évolution (la vie, quoi), tout cela n’est pas rassurant pour prendre position.

Sinon, petit week-end très Doubs en compagnie de ma compagne.

Demain, on retourne à l’usine. Les figurants sont exceptionnellement impliqués dans le film. Vendredi, une Internationale a fusé suivie d’un Ce n’est qu’un début, le combat continue, lancé par un ancien de Lip qui rejoue ce qu’il a vécu.

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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /2010 09:45

Vendredi 11 juin 2010

Nous avons terminé à 03 :00. J’étais de toutes les séquences, debout. La fatigue commence à se faire sentir, d’autant que tout à l’heure, on vient nous chercher à 11 :15. Aujourd’hui, il y a AG. Le court week-end sera le bienvenu. Trop court pour rentrer. Il faudrait prendre un train le samedi pour revenir le dimanche.

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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /2010 12:30

 

 

Jeudi 10 juin 2010

Mardi était un jour off, pour moi. Quand on est chez soi pour un jour de cette catégorie, on trouve toujours mille occupations. Mais seul à Besançon, il est difficile de compter sur les taches quotidiennes rassurantes. Une fois écrit le long article qui précède, envoyé à la rédaction du journal, il ne reste qu’à arpenter les rues, à la découverte de la cité.

Une partie de mon errance fût consacrée à une sorte de pèlerinage. Tiens, voilà le Phone House où j’avais acheté un Nokia, pendant le tournage d’Indigènes, dont j’ai payé l’assurance jusqu’à l’an dernier par négligence. Voici, ici, le Conseil Régional où nous petifourâmes pour l’avant-première et, juste à côté, l’hôtel de luxe et de bon goût où nous dormîmes, à deux pas des ruines romaines.

Une fois dans le quartier, tout m’invitait à grimper jusqu’à la citadelle. Vauban a eu de gros moyens, ici. Je l’ai parcourue en tous sens, jetant un œil aux lions, aux tigres et méditant sur nos cousins les singes, de gros machos dont le comportement social n’est, si l’on s’égare un peu, qu’une caricature du nôtre.

La journée a été longue.

Hier, on tournait à l’usine. Enfin, dans le décor de l’usine, à Valdahon. Un orage de grêle comme je n’en avais jamais vu semblait nous prévenir que ça allait mal se terminer, cette histoire. Et de fait, c’était dans le scénario. Comme il était écrit, les CRS ont chargé pour libérer les otages. La journée de tournage s’est achevée ce matin à 3h 57 + le trajet retour. Ce soir, on ne terminera qu’à 2h00.

 

 

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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /2010 10:55

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Mardi 8 juin 2010

« En attendant, façon de s'imprégner du rôle, depuis trois mois, il porte une Lip au poignet. « Ça doit être produit en Chine », concède-t-il avec une moue de regret.
Un Charles Piaget avec une Lip « Made in China »? Etonnante rencontre. »

Ainsi se termine l’article du jour de l’Est Républicain sur le tournage d’hier. Excusez-moi, Monsieur le journaliste mais je n’ai pas l’air bien sérieux si l’on en croit ce que vous dites. Un Charles Piaget (l’icône du syndicalisme radical et inventif des Lip) avec une Lip « made in China » (production à bas prix sur l’exploitation des ouvriers). Ce qui laisse entendre que l’acteur (ma pomme) qui joue le grand Piaget a la conscience politique d’un candidat à la Nouvelle Star.

Alors autant compléter illico cette image vite faite (nous nous sommes croisés deux minutes avant la pause déjeuner, alors que je débarquais sur le plateau, pour y tourner vers seize heures).

Me mettre dans la peau de Piaget ne se résume pas à porter une Lip. C'est aussi un peu de mon histoire que je trimballe.

Tout d’abord, je tenais à tourner dans ce film simplement pour son sujet. Cette histoire syndicale s’est déroulée à un moment où nous n’avions qu’une lointaine conscience de la voracité du capitalisme, où nous avions encore l’espoir que tout pouvait changer, s’inventer, en contraste avec cette sournoise certitude d’aujourd’hui que la politique se résume au bon vouloir des spéculateurs, à l’argent virtuel. On ne sait plus si un événement ou une décision politiques ont une simple incidence sur le marché boursier ou s’ils sont artificiellement provoqués pour créer des vagues spéculatives qui font naître des fortunes en quelques heures quand l’épargnant docile continue à se faire tondre. L’ouvrier, lui, voit chaque jour ses droits émoussés, ses cadences augmentées, sa retraite bouffée, ses salaires stagner sur des montants cyniquement ridicules.

Mais le plus grave dans notre aujourd’hui, c’est que le rêve est mort, l’espoir s’étrique dans des sphères individuelles, la dictature du fric impose la soumission de tous. Seul compte l’ordre moral, le conformisme frileux, les rêves d’argent facile (au bureau de tabac, la queue est plus longue pour acheter du papier à gratter que pour celui qui ce fume). La jeunesse n’a d’autre choix que de se couler dans un moule de paillettes télévisuelles ou de s’identifier aux zivas à casquette dont la rébellion se construit, elle aussi, sur du rêve bling bling, BM et chaîne en or sur un semblant de haine d’une société pourrie.

Les Lip, justement, c’est la charnière des mouvements sociaux. On dépasse les solutions légales, on invente d’autres façons de produire et de distribuer. L’État s’inquiète, invente, contre-attaque. Quand un compromis est trouvé, qu’un « gentil » patron prend le flambeau, déboule le premier choc pétrolier. Le pognon entre en scène. Il va falloir licencier, créer du chômage. Désormais, le symbole Lip sera la première cible, la première salve du capitalisme mafieux. Les plus hautes sphères de l’État oeuvrent en toute discrétion pour casser l’usine, en manipulant directement les gros clients. Lip est mort. La classe ouvrière n’a qu’à bien se tenir. Le champ est libre pour les élagueurs de systèmes sociaux.

En voyant cette manif, hier, on revivait cet espoir d’agir, presque naïf et suranné. Il y a encore des manifs, aujourd’hui, de grosses parfois. Mais tout est bien encadré, les chiffres toujours minimisés, les médias toujours garants de l’ordre établi. Mais la grande force des Lip, justement, c’est d’avoir su se rendre Hors le Loi en volant les montres, en vendant, en séquestrant. Parce que c’est bien la loi qui maintient le poids des ordres établis. Quand on veut changer un ordre injuste, il faut avoir le courage d’en enfreindre les lois.

J’ai bien conscience que ce discours « révolutionnaire » n’a aucune prise aujourd’hui. Déjà, à l’époque, j’étais, du haut de mes seize ans, militant aux jeunesses communistes, copain de la CGT. Et je peux vous dire que de ce côté-là du drapeau rouge, on n’aimait pas trop ce que faisaient les Lips. Ça nous mettait mal à l’aise. J’ai mis pas mal d’années à comprendre que communistes et cégétistes étaient aussi les garants de l’ordre établi, que les délégués se satisfaisaient bien de leur situation de délégués sans jamais risquer la moindre action illégale. Juste créer un rapport de force favorable dans le maintien de l’ordre. Une simple affaire de pouvoir, de place dans le jeu des chaises musicales. J’ai compris d’où venait cette haine des « gauchos » et des anars. Je ne connais pas plus conformiste et moins révolutionnaire qu’un communiste (excusez-moi, Mère). C’est peut-être pour ça qu’ils ont disparu du paysage. Il n’étaient plus porteurs d’un véritable idéalisme, du romantisme révolutionnaire.

Voilà quelques-unes des raisons qui m’invitaient à porter la blouse de Piaget.

Quant à la montre « made in China », je n’ai jamais prononcé ces mots. J’ai juste dit que je n’avais aucune idée de l’endroit où elles étaient produites. C’est toi, journaliste, qui a localisé. Éh bien, allons-y, du côté de la Chine. On y verra que les ouvriers de chez Honda (photo), au prix d’un sacré conflit social, viennent d’obtenir une augmentation de 24% de leurs salaires. Comme quoi, les idées reçues méritent d’être régulièrement reconsidérées.

Mais, pour en revenir au thème de ce blog, quelques mots du tournage d’hier. J’avais une scène dans laquelle Piaget, juché sur le plateau d’une 404, balançait un discours à la foule de manifestants. Juste avant, Dominique Ladoge, le réalisateur m’a montré les images d’archive de ce discours. Et comme les images tournées allaient être mêlées aux archives, j’ai dû calquer le ton de la voix, le rythme de scansion à celui du vrai Piaget. J’ai adoré cet exercice. Pas question de bafouiller devant les deux cents figurants bénévoles. Une ancienne des événements qui avait voulu se joindre au cortège m’a confié qu’elle a eu la chair de poule.

 

Mission accomplie.

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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 12:18

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Dimanche 6 juin 2010

Voir Ajaccio et mourir. C’est un petit peu la mission que j’ai accomplie hier. Débarqué vendredi en début de soirée. L’équipe tournant loin, j’ai erré seul dans la zone portuaire. Très animé Ajaccio ! Il y avait le salon de la BD et une scène sur laquelle des groupes vêtus de noir se succédaient pour chevroter leur polyphonique mélancolie.

Je devais mourir le matin d’une balle qui me faisait me vautrer sur l’étalage d’un marchand des quatre saisons. Tout était plié avant midi. La suite de la journée se tournait près de l’aéroport. J’ai profité du voyage pour déjeuner avec l’équipe, faire mes au revoirs et un saut à la plage. Demain, je manifeste en blouse à Besançon. Petit sas à la maison.

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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /2010 11:28

Vendredi 4 juin 2010

J’étais venu à Besançon quand nous tournions Indigènes puis j’y étais revenu pour une avant –première. Il y a pire, comme ville. Architecturalement, elle génère l’envie de multiples balades. J’aurai le temps d’en faire quelques-unes.

Hier, nous tournions à la Préfecture. Ces premières scènes n’étaient pas des plus simples pour mon personnage. Elles se sont pourtant très bien passées. Je connaissais déjà une bonne partie de l’équipe, déjà présente en bonne partie dans La Sélection Française de Dominique Ladoge, que nous avons tourné à Tanger.

Mais tout cela fût bref. Juste le temps d’expliquer à une assistante qui s’inquiétait un peu trop de ma présence qu’on m’appelait PPM (par mes propres moyens) et de repérer un bon restau. De retour à Paris ce matin, je n’ai que peu de temps avant de retourner à Orly pour rejoindre Ajaccio. Dernier jour de tournage en nationaliste. Je ne tarderai pas à rentrer car lundi, il y a manif à Besançon.

Cette nuit, j’ai fait un rêve étrange : mon inconscient me disait qu’il fallait que j’arrête de tirer sur la corde « Lartigue ». J’acquiesçais docilement.

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Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /2010 22:43

Lip

Jeudi 3 juin 2010 Pas mon ordi = pas d'article. Mais j'ai été très heureux de me glisser dans la blouse de Piaget. Á suivre...
Par Bernard Blancan
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