Vendredi 9 juillet 2010
Hier, à la même heure, j’étais chez moi, comme maintenant. Mais entre les deux, j’étais à Alger.
C’était la première fois que je mettais les pieds sur le sol de la jumelle de Marseille. Bien entendu je n’ai rien vu de la ville et les gens que nous avons rencontrés autour de la projection de Hors la Loi étaient plus représentatifs de l’élite que de la population. Le souvenir qui est remonté à mon esprit c’est que, dans les années 75, en bon coco que j’étais, il m’arrivait d’écouter radio Alger en ondes courtes. La seule radio qui diffusait la chanson française engagée en boucle. Pour moi, les Algériens d’alors, c’était les amis de Cuba, des héros. Et en effet, à travers toutes ces personnes, dans cette architecture coloniale du côté du port, on pouvait sentir les vibrations du souvenir d’une révolution aboutie.
Après, on sait que le pays a connu d’autres péripéties, le monde a changé, rien n’est comparable. Demeure la gentillesse et l’humour, cette distance amusée de ceux à qui l’on ne la fait pas et un grand sens de l’accueil.
Très bon accueil pour Hors la Loi. Chaleureux, même. Hé, le méchant, on peut faire une photo !?
Parfois, au détour de conversations, on peut sentir encore le lourd contentieux franco-algérien. Deux fois, de jeunes journalistes m’ont demandé si ça n’était pas compliqué pour un français de jouer dans un film anti-français. Tout juste si l’on se demandait si l’on n’allait pas m’empêcher de travailler. La question sous-entend plein de choses : que la France se résume au député UMP dont Libé faisait un flatteur portrait hier, qu’il demeure un fond de haine lié à l’histoire commune qui ne s’est pas encore résorbée. Pour moi, Hors la Loi n’est évidemment pas un film anti-français. C’est ce que craignaient nos propres dirigeants. Mais tout y est beaucoup plus complexe, les gentils et les méchants sont dans les deux camps. Le film devrait apporter sa pierre sur le chemin de l’apaisement. Avec le temps.
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Partager
