Il y a un beau papier dans le supplément télé du Monde, au sujet de Carmen. Petite piqûre de rappel : c’est samedi 24 à 20:35 sur France 3.
J’irai le voir chez Môsieur Malaterre en personne.

Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal. Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Il y a un beau papier dans le supplément télé du Monde, au sujet de Carmen. Petite piqûre de rappel : c’est samedi 24 à 20:35 sur France 3.
J’irai le voir chez Môsieur Malaterre en personne.
Je rentre du studio. On a réenregistré toute la voix-off d’à distance. Petite retouche au passage. Et, j'en suis sûr, une amélioration de l’ensemble.
Le film pourrait passer en décembre au festival de Pau. Mais voilà. Comme on veut l’inscrire à tout prix au festival du Réel (un peu le must en documentaire). Il est possible qu’ils exigent la primeur. J’ai fait un mail pour exposer la situation et poser la question. Dans ces cas-là, il faut parler. On avisera.
La prochaine étape du docu, c’est le 17 octobre, début du montage son. Dans la foulée, on mixe. D’ici-là, je suis en vacances. De quoi me plonger dans mes projets. Ou souffler. Un peu.
La photo (pardon Jean-Charles), c’est pour un film qu’il me tarde de tourner. Juste pour dire que ma vie d’acteur n’est pas terminée.
Hier, j’ai travaillé quand même à mes deux projets de réalisation. Il est fort probable que les choses avancent très très vite de ce côté-là. Mais très très vite, pour réaliser, ça prend suffisamment de temps pour me laisser faire l’acteur.
Déjeuner entre amis puis balade au Père Lachaise sous un ciel d’automne. Amusant de voir des people regroupés jusque dans la mort. Alors, voilà, nous avons une concession juste entre machin truc et bidule, vous verrez, ça vous assure une belle visibilité.
Je fais cet article pour retarder le moment où je vais ranger mon bureau avant de retranscrire les voix-off que je dois ré-enregistrer demain. Le blog est parfois un bel outil d’évitemment. Internet, en général, d’ailleurs.
Je voulais faire part ici d’une expérience rapportée par une amie comédienne. Un jour, elle s’est retrouvée sans ASSEDIC (ce qui arrive à beaucoup d’entre nous). Eh bien, ses amis, une vingtaine, se sont regroupés pour mettre en place une tontine. La tontine, dans ce sens, trouve ses origines en Afrique.
En résumé, ils se sont cotisés, mettant chacun un montant mensuel, pour qu’elle touche 7 à 800 euros/mois, le temps qu’elle retrouve ses ASSEDIC. Ça a duré 8 mois. Et dans le principe, elle ne doit rien à ceux qui lui sont venu en aide. Elle-même pourra cotiser pour une prochaine tontine destinée à venir en aide à un autre membre de cette communauté d’amis.
Je ne connaissais pas d’exemple de solidarité de cet ordre, touchant la sphère du privé. À méditer. Une façon de voir les choses, étrangère à nos dirigeants. Eux, la tontine Africaine, ils la connaissent pour financer leurs élections ou pour filer un coup de pouce aux banques mises en difficulté par leurs amis boursicoteurs.
Petite parenthèse pour finir : Notre Président parle mal notre langue. Il dit « nous croyons dans la Libye unie ». On croit « en » ou « à » mais pas dans ! Il voulait jouer à De Gaulle…
Aller/retour à Bordeaux pour aller filmer mon fils aîné, Hugo. Il manquait un plan de lui dans le film. C'est fait. Et bien fait, j'espère.
Photo prise à 12:45 square Martin Nadaud dans le XXème.
Finalement, je ne fais pas le rôle d’enfoiré dans le moyen-métrage. Au départ, il y a eu plusieurs choses plus ou moins plaisantes. Le réalisateur m’avait dit que le personnage serait bien habillé. Coup de fil de la costumière : vous avez un costume ? Avant, c’est la maquilleuse qui m’a appelé : pour vos cheveux, on fait comment, on les teint ou on les maquille ? Voilà que maintenant les réalisateurs n’aiment pas les tempes grisonnantes. Ils vous veulent tels qu’ils vous ont vu, dix ans plus tôt, dans tel film. Coup de fil d'une assistante : Bernardo ? Heu... Monsieur Blanc ? Non, moi, c'est Blancan. Le plan de travail a changé, vous êtes libre les 21, 27 et 28 ? Le pompon fût la proposition du directeur de prod : 85 euros/jour. Là, je me suis dit : ça vaut vraiment le coup d’ajouter un enfoiré de plus à mon CV ?
Et c’est bien là le fond du problème. J’en ai marre de jouer les enfoirés. Où alors, ils faut qu’ils aient l’espace de failles, des moments d’héroïsme ou, au moins, un peu d’humanité. Comme de vrais enfoirés, quoi.
Je rentre rechargé comme une pile atomique de mon rendez-vous de prod pour mes deux projets. Je suis quasiment prêt à tourner. Un court en fiction et un docu.
Je crois vraiment que depuis la fin du montage de « à distance », quelque chose en moi a changé. Jean, ami et producteur d’Indigènes qui a assisté à une des projections m’a dit : te voilà réalisateur, maintenant ! Je crois qu’il a raison. Ça me va bien. Tout à l’heure, en voyant une affiche de one man show dans le métro, une autre de film avec des gueules d’acteurs, je me suis souvenu d’avoir rêvassé sur de telles perspectives. Mes rêves se sont déplacés. J’ai envie de raconter des histoires, avec ou sans affiche, avec ou sans ma gueule.
Amis réalisateurs, je consentirai néanmoins volontiers à faire l’acteur pour vous. Certains savent déjà que je peux jouer d’autres choses que des enfoirés. Je nourris encore l’illusion qu’il me reste du beau travail à faire dans ce domaine.
L’agenda se remplie. Lecture et essayage costume pour le moyen métrage dans lequel je vais tourner très bientôt, récupération du DVD de à distance, tournage jeudi d’un plan qui manquait, tournage d’une conférence vendredi, montage d’une autre avant.
Mercredi, nous avons une réunion de production pour deux projets de film que je veux lancer. Un docu et un court-métrage de fiction. On prend vite goût à la réalisation et je ne veux pas rester à attendre les festivals et autres projections, les bras croisés.
Le Festival de la Rochelle prime les œuvres télévisuelles. Mon Binouze était présent dans les deux premiers épisodes de Flics (réal. Thierry
Petit, avec Frédéric Diefenthal, Yann Sunberg, Gwendoline Hamon, Olivier Marchal, Catherine Marchal…). Eh bien, nous avons eu le prix de la meilleure série (seul prix pour TF1). Il ne reste qu’à
attendre la diffusion qui ne saurait tarder.
C’est peut-être pour me remercier des 20 euros que j’ai filé au personnage mystérieux d’hier.
PS : la photo n'a rien à voir...
La petite déprime post-partum ne s’est pas faite attendre. Dès hier soir, le sac rempli des micros et magnétos qui ont subit l’empreinte de mes voix-off, je me suis retrouvé dans un grand moment de solitude. C’est fini. Et après ?
Dans le monde de la création artistique, littérature, cinéma, peinture, théâtre… on est souvent défini par ce que l’on a fait. Quand une œuvre ou la participation à celle d’un autre est un succès, on se résume à cet événement. C’est l’auteur, le réalisateur de, c’est lui qui… Aussitôt, les yeux de celui qui est renseigné s’éclairent de cette aura. Dans ma vie artistique, j’ai été un acteur de Cartoon, un des mec de ça va péter, le faux guide de la citadelle de Blaye, Monsieur Michelin dans H, le psychopathe de Peau d’Homme, un palmé d’Indigènes… C’est souvent à l’un de ces titres que je suis reconnu professionnellement. Et désormais, j’aimerais bien être aussi « le réalisateur d’à distance »… Sauf, que le film n’existe pas encore. Donc, dans les yeux de mes connaissances, je ne suis pas encore « le réalisateur d’à distance ».
Étrange cette phase où l’on va devoir attendre de longs mois avant de connaître la portée de ce que l’on a pondu, le résultat d’années de travail, de recherche, de doute, tout ce temps qui vous a totalement absorbé, pressé, obsédé. On a fait ce qu’on a pu, on a tout donné. C’est désormais les sélectionneurs de festivals, les jurys, les acheteurs, les spectateurs qui vont décider de la place qu’aura ce film dans ma dénomination professionnelle. La place de réalisateur est beaucoup plus impliquante que celle d’acteur. Acteur, on a fait aussi ce que l’on a pu, mais on ne maîtrise rien au montage et à l’hypothétique réussite de l’œuvre. On apprend vite ça. Mais quand on réalise un film personnel, intime, un échec doit être extrêmement douloureux.
Ce matin, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de parler de mon film. J’aurai tout le loisir de le faire le moment venu. Je me souviens encore du regard compatissant que j’ai porté sur des réalisateurs qui parlent de leur prochaine sortie comme s’il s’agissait du chef-d’œuvre qu’attendait l’humanité. Vous allez voir ce que vous allez voir ! On sait bien que ces fanfaronnades sont l’apanage des faibles. J’essaierai donc, désormais, d’être patient et discret. Me connaissant, ça ne va pas être très facile.
Cet après-midi, je suis allé faire des photos pour Jean-Charles Fitoussi. J’ai joué le kamikaze du dossier qui devrait nous envoyer au Japon.
En rentrant sur mon sccoter, un homme m’aborde au feu de l’avenue Parmentier. Salut, tu me reconnais ? Il a le teint mat, une petite soixantaine, une certaine classe naturelle, grand, svelte, les yeux rieurs. Tu me remets pas ? Je donne l’air que, oui, je le reconnais. Mais j’ai croisé tant de gens, dans ce boulot que je n’en reconnais pas le centième. Gare-toi ! J’obéis, relève la visière de mon casque. T’as pas changé, me dit-il. Et il se présente, donne le nom d’une boîte de production ultra-célèbre. Son nom à lui ne me dit rien. Il ressemble en effet à des tas de décideurs que j’ai croisés. Rappelle-moi ton prénom, déjà ! Bernard. Et voilà qu’il me sort un second nom, très différent du premier. Je commence à me méfier. Figure-toi que je suis dans la merde. Ils m’ont envoyé en Afghanistan, j’ai pris trois balles et je suis rentré ce matin par l’avion de onze heures. J’ai passé trois mois à l’hôpital américain. Je suis rentré chez moi, l’appart était squatté par des Sénégalais. C’est absurde. Je me retrouve à la rue. Donne-moi quarante euros que je me paie l’hôtel ! Ça y est, je sens, il pue l’alcool. S’il te plaît, je m’en souviendrai, tu ne peux pas me laisser comme ça, j’ai plus de soixante balais, me retrouver dans cette merde…
Je glisse ma main dans la poche, et j’en sors 20 euros. Je veux juste en finir. Incapable de faire la part des choses, oppressé, coincé.
Il me remercie. Je ne traîne pas. Me voilà reparti avec un sourire jusqu’aux oreilles. C’est la meilleure arnaque que j’ai vécue. Le scénario avait quelques faiblesses, mais le film tenait la route. Et l'interprétation était magistrale.
À peine rentré chez moi, je me précipite sur Internet. Je tape le premier nom qu’il m’a donné et le nom de la boîte de prod. Internet est un flic incroyable. Je cherche des images associées à son nom, mais ce n’est pas lui. Je me suis bien fait avoir.
Je continue tout de même la recherche et finis par retrouver mon bonhomme, sous le second nom qu’il m’a donné. C’est bien lui. Je le trouve sur une vidéo en compagnie du cofondateur de la boîte célèbre et d’une chanteuse de variété. Il m’avait donné le nom de son ex-associé, l’enfoiré. Sur lui, je trouve des articles datés de deux ans qui en font un des hommes les plus riches du paysage audiovisuel.
Mon arnaqueur se sait-il le sosie de l’homme célèbre ? S’agit-il en fait de l’homme en question ? Mais si c’est le cas, comment peut-on sombrer en si peu de temps ? C’était une caméra cachée pour TF1 ? Je n’en saurai rien. J’aurai payé 20 euros pour une histoire bien singulière, en tout cas.
Détail troublant, il était habillé exactement comme sur la vidéo.
La synchronicité, ce sont ces petits hasards qui, par de jolies accumulations, vous font des clins d’œil.
C’est aujourd'hui mon anniversaire. Vingt-quatre ans. C’est le jour de mon anniversaire que j’avais rencontré Rachid B. Cette année, cette date coïncide avec la fin du montage de mon film. J’avais rendez-vous aussi avec un réalisateur pour un rôle dans un moyen-métrage. Comme si tout s’organisait pour mon retour à mon activité d’acteur qui m’avait laissé tranquille pour faire mon film. Il se trouve que le réalisateur est… sourcier !