Mode d'emploi : J'écris au jour-le-jour, à la première personne, depuis 2004, pour témoigner d'une vie d'acteur sur le long terme, m'obliger à ne pas oublier, le parcours, l'écriture, tisser un
lien avec des lecteurs grâce aux commentaires. C'est imparfait, parfois inutile, souvent à côté. On verra bien.
Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal.
Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Pas question pour moi de voter PS au premier tour de 2012. Mais pas question non plus de ne pas participer aux primaires. Parce
que je supporterais mal d’avoir à voter Hollande au second tour. Il n’est pas crédible, il fait le président pantin, langue de bois, mimiques fabriquées, mauvais acteur cabot. Il sonne faux.
Pourquoi est-il devant, dans les sondages ? Parce que c’est un mec ? Parce que les gens se disent qu’il est mieux placé pour battre Sarko ? J’ai beau avoir gardé de très mauvais
souvenirs de Martine quand elle était aux affaires (les vieux chômeurs s’en souviennent), elle me semble la plus crédible, la plus nature, la plus capable.
Je suis d’accord avec ceux qui pensent que, dans l'absolu, il n’y en a pas vraiment un pour racheter l’autre, dans ce millésime.
Mais pas question de laisser la droite. Vive Martine !
Je précise pour mes amis et ceux qui m’estiment que j’ai pleinement conscience du ridicule de mon intervention bloguesque. Mais
que voulez-vous, je ne supporte pas les fautes de casting.
Coup de mou rue Juillet. Je ne sais pas si c’est la mort de mon fournisseur informatique et téléphonie, ou le mol enthousiasme
d’aller voter dimanche, mais il faut bien reconnaître que c’est pas la patate. Ou alors, c’est le tartare que j’ai mangé ce midi avec mon agent. Ou bien l’automne qui arrive, comme ça, sans
prévenir, à la bourre, plein de vent et de gros nuages. À moins que ce soit une overdose de cigarettes. Voilà bien trois heures que je n’en ai pas portée une à la bouche tant la dernière était
mauvaise.
Ce qu’il y a de sûr, c’est que je n’ai rien foutu. Ça change. Ren à di. Comm’ dit l’aut’
Enfin des nuages. Ce ciel bleu finissait par être peu naturel. Sans être particulièrement conservateur, j’aime bien sentir
l’ordre des choses.
Trois jours dans le camping de luxe de la Villa Médicis, lieu de villégiature intellectuelle pour artistes à double prénom. Le
vieux communiste idéaliste qui sommeille en moi, du côté du coude, je crois, s’est réveillé, faisant se lever le poing contre les privilèges, dussé-je en être, entre deux parenthèse, l’heureux
bénéficiaire. Le mec qui crache dans la soupe. Cannes et le reste. L’honneur clinquant des élites glisse, les cocons de velours étouffent. Je reste un ingrat réfractaire, adepte des grottes
perdues et cavités enfouies. L’ermite Bernard.
Au-delà du décors, nous tournions. J’étais un personnage déguisé en Fernadézien, aux côtés d’un Caumoramossien Pialesque, face à
un Oliveirien et toute une famille Fitoussienne. Tous, protagonistes d’une histoire étrange, surréaliste, grotesque , poétique, romantique, dont l’acteur principal était un petit personnage
étonné, transportant son appareil sur pied, empruntant le pas pressé des personnages du muet, d’un carré de lauriers à l’autre. Sa faim de capturer dans sa boîte, sa volonté farouche,
défient sans cesse les contraintes d’espace et de temps. Réalisateur quantique. Peu à peu, les acteurs ne sont plus qu’une masse aléatoire de photons, susceptibles d’organiser une image.
Le film du film aurait déjà été un film. Mais quel qu’en fût l’auteur, ce serait resté un film de Fitoussi. Étrange et
drôle.
Des instants comme ceux-ci aiguisent l’existence et gravent des souvenirs. Preuve en est cet acné de lyrisme, ce petit bubon
bouffi de mots.
Ça commence à se dessiner, tout ça. Le film sera projeté, hors compétition, évidemment, au festival du film de Pau, début
décembre. Étant donné qu’il est tourné en grande partie là-bas, que j’ai été jury de l’édition précédente, je suis ravi d’offrir, ici, le film à tous les protagonistes, personnages du cru (à qui
je suis lié bien au-delà du film, vous l’aurez compris), à toute la famille de là-bas et, s’il reste de la place, aux spectateurs.
Je ne suis pas certain qu’il y ait beaucoup de lecteurs du blog palois. Ne dites rien, c’est pas officiel. Chuuut.
Mais ne lâchons rien, le film n’est pas terminé.
Pour me détendre un peu de tout ce toin toin documentaire, je m’en vais faire l’acteur à Rome, pour le week-end. Je serai des
derniers plans d’un film de Jean-Charles Fitoussi. Retour, lundi soir. Je vous dirai comment c’est, la villa Médicis.
Je suis assez muet ces derniers temps mais je travaille comme un forçat pour essayer de mettre au point un teaser. Une
bande-annonce, si vous voulez. C’est un exercice encore plus difficile que le montage classique…
La fin de semaine m’a vu enfermé dans une salle de montage pour ajouter un plan, coller les nouvelles voix-off et revoir le film
(à distance). Hier, je participais à un work-shop sur le remote-viewing (recherche à distance) et dans la soirée, je retrouvais la joyeuse bande à Malaterre pour une soirée télé Carmen avec
saucisson et vin rouge (il n’y avait pas que ça).
Ce matin, les parts de marché tombaient. On a fait mieux que France 2 mais on est très très loin derrière TF1 et M6. Bo. Ben, on
s’en fout, non ? Enfin. C’est mieux d’être vu par une dizaine de millions de téléspectateurs que par un ou deux, mais tout cela est tellement relatif. On a fait notre boulot. Après…
La nouvelle qui a retenu mon attention, ce matin, c’est que le CERN a observé que des neutrinos allaient plus vite que la
lumière. Cette information remet en cause la théorie générale et ouvre enfin une petite porte sur un champ de possibles. Ce type de trucs, ça m’émerveille.
Hier, j’ai reçu le pied de caméra qui m’a été offert pour mon anniversaire. Made in China. J’ai hâte de l’utiliser. Il fait de
beaux mouvements, fluides et coulés, s’arrête dans un souffle. J’ai déjà deux ou trois idées des endroits où il va servir. Dans mon docu, par exemple. Pas celui que je viens de terminer. Le
prochain.
Demain, retour sur À distance. On va y coller les nouvelles voix-off et le plan de mon fils Hugo. Après ça, on étalonnera en
octobre et du 17 au 26, ce seront montage son et mixage.
Je vais bientôt jouer le chauffer de taxi rural dans un court-métrage.
Aujourd’hui, on a exécuté un homme. Au nom de la justice. Peut-être bien un innocent. Nous avons vu la famille du policier
assassiné se réjouir parce que le coupable, selon la justice, se faisait passer pour une victime alors que c’étaient eux, les victimes. Raccourci émotionnel mais raccourci quand même. Et si ce
n’était pas lui ? Il y avait des chances pour que ça ne soit pas lui, pourtant. Et même si ça avait été lui, toujours cette minable peine de mort. La mort pour la mort. Nous sommes en 2011.
Pfff. Est-ce qu’on va condamner à mort les spéculateurs qui provoquent les suicides de salariés compressés pour satisfaire les actionnaires ?