Jeudi 25 août 2011
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Pour la première fois, j’ai vu le film en me disant, putain, c’est bien ce truc, qui c’est qui l’a fait ? Moment magique où
c’est plus ton film, mais un truc qui t’est étranger, qui te raconte mille fois mieux que si tu avais voulu y être pour quelque chose, presque malgré toi. Une mise à distance qui vaut quelques
années de psy. En le voyant, j’ai commencé à comprendre ce que j’avais raconté. Ça me fait rire, tous ces critiques qui nous racontent que le réalisateur a voulu ceci et cela. Tu parles. Le
réalisateur, il a fait ce qu’il a pu avec ses trois références, sa soi-disant mise en scène. C’est son inconscient a fait le plus gros boulot (avec le concours de la monteuse). Bien souvent, il
n’a même pas fait exprès. C’est comme ça que certains ne sont que les réalisateurs d’un seul film. Les autres, c’est juste du labeur ou des tentatives d’imitation d’une réussite.
Enfin, ne vendons pas trop vite la peau de l’ours. La fin du montage est prévue pour le 9 septembre. Ce sera mon cadeau
d’anniversaire. Demain soir, nous projetons pour Céline, la productrice, un ou une collègue à elle et une amie à moi.
C’est un peu angoissant, en arrière plan, d’avoir l’impression d’avoir presque fini le film, alors qu’il reste encore deux
semaines de montage. Me vient la peur de tout casser dans le temps qui me reste…
Je commence déjà à penser au(x) prochain(s).
J’ai envoyé quelques messages à des personnes bien ciblées, qui m’ont répondu que Suerte n’est pas enfermé dans un tiroir et que
ça bouge pour préparer une sortie. Je n’ai toujours pas vu le film, mais j’imagine que, dès qu’il aura un distributeur, même tout petit, nous ferons une projection. Attendez-vous à en entendre
parler ici d’ici la fin de l’année.
Je suis assez inquiet pour l’issue des élections de 2012. Si la droite lance la rigueur maintenant, c’est que Sarko pense qu’il
sera réélu et qu’il n’aura pas à le faire en juin. Il nous fait croire au passage par quelques manips de communication, que les riches vont payer, pour satisfaire les électeurs de gauche. Mais
pourtant, si un pauvre fume un paquet de clopes par jour et boit un litre de vin par semaine, il y a peu de chance qu’un riche parvienne à fumer, dans le même temps deux ou trois cartouches et
boire une barrique. Et même si ça avait été le cas, il ne s’apercevrait même pas qu’il a dépensé quelque chose pour boire et fumer. Le plus grotesque, c’est le soda et les parcs de loisirs
fréquentés par les prolos.
Bon mais, je m’égare encore avec mes idées de gauche des années 70 ! De toute façon, je m’en fous, j’ai fait un film !
C’est déjà ça.