Mode d'emploi : J'écris au jour-le-jour, à la première personne, depuis 2004, pour témoigner d'une vie d'acteur sur le long terme, m'obliger à ne pas oublier, le parcours, l'écriture, tisser un
lien avec des lecteurs grâce aux commentaires. C'est imparfait, parfois inutile, souvent à côté. On verra bien.
Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal.
Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Vendredi 19 juin 2009
Demain, avant-première Olornaise de No Pasaran. Pour l’instant, les deux séances de Montauban et celle d’Albi se sont très bien passées, avec un public enthousiaste. Deux sorties donc de prévues :
Sud le 15 juillet et sortie nationale le 2 septembre. Il semblerait que l’on s’oriente vers une sortie moins timorée que celle prévue initialement. On verra bien.
Je suis à la ramasse. Complètement flapi, fourbu, exténué. Le fameux contrecoup du tournage non-stop. Mon ordinateur est raccord avec mon état et a menacé de tout laisser tomber en fin de matinée.
Je croyais qu’il n’y avait pas de virus sur Mac mais ça y ressemble.
Ben, on va faire une sieste car ce soir, c’est la fête de fin de tournage de Suerte. On aura le plaisir (et la trouille) de découvrir une sélection de rushs.
Mardi 18 juin 2009
Retour à la casa. Ça fait du bien… Bon, il y a aussi les factures, la poste, la banque, le plombier. La vie réelle, quoi.
Et puis le planning de la suite. Les avant-premières de No Pasaran, la prépa de Hors la Loi. À ce propos, il faut encore que je me laisse pousser la moustache ! Six mois à ne pas pouvoir encadrer
mon reflet dans les vitrines. Pour Suerte, au moins, j’avais une gueule qui ressemble à la mienne.
Allez, vous me pardonnerez la brièveté de cet article !
Mardi 16 juin 2009
On pensait finir plus tôt dans l’après-midi mais il nous aura fallu trois heures pour faire ce qui aurait dû être un plan tourné en 30 minutes. Comme si on avait du mal à terminer le film.
Lundi 15 juin 2009
Pas grand chose à signaler aujourd'hui. On a tourné plus de séquences que prévu. On a aura moins pour demain, le dernier jour de Suerte !
Dimanche 14 juin 2009
Fête sage hier. La procession de Lugo, ce midi, consistait en une promenade d’un chariot sur roues orné d’anges entourant le Saint de la ville (je crois…). En tête de cortège, des femmes vêtues de
longs habits religieux blancs tenant des cierges dans les mains ( ?). Derrière elles, des prêtres vêtus, eux aussi de blanc. Puis, la fanfare. Mais attention, une fanfare à l’espagnole, des celles
qui jouent dans les arènes, sans fausse note, avec plein de nuances (pas nos bandas avinées !). Suivait ensuite le cortège du petit peuple dans lequel je me suis glissé, costumé en Christian.
Beaucoup de gens âgés endimanchés. Les processions des villes bourgeoises n’embarquent pas les foules.
Le plus impressionnant était sans doute la vibration des cloches de la cathédrale frappées à mano.
Après-midi de sieste suivi d’une promenade champêtre en solo (nous ne sommes pas loin de la verdure). Prêt à affronter l’avant-dernier jour.
Samedi 13 juin 2009
On vient de tourner une belle séquence. Une provocation qui se termine au coutchilio. Les figurants sont incroyablement doués. Un flic de la maison nous disait que le casting figu avait été bien
fait car la plupart des bonshommes sont connus des services de police.
Je craignais quelque chose de répétitif dans les scènes de prison. Pas du tout. Deux séquences qui pourraient se ressembler sont filmées différemment. Les atmosphères contrastent. La logique qui
conduit à la fin s’organise.
Au fur et à mesure qu’on tourne, les craintes s’effacent et la certitude qu’une matière intéressante a pris forme. Le film dans son entier se dessine comme une musique flamenca, du genre de celle
que j’écoute en écrivant ces lignes.
Demain, c’est dimanche mais on travaille. Enfin, deux petites heures pendant lesquelles mon personnage va errer dans une procession (une vraie).
Ce soir, c’est samedi. Donc, fête ! Je n’irai pas aussi loin dans la nuit que le semaine dernière (ni dans l’alcoolisation !) car à midi, il faudra être habillé et maquillé. Je suis d’une sagesse
excessive, je sais…
Vendredi 12 juin 2009
Plus que 4 jours pour Suerte ! C’est passé à une vitesse incroyable. Bien sûr, ça n’est pas terminé mais il se dégage déjà du film une étrange atmosphère, poétique et lunaire, en même temps que les
scènes d’action sont couillues. On dirait que le pari est réussi pour ce qui est du tournage. Les figurants de la zonzon espagnole assurent comme des bêtes et sont sur-motivés.
Peu de chances pour que l’auteur du roman (lecteur du blog) reconnaisse complètement son histoire mais je suis prêt à parier que ce Suerte là lui plaira. Car il a du goût.
Je suis désolé de ne pas mettre de photos mais ma connexion internet prend déjà trois plombes à laisser passer un article et je ne veux pas passer ma nuit à déposer des photos. Je ferai ça à mon
retour.
Jeudi 10 juin 2009 On est en prison jusqu’à la fin. Et il fait beau. Demain, je tourne en anglais.
Pas le temps de m’étendre car on a fini tard et on commence tôt. Mais je ferai plus long demain…
En attendant, voici les dates d’avant-premières de No Pasaran dans le Sud :
MONTAUBAN Cap cinéma 17/06 à 20H00
ALBI Lapérouse 18/06 à 20H15
BIARRITZ Royal 19/06 à 21H00
OLORON SAINTE-MARIE Luxor 20/06 à 21H00
TOULOUSE Gaumont Wilson 22/06 à 20H30
SAINT-GAUDENS Régent 23/06 à 20H30
MONTPELLIER Diagonale Capitole 24/06 à 20H00
CARCASSONNE Cap Cinéma 25/06 à 20H00
TARASCON sur ARIEGE Centre Multimédia 26/06 à 21H00
PERPIGNAN Castillet 27/06 à 19H10
BORDEAUX Mégarama 30/06 à 20H0
Je devrais être au moins à Toulouse, Oloron et Bordeaux...
Mercredi 10 juin 2009
Extérieurs-nuit, vent, pluie. Arrestation musclée. Les menottes, ça fait mal, en jeu. Ça tire, ça pince, ça écrase. Et comme on fait plusieurs prises, plusieurs plans, ça multiplie. Parmi les
figurants, il y avait un vrai flic. À la première répétition du moment où il me met dans la voiture, j’ai bien fait de n’attacher qu’une menotte, sinon je me serais déglingué les poignets, la tête,
le dos. Je plains les mecs qui se font serrer par lui. Il doit être du genre à savoir ce qui fait mal…
On devait terminer à deux heures du mat. On a presque pris une heure dans la vue. Comme, jour après jour, on avance les heures de convocation pour finir la semaine en jour, on rogne sur le temps de
repos, le temps où l’on n’est pas avec l’équipe, le temps où l’on glande.
Sinon, ce qu’on fait tient toujours bien la route. C’est ce qui compte. Mais bon, le corps, lui, geint de ses douleurs articulaires. Petite nature.
Mardi 9 juin 2009
La fatigue commence à se faire sentir. Pas celle d’une nuit de travail. Une fatigue plus profonde, plus insidieuse. Allez, encore une semaine, pas question de lâcher quoi que ce soit.
Je me suis réveillé avec un taux de satisfaction, par rapport à ce qu’on a tourné hier, de 65%. Quand on s’est habitué à une plus grande réussite, on se prendrait à nourrir des regrets. Il ne faut
pas, je sais.
Aujourd’hui, il ne pleut plus. Juste eu le temps de se lever, s’habiller, ingérer quelque nourriture, glisser trois lignes sur le blog et il faut repartir pour une journée qui s’achèvera à deux
heures du mat.