Mode d'emploi : J'écris au jour-le-jour, à la première personne, depuis 2004, pour témoigner d'une vie d'acteur sur le long terme, m'obliger à ne pas oublier, le parcours, l'écriture, tisser un
lien avec des lecteurs grâce aux commentaires. C'est imparfait, parfois inutile, souvent à côté. On verra bien.
Voilà justement le type d'écrit je veux éviter. C'est genre "je me prends au sérieux" un peu niais. Quand je fais un truc comme ça dans un article, je le laisse car c'est le jeu du journal.
Si la lucidité éveille l'orgueil, j'efface. Bonne lecture!
Heu... si vous cherchez de l'intimité, de la vie privée, vous serez déçu.
Beaucoup de temps passé à mes expériences de cristallisation (notamment pour mettre au point des moyens de mieux filmer). Pour
un obsessionnel de mon acabit et un homme-enfant que tout émerveille, c’est une sacrée aventure.
Et puis j’ai bossé sur mon dossier encore. Demain, nous avons rendez-vous avec ma productrice pour compléter le travail de
réécriture.
Le seul réalisateur à qui j’ai osé dire un jour qu’il me plairait de tourner dans un de ses films, c’est Manuel Poirier. Et
c’est un homme de parole, le Manu. Sauf qu’il est très distrait. Il s’est trompé. Il a embauché Bernard Campan…
Tenez, pour les curieux qui veulent voir de la cristallisation sensible…
Première cristallisation sensible réussie à 100 % avec ma nouvelle machine fabriquée avec mon marteau et mes clous et avec le
produit que j’ai récupéré avant-hier.
Après avoir récolté mes boîtes de Petri toutes belles, les nouvelles de la radio m’informent que notre président, lui, se
cristallise sur les roms et ceux qui ont de grosses voitures qu’ils ont acheté avec de l’argent pas très propre. S’il ne supporte pas les richesses mal acquises, il va devoir commencer par
balayer devant sa porte, le concierge !
Ce qui est bien, avec lui, c’est qu’on comprend tout ce qu’il fait et pourquoi il le fait. En l’occurrence, le climat du tous
pourris qui enveloppe le pouvoir et ses amis est favorable aux extrêmes de la droite. Avec les annonces fracassantes et racistes qu’il vient de faire, il détourne l’attention sur les communautés
et sur d’autres voyous que ceux qui ont été élus. Ainsi, il compte bien récupérer la frange glissante de son électorat, celle du café du commerce.
La gauche, elle, se frotte les mains. Enfin un cheval de bataille à enfourcher sur un terrain dégagé! C’est dommage, encore
une fois car, nous, petits citoyens, on a envie que les bandits de tous bords paient un peu et on est un peu las de leur arrogance. Mais on aimerait tellement que tout cela soit géré avec
intelligence et dans le respect des règles démocratiques de base. Au lieu de cela, on nous sert la bêtise, celle qui montre du doigt, qui amalgame, qui fait des blots.
Sur le tournage de Carmen, j’ai croisé des gitans qui roulent en grosse BM. Je sais pourquoi : ils jouent du flamenco dans
les résidences privées des copains du président. Ils gagnent donc de l’argent et doivent souvent faire un paquet de route.
Allez, laissons-le s’empêtrer dans ses magouilles et sa petitesse de vue et espérons voir naître en face des adversaires
porteurs d’espoir. Parce que pour l’instant, c’est la mouise à tous les étages.
Me voilà rentré à Paris ! Ne comptez pas sur moi pour vous conter mes vacances. Je consens tout juste à vous offrir
une vue sur la vallée de Bedous (vallée d’Aspe dans les Pyrénées pour les ignares). Je l'affiche en grand format pour rallonger la taille de l'article...
D’un point de vue professionnel, un article dans Télérama sur Lip et une invitation au festival du film d’Histoire de
Pessac.
Sinon, je suis revenu avec du chlorure de cuivre destiné aux cristallisations (hé hé hé). Et je retrouve mon dossier de
documentaire dans l’état où je l’ai laissé avant de partir. Comme il n’a pas cristallisé tout seul, il va falloir que je me remette à bosser illico !
J’ai demandé un report d’un mois pour la remise de mon dossier au CNC. Ça me laisse le temps de peaufiner mon projet. Jusque-là,
j’ai bien avancé dans la réécriture mais aujourd’hui, ma compagne rentre de vacances avec ses enfants. Je vais faire une pause et partir après-demain pour des vacances familiales dans le
sud-ouest. Repas de famille, mariage d’une cousine, visite à un copain puis à un monsieur qui pratique la cristallisation sensible, puis la plage.
Bref, pas de quoi alimenter le blog jusqu’à fin juillet (sauf nouvelle majeure…).
La rame est bondée. Un rom chante de la variété années 70 en s’accompagnant d’une guitare. Je bouquine. Mon
voisin, assis à côté de sa fiancée, sur les strapontins qui sont à ma gauche, fredonne assez fort les chansons du rom. Avec ses bras, il esquisse une danse. Sa fiancée dit sa gêne face à
l’exhibition de son compagnon. Hé bé quoi ?! Il y a de la musique, je chante et je danse ! D’autres lisent..., ajoute-t-il à mon adresse. La rame s’arrête à la station suivante. Mes voisins
se lèvent et le jeune homme donne un billet de 5 euros au chanteur. On va où, maintenant, dans cette ville de fou ? demande-t-il à sa compagne en rejoignant le quai.
Place Saint-Michel, un jeune australien boutonneux commence à traverser le boulevard, une planche de surf sous le
bras, au moment où les voitures démarrent. Il est stoppé net. Deux jeunes adolescentes françaises et néanmoins boutonneuses aussi lui disent : « Pourquoi tu veux traverser ? T’es
pressé ? Pourtant, vous, les australiens, vous êtes cool d’habitude. Il répond, avec un fort accent qu’il est un peu perdu parce qu’il n’y a rien à faire pour lui aujourd’hui. Mais, le peu
que j’ai à faire, je veux le faire vite ! Je ne suis pas certain que les jeunes filles partagent son point de vue…
Les films de Pierre Étaix ressortent enfin. Cet après-midi, je suis allé voir Le Grand Amour. Une comédie un brin
vieillotte avec l’absurde des années soixante-dix et le burlesque mélangé de Keaton et Tati. En fait, mon film, il ressemble à du Pierre Étaix…
Hier, j’ai croisé un ami qui venait d’avoir la plaquette officielle du film. Évidemment, je suis obligé à un
devoir de discrétion et je ne dévoilerai rien. Sortie, le 22 septembre. Mais, allez, puisque c’est vous, je vous lâche une info : En France, la communication sera le contraire de cette
affiche composée par Joël(le). Je sais, c’est pas un scoop.
Ce midi, je déjeune avec mon agent. Nous évoquerons le film mais aussi ceux que je viens de terminer. À partir de
ce bilan, nous échafauderons des perspectives. Comme si rien ne nous échappait…
Je travaille au dossier de documentaire. Mais c’est pour le moins fastidieux. Fastidieux par ce que je ne veux pas
rendre un dossier fait de copier/coller/couper. Il faut donc réécrire sans avoir l’impression de refaire la même chose, trouver la bonne clé.
Comme je ramais, hier, je ma suis fabriqué une étuve à cristallisation sensible sur les plans d’un pro du domaine.
Ma copine se demandait si j’allais garder l’espèce de grosse couveuse que j’utilisais jusqu’alors avec plus ou moins de réussite. Dans mon bureau, c’est la première chose que l’on voyait et
chacun était en droit de se demander ce que je foutais avec une éleveuse à papillons et poussins à Paris.
L’étuve que je viens d’installer est peut-être pire encore. Une grosse caisse en contre-plaqué qui nous ramène
davantage à l’esthétique des papis bricoleurs qu’à celle des designers. Le problème majeur de tels furoncles c’est que le visiteur me demande immanquablement à quoi ça sert. Et je n’ai pas
forcément envie d’expliquer pourquoi je fais des expériences de cristallisation sensible. Bon, mais ça servira au documentaire, quand mon personnage essaie par tous les moyens à rendre visible
l’invisible.
J2L, si t’es encore à Paris, je serai vers 11 heures au niveau du 114, Champs Élysée, appuyé à une barrière
métallique, un bob sur la tête et un petit drapeau bleu blanc rouge à la main !
Tiens, un petit rajout. Quand je cristallise, l'État décristallise les retraites des anciens combattants. Merci
Indigènes !
Journée seul, sensée être consacrée au travail.Tu parles ! J’ai très bien glandé mais m’y suis mis tout à
l’heure à la fraîche.
Un coup de fil de mon agent me proposait un tournage de mi-août à mi-septembre. J’ai lu le scénario et ai jugé que
je ne pouvais sacrifier mes vacances en Suède.
J’ai écouté Sarkosy. Il m’a convaincu de son honnêteté et de celle de Vrout. Il l’a répété plusieurs fois. Il ne
doit pas mentir. Et puis, il a raison, c’est normal qu’on fasse des cadeaux aux riches, sinon ils vont partir ailleurs et on peut bien travailler deux ans de plus puisque l’espérance de vie a
augmenté de 15 ans en soixante ans.
Ce qui a de bien, avec lui, c’est qu’on comprend tout bien. J’aurais aimé l’avoir comme instit en CE1/CE2. Vous
savez, ces classes où les élèves sont persuadés qu’ils apprennent quelque chose.
Quelques mots pour signaler deux événements majeurs hier : une projection d’équipe de Hors la Loi et un pot
avec Pascale à Ménilmontant. Désolé J2L. Comme ça s’est goupillé à l’impro, j’avais pas ton phone pour te prévenir.
Sinon, Guytounet, quand j’accueille en plus un de mes enfants, je ne vais pas lâcher tout le monde pour aller
écrire un article, quand même…