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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 13:30

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FILM À GROS BUDGET
Comme pour venir contredire mon propos de l'autre jour, Michel Gondry tourne l'Écume des jours dans mon quartier, au pied de chez moi, avec Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Aïssa Maïga, Alain Chabat, Philippe Torreton, Omar Sy (tiens !)… Évidemment, question casting, ça envoie ! Et de fait, les badauds sont nombreux à chercher à reconnaître tel ou tel. L'effet people, ça marche, évidemment. À en juger par le nombre de cars loges, de camions, de limousines noires, nous sommes sur un film à gros budget. Si l'on ajoute à cela les costumes, bagnoles déco trafiquées, le nombre de figurants, la déco complètement loufoque, on devine que ce film n'aurait jamais pu se faire avec un budget minable. Il fallait beaucoup beaucoup d'argent. Donc, un gros casting pour donner envie aux financeurs et, peut-être, aux spectateurs. Pour rassurer tout le monde, il fallait à Gondry et Vian, toute une bande de têtes connues. Logique. Cohérent.

LES LIMITES DU SYSTÈME
L'idée des Telenkables est née la veille de l'article, après avoir croisé un ami acteur qui partage mon point de vue sur les limites et dégâts d'un système de financement presque exclusivement axé sur la pipolisation des castings. L'idée d'une table ronde que je proposais n'a pour but que de lancer une idée, dresser un constat, exprimer un doute sur le bon fonctionnement d'un système qui a pour effet
-    d'appauvrir la teneur artistique des films,
-    de limiter l'éventail des acteurs qu'on retrouve d'un film à l'autre,
-    de générer des écarts de salaires complètement aberrants,
-    de marchandiser l'artistique,
-    d'affadir les scénarios pour les rendre vendables,
-    pour un résultat objectif qui n'est pas automatiquement au rendez-vous.


LES SOLUTIONS
Une fois l'idée lancée qu'il faudrait réviser les règles du jeu, il faut voir quel échos elle reçoit au sein de la profession. Si j'en juge par les « j'aime » et les commentaires, nous sommes une toute petite minorité à vouloir nous saisir de la cause. Je ne suis pas un meneur d'hommes, un porteur de drapeaux. Si je ne suis pas relayé dans la démarche, elle n'ira pas bien loin. Pour ma part, cela n'a pas grande importance et j'ai bien conscience du côté donquichottesque de l'entreprise. Le simple fait de dire, à un moment, me suffit. Mais je reste ouvert à ceux qui voudraient prendre une part active, faire des propositions concrètes. Pour l'instant, quelques acteurs ont manifesté leur intérêt, de rares réalisateurs et scénaristes. Aucun producteur. Pas de quoi générer un mouvement face au colosse.

Si cette démarche n'aboutit à rien (ce qui est vraisemblable), on sait les solutions pour naviguer dans ces eaux très canalisées : faire preuve d'opportunisme et bénéficier de chance pour essayer de se hisser au rang des bankables, ondoyer dans les officines pour parvenir à grand peine à mettre sur pied des projets financés, s'accommoder du système et s'y adapter tant bien que mal…

Ou alors, prendre le maquis. Faire des films sans un rond, comme Thomas Bardinet et son Nino tourné par lui seul avec un appareil photo et une troupe de théâtre amateur. Les limites de cette indépendance est qu'on a rarement les moyens de porter les réalisations jusqu'à leur ambition, pour un public. À moins d'avoir des potes journalistes, un bon réseau dans les festivals, l'appui d'un jeune distributeur fou qui prend des risques. Dans ce cas, évidemment, la prise de risque est collective. Et énorme. Qui peut s'engager dans une disponibilité de plusieurs semaines sans être payé, si ce n'est des jeunes qui ont tout à gagner, ou de vieux riches qui n'ont plus besoin de pognon ? Le pognon, toujours lui. En tout cas, cette liberté va à l'encontre de toutes les règles du droit social. C'est dans le cadre de ces règles, précisément, que se situe ma démarche initiale.

Il est très facile, aujourd'hui, de faire un film avec l'évolution des matériels grand-public, pour pas un rond. Combien de temps et d'énergie gratuite ? Le film peut parvenir, par le miracle d'une sélection dans un festival médiatisé, à trouver une existence. Mais qui gagnera finalement de l'argent dessus ? Pas forcément ceux qui se sont mis en péril pour le faire.

QUI CONTINUE ?
Voilà donc le regard que je porte sur notre système de production. J'ai donné, pas mal tourné, tournerai encore, fais mes propres films financés. Pas d'amertume. Je mène ma barque. Mais il me semble (ou me semblait) qu'il y a quand même deux trois choses à aborder avec lucidité et des combats à éventuellement mener de façon collective pour améliorer une situation. Les utopistes finissent toujours par s'en tirer individuellement. Vouloir donner une pichenette à un système n'est pas forcément vain et inutile. Et puis, ce qui me rassure, c'est que, si j'ai eu cette idée, elle est née aussi chez d'autres, peut-être mieux placés pour la faire avancer.

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 18:21
Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 15:14

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ACTEURS ET CINÉMA

Le cinéma est le 7ème art. Il est une industrie. Suivant l’évolution des valeurs qui prévalent dans tous les échelons de la société, ce sont les règles du commerce et de l’argent qui en régissent désormais son fonctionnement, au détriment de sa valeur artistique.

 

On assiste à un lissage des scénarios, une uniformisation des images. Pour exister, un film doit passer par le filtre de différentes commissions, obtenir l’aval des producteurs, des distributeurs, des diffuseurs, des directeurs de programme des chaînes pour les téléfilms. Un des critères qui prévaut est le choix des acteurs. Et ce choix ne repose plus depuis longtemps sur leur éventuel talent, mais sur le fait qu’ils sont ou non « bankables », comme on les appelle cyniquement.

 

Un système qui repose sur un mythe

Bankable suppose qu’ils vont générer des spectateurs, donc du profit par l’intermédiaire de l’audience. Pour la télé, on parle très directement de parts de marché.

 

Sommes-nous si certains que c’est le casting estampillé bankable qui génère le succès d’un film ? Les acteurs sont-ils vraiment comparables à des produits alimentaires qui provoquent des pulsions d’envie ? En théorie, sans doute y a-t-il du vrai, concernant certaines stars hollywoodiennes. Mais pour l’ensemble de la production française existe-t-il des statistiques précisent qui vérifient la corrélation entre bankable et succès ? Ces statistiques n’arrangeraient personne car elles montreraient un grand nombre de films qui ont échoué alors que les fameux acteurs employés par nécessité financière ont englouti d’amblée du budget avec des salaires de plusieurs centaines de milliers d’euros, voire millions. La règle est tellement fausse, qu’un film qui se monte avec un petit budget parce qu’il n’y a pas de gros bankables (Intouchables avec Cluzet, ex-bankable vieillissant et Omar Sy, fils de la télé) peut, après un gros succès, hisser des acteurs de milieu de gamme au rang de produits de luxe. Si l’on avait monté ce film avec les valeurs hautes de l’époque, le succès n’aurait pas obligatoirement été le même.

 

En réalité, c’est sur ce mythe que se construisent les financements. On se fout du succès d’un film. On cherche juste à le financer, à se financer, en espérant tout au plus qu’il sera un numéro gagnant, avec une qualité d’engagement à peu près équivalente à celle d’un joueur de roulette timoré.

 

Retrouver l’art

Il y a toujours un temps de retard des financiers : ils ne savent pas juger qui sera bien pour tel rôle, dans tel film. Ils n’ont aucun goût artistique et ne raisonnent qu’en terme de valeur de marché. Ils considèrent les spectateurs comme des consommateurs et les acteurs comme des produits commerciaux. Mais ils se trompent.

 

Un film c’est aussi et surtout un scénario et un réalisateur. Mais c’est trop compliqué pour les décideurs de reconnaître les vraies valeurs artistiques, les réelles attentes du public. Ils tâtonnent, sont inquiets et se réfugient dans des valeurs qu’ils croient sûres. Pas de risque. C’est le cinéma dans son aspect artistique qui est atteint. Les scénarios s’affadissent, devant répondre à des critères de facilité. On préfère les faiseurs aux auteurs et les gueules connues aux vrais castings.

 

Un film, pourtant, part d’un écrit qui sera mis en image par des techniciens et une équipe de réalisation. Les acteurs devraient être choisis par leur faculté à incarner tel ou tel personnage. Pour avoir fait du casting de l’autre côté, je sais quelle est la difficulté à glisser un acteur dans la peau d’un personnage. Quand on fait bien ce boulot, on fait des choix artistiques. On va choisir tel acteur parce qu’il va orienter le personnage dans tel ou tel sens, renforçant le regard artistique que le réalisateur porte sur l’ensemble du film. Aujourd’hui, dans les bureaux de production, on va entendre pour un même rôle : « oui, Pascal Grégory il est bien dans ce rôle mais Benoit Poelvoorde est ok. C’est bon pour la copro belge… ». Comment un réalisateur peut-il ne pas perdre son âme devant de tels choix non-artistiques ? Comment un spectateur peut-il être comblé par un amas consensuel ? Un bon livre, un bon film ne doivent-ils pas nous modifier en profondeur ? Comment l’espérer de produits basés sur ce que l’on sait déjà, sur des règles de marketing ?

 

La presse complice

La notoriété des bankables se construit dans les journaux et sur les plateaux de télévision. La presse en France suit d’un même pas cette logique aberrante, faisant dans le people de base pour satisfaire les annonceurs publicitaires, ne cherchant à aucun moment à initier une reconnaissance qui ne soit déjà validée (en dehors de quelques-uns qui vont consentir un effort pour quelques copains). La presse est partie prenante de ce système. Les actualités people glissent d’un plateau de télévision à l’autre, pour la plus grande lassitude des téléspectateurs.

 

Pour ma part, après une centaine de films, c’est dans la presse étrangère que j’arrive à trouver deux trois critiques qui me citent. C’était dernièrement le  cas de Hors La Loi. Silence radio pour Cannes. Presse américaine.

 

Vers une table ronde

J’ai souvent dénoncé ces règles absurdes dont bon nombre d’acteurs, reconnus et appréciés dans la rue, les « trop rares », mais rejetés des rôles importants et de la presse, font les frais. Les spectateurs eux-mêmes la subissent. Le 6 mai, nous avons dit non à un système basé sur l’argent et les privilèges. L’heure est venue d’arrêter de nous plaindre et de prendre part aux questions qui nous occupent.

 

Les acteurs sont dans les catégories de professionnels du cinéma les plus individualistes. Ne pouvons-nous pas imaginer nous rendre les instigateurs d’une table ronde impliquant tous les partenaires du système, de la production à la presse, en passant par les financeurs et les diffuseurs, le ministère ? Je lance une page Facebook intitulée Les Talenkables (http://www.facebook.com/LesTalenkables) ., ouverte aux acteurs connus, moins connus ou inconnus, à tous les corps de métier concernés par le cinéma et la télévision et tous les spectateurs.

 

Je fais cette tentative, au-delà de je ne sais quelle revendication amère. Parce que c'est une période qui peut s'ouvrir à la parole et aux actes.

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 12:00

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Luxey, je prends la pose parmi les gemmeurs. C’était la semaine dernière, quand la droite était encore au pouvoir.

 

Pour le Village Français, la rencontre s’est bien passée, mais le choix n’est pas fait. À suivre…

 

L’Été de Lip a été peu regardé (face à The Voice). Mais j’ai eu de nombreux retours (encore hier soir) de gens qui avaient enregistré ou vu sur le Web.

 

Dans mon quartier, les merles chantent. Je me suis amusé à reproduire la mélodie de l’un d’entre eux en sifflant. C’est devenu le tube du quartier, tous les mâles se l’appropriant. J’ai appris que les merles avaient attendu le XIXème siècle pour entrer dans les villes. Certains reproduisent des sonneries de portable dans leur chant. Je m’amusais déjà à dialoguer avec les chouettes et hiboux. Mais à Paris, il n’y en a pas.

Je fais un drôle d’oiseau, tiens…

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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 11:27

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Hollande a gagné. Putain, ça fait du bien ! Comme j’ai le fâcheux défaut de prendre à cœur la chose collective, me voilà soulagé d’une épine dans la tête.

Fini ces mots à double sens, ces doigts accusateurs montrant les chômeurs, les syndicalistes, les fonctionnaires, les étrangers, le faux travail, la France qui se lève tôt ou tard, du haut ou du bas. Fini cette façon de dresser les uns contre les autres, de donner des leçons, de magouiller sans cesse, ces épaules qui soubresautent, cette tête à tics et à claques, ce mépris partisan et hautin. Ça fait du bien, déjà.

À gauche, on dit juste que ceux qui gagnent du pognon doivent partager un peu, participer aux efforts, redistribuer, récompenser davantage ceux qui bossent pour les enrichir… c’est pas de la haine. Juste de la justice. La différence est là.

 

La vie reprend donc un tour plus détendu, apaisé. Ce midi, j’ai rendez-vous avec une journaliste pour parler de Secrets de sourcier. Voici d’ailleurs le dernier papier paru sur le site de l’INREES. C’est ICI. Après l’entretien, je pars illico pour une rencontre pour une participation au Village Français. Mercredi, ça sera un autre rendez-vous pour mon court-métrage. La sérénité revient.

 

On est passé à la Bastille, en un joyeux groupe familial et amical. C’était la fête, la joie, le mélange, la parole, l’échange. Un truc qu’on avait un peu oublié, quoi.  

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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 11:58

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Il fait frais, pour un 6 mai. Croisé pas mal de gens de droite dans mon bureau de gauche. Une vieille dame allait voter en ayant oublié de mettre son bulletin Sarkozy dans l’enveloppe. Conclusion, la droite rameute jusqu’à ses vieux qui ont voté pour la dernière fois en 69.

 

J’ai peur que ceux qui sont les premiers à cracher sur la politique et se croient de gauche, n’aillent pas voter. Ceux-là auront voté tout simplement Sarko.

 

Rien à voir : pour ceux qui ont raté l'Été des Lip de Dominique Ladoge, hier soir (je joue Piaget), c'est visible ICI

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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 19:09

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Tournage de Landes terminé hier. Très bien passé entre les gouttes. Une jolie petite séquence pendant laquelle j’appelais à la grève. Comme je le ferai ce soir, sur France 3, dans la peau de Piaget. C’était ma période rouge. Période appuyée par les élections de demain.

 

À ce propos, on vient de m’informer d’une mesure importante : afin d’éviter l’engorgement des bureaux de vote, il est demandé aux électeurs de Hollande de voter dimanche et à ceux de Sarkozy, de voter lundi 7 mai. C’est pas bête.

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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 16:36

389348_10150719208963138_735143137_9735659_1778123647_n.jpg J'incarne Charles Piaget dans ce film de Dominique Ladoge. Pour rester dans l'ambiance...

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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 00:14

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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 22:05

Bordeaux. J’ai défilé pour le premier mai du faux travail et des drapeaux rouges. Avant d’y croiser quelques vieilles connaissances, j’ai failli tout bonnement me défiler. C’est vrai, quoi ! Ces derniers temps, je me rends compte que c’est Sarko qui me met sur le pavé. Il instrumentalise mes dimanches et jours fériés.

 

Décision est prise que, si par la faiblesse du peuple Français, il lui était donné de continuer sa politique de casse (ou de classe), son racisme, son cynisme, il ne faudrait pas compter sur moi pour aller faire le guignol dans les rues. J’ai dit ce que j’avais à dire. Un nouveau contrat à cette équipe aurait pour effet de produire chez moi une grande lassitude. Mes enfants sont assez grands pour se battre eux-mêmes pour leur avenir. Le mien, je m’en occuperai en consentant, éventuellement, à faire de la résistance passive (arrêter du fumer, par exemple, rechercher tous les moyens de me soustraire, d’éviter au maximum de donner de pognon à un état pourri et injuste).

 

J’avais dit, dans un article de l’après-premier tour, qu’il ne fallait, notamment, ne pas laisser le sujet de l’immigration dans la seule parole de la droite. J’avais pensé qu’il fallait que Hollande s’en saisisse pour casser les préjugés, les peurs stupides et étriquées. Il y avait plein de choses intelligentes à dire, à proposer, à commencer par rappeler que les sans-papiers, les patrons les utilisent illégalement comme main d’œuvre pas chère. Malheureusement, le camp Hollande a toujours éludé le sujet, a botté en touche. Le petit président peut ainsi gagner son pari. En tout cas, si Hollande perdait, je n’aurais même pas de colère, ne serais même pas déçu, ni triste. Juste un vague sentiment de dégoût et de renoncement. J’en ai ma claque de prendre ces choses trop à cœur. Le jeu politique m’use quand le peuple se laisser « berner » en fournissant en plus la vaseline.

 

Il nous reste le débat de demain, que je ne vais pas rater. On est  à 50/50. Ça va se jouer là. Si on en reste à Sarko qui dit il y a trop d’étrangers, de rouges et je vais vous sortir du merdier de la crise (les responsables c’est les étrangers et ces cons de fonctionnaires grévistes), il reste au niveau du café du commerce qui touche les Français les plus rikikis du ciboulot. Si en face, il ne se dit rien d’audible, d’archaïque et de percutant, on aura perdu. Et ça ne sera pas plus de la faute à Sarko que de celle à Hollande. Ce sera bien fait pour les Français.

 

Voilà. Au moins, en cas d’échec le 6 mai, l’article est déjà posté. En cas de victoire, il y en aura un, promis.

 

Bien. Sinon, j’ai trouvé une belle grotte pour mon court-métrage, dans les Pyrénées. Et puis, la moustache syndicale me va bien pour continuer à incarner mon personnage de Darrouy, dans Landes. Ne pas oublier que je suis comédien, à la base. Et réalisateur...

Je craignais que le film ne se fût noyé sous les averses mais, elles ne durent jamais longtemps. La majorité des plans s’est tournée entre deux. Vendredi soir, c’en sera terminé pour mon rôle. Jeudi, d’ailleurs, il lance un appel à la grève. Comme quoi, c’est une vieille histoire, tiens. Elle se situe au début du vingtième siècle. Les patrons parlaient déjà comme Sarko.

Heureusement qu’il y a eu, depuis, le Front Populaire, la Résistance et mai 68 pour leur rappeler que le peuple pouvait conquérir quelques droits légitimes. Heureusement qu’il y a eu des gens pour prendre le drapeau rouge au service de la France qui bosse. Aujourd’hui, la France forte ne s’est plus contentée de la bite de la Concorde. Il lui a fallu (s) la Tour Eiffel pour exhiber sa virilité. Le discours consistait à demander de poser les drapeaux rouges pour se mettre au service de la France qui entube.

Votez en conscience ! Et ce n’est pas Darrouy qui parle.

Par Bernard Blancan - Publié dans : blancan
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