Le so(u)rcier. Tel est le titre du roman que j’ai commencé pour de bon. J’essaie ne ne pas écrire trop bien pour tenter d’en faire un best seller. Je n’ai pas trop de mal à ça. Je veux dire, à pas trop bien écrire. J’ai quasiment toute le trame. En lisant des polars américains ou nordiques, j’ai essayé de comprendre les astuces qui me conduisaient à vouloir toujours continuer le bouquin. Recettes de frustrations dosées. Repérages des petits effets à éviter quand même.
J’ai fait lire les dix première pages à mon fils le plus jeune. Il en redemande. La suite, la suite ! Il y aura de l’amour, du fantastique, de la campagne, du magique, du scientifique, de la mort. Bref, je suis sérieusement tout excité par cette écriture.
Voilà longtemps que j’avais envie de glisser mes expériences et rencontres autour de la sourcellerie, du magnétisme, du paranormal en général, dans une fiction. J’avais essayé une première fois, il y a un an ou deux, mais le personnage principal était trop proche de moi. Je peinais à écrire et voyais bien que ça n’était pas très palpitant. L’idée de cette nouvelle piste m’est venue quand nous avons eu le projet, avec des copains, Benoît et Salomé, de tourner un film à l’arrach’, vite écrit.
Ils avaient assisté tous les deux à la projection de Retour aux sources et Salomé était d’accord avec moi pour dire que Ludo, le jeune sourcier, était un vrai personnage de film. C’est ainsi que j’ai griffonné une histoire qui le mettait en scène avec Salomé. L’histoire qui est sortie de mon griffonnage était trop complexe pour un film vite fait. Mais je tenais une histoire et des personnages forts qui ouvraient la possibilité d’un long métrage. Mais d’abord, d’un roman. Depuis que j’écris en pensant à des personnages très éloignés de moi, je me régale à avancer masqué, derrière eux, à travers les situations, les petits détails. On parle finalement beaucoup plus de soi dans la fiction que dans l’écriture à la première personne qui oblige à beaucoup de retenue, au-delà même de la pudeur. Si je parviens à cette étape du livre, les choses seront plus faciles pour envisager un film. Mais on n’en est pas là…
J’aimerais écrire jour et nuit, mais je suis empêché par mes activités normales. Je dois vendre ma voiture de petit bourge pour en acheter une d’intermittent, m’occuper de la famille et avancer sur mon court-métrage. Ainsi, demain, j’ai un essayage costume pour ma casquette d’acteur dans une série et l’après-midi, on va faire des essais caméra avec le chef-opérateur et deux des comédiens pour Ogres-niais. Ça, c’est la casquette réalisateur. Vendredi, j’ai rendez-vous avec mon pote magnétiseur, chez qui on va tourner dimanche sous ma casquette d’acteur dans un documentaire. Juste avant, je pose la voiture au garage. Le soir, je prends la casquette métapsychiste pour préparer ma petite participation à une journée sur la psychokinèse le samedi. Dimanche, je tourne. Plus le reste. Quand est-ce que je vais écrire ?
