Mardi 14 février 2012
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Il y a des moments qui crispent. Ceux qui vous emprisonnent dans une posture d’attente. Particulièrement si les nouvelles que
vous attendez sont des réponses qui vont définir vos lendemains. Si elles sont bonnes, c’est formidable. Votre vie va s’améliorer, les chemins tracés seront élargis. Si elles sont mauvaises, vous
aurez des décisions à prendre, des actes à fournir en conséquence. Plus les enjeux sont grands, plus les attentes sont longues et insupportables. Par exemple, vous attendez le résultat du loto.
C’est chiant, d’attendre le résultat du loto (je n’y joue pas). Sauf que vos savez quand même que vous avez à peu près toutes les chances de perdre. Mais, même là, vous avez votre petite montée
d’adrénaline. Votre vie peut basculer grâce à quelques boules numérotées. Cette attente, se résume aux quelques minutes qui précèdent le tirage. Après, vous n’avez plus qu’à vous remettre à rêver
doucement au tirage suivant.
À chaque fois que j’attends des décisions sur tel ou tel projet, je ressens cette angoisse sourde qui embarque tout. Si c’est
oui, je fais mon film, par exemple. Des mois et des mois d’occupation se dessinent. Si c’est non, je vois ce que je peux faire. Il faudra imaginer. Le quotidien sera très très différent. Mais
tant que la réponse n’est pas là, il faut attendre le tirage. Et il n’y en a pas deux par semaine.
Et là, j’attends des nouvelles sur de la presse éventuelle pour les bouquins. Il y a deux semaines, c’était le lundi suivant
qu’on ferait le point. Pas de nouvelle signifie que la personne qui s’en occupe galère et essuie des refus. Dans un cas, il y a des ventes et des signatures et des encouragements à persévérer
dans le domaine. Dans l’autre…
J’ai inscrit Retour aux sources dans plusieurs festivals. Pour l’instant, on a rencontré le refus du Cinéma du Réel. On sait que
l’avenir même du film dépend de sa participation ou non à des festivals. Il suffit qu’il soit pris dans un pour que d’autres le prennent. La vie du film peut démarrer. Elle aidera d’autres films
à se tourner. S’il n’y a pas cet amorçage, il faudra se contenter de quelques projections ici et là. C’est pas pareil.
Comme acteur, j’ai passé en décembre un casting pour un film dont on est assuré qu’il aura une belle existence en salle puis en
DVD. Si je suis pris, c’est un grand coup de starter qui est donné à ma carrière d’acteur. Le rôle est pour moi. Mais voilà, le réalisateur ne s’est toujours pas décidé. De cette réponse va
dépendre la posture que je vais aborder face au métier. Mais pour faire le choix de cette posture, encore faut-il avoir la réponse, mauvaise ou bonne.
Comme chaque Français un peu responsable, j’attends aussi les élections de mai. Si c’est le même, on sait que nous serons peu
nombreux à bénéficier de perspectives (tout le monde n’est pas grand patron). Si c’est l’autre, on peut nourrir quelque espoir d’une amélioration, d’une plus grande justice (même si on sait
que…). Rien qu’un peu plus de justice et moins de mépris, ça change la donne.
Bref, je me retrouve dans la situation du joueur qui a misé sur toutes les tables. Sauf que ce n’est pas de l’argent qui est en
jeu, mais des années d’acharnement, de travail et de passion.
Bon, d’accord, j’ai fait le choix, il y a plus de vingt ans, de quitter la fonction publique. La question du lendemain ne se
posait pas de la même façon (quoi que, par les temps qui courent…).
Mes expériences sur citrons, tomates et autres générateurs de nombres aléatoires, m’ont appris que la pensée pouvait être
agissante. Alors, je vous remercie à l’avance de nourrir les meilleures pensées et les plus beaux espoirs pour le résultat de mes attentes. Vous en serez récompensés en retour.
Allez, on y croit ! On va déjà vérifier en regardant le 20 heures de demain. Imaginez qu’il ne soit même pas
candidat ! Non, là, je déconne. Il n’est jamais bon de trop rêver. Il est plus sage, sans doute, de nourrir de justes espoirs…