23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 14:51
De Karl Marx à Pierre Carles

Je viens de commander le coffret DVD d’une excellente série documentaire diffusée par Arte sur le capitalisme. On y apprend que notre système économico-polique mondial n’a rien de moderne mais se résume à la stricte application de concepts nés au XIXème siècle. On s’aperçoit aussi qu’un certain Karl max (que l’on a jeté dans la poubelle avec le mur) proposait une analyse très fine de ce que nous vivons aujourd’hui (et des solutions). Notre état économique n’est que la suite logique du libre-échange et du choix de la primauté de l’économique sur le politique et le social. Bref, ça nous raconte que, contrairement à l’espèce de fatalité qui fait que notre gouvernement se soucie davantage de questions de dettes que du bien vivre de ses concitoyens est un choix qui s’inscrit dans cette continuité capitaliste.

Pourtant, il existe quelques petits pays qui font l’expérience d’un socialisme démocratique et se foutent bien des règles imposées par le FMI. C’est par exemple de cas de la Bolivie où Evo Moralès vient d’être réélu ou encore de l’Équateur dirigé par un économiste socialiste, Rafaël Correa, qui affiche une croissance et un taux de chômage à faire pâlir nos dirigeants. Pourtant, on n’en parle pas. Ou si peu.

Pierre Carles est en train de réaliser un documentaire autour de ce personnage et du silence radio qui entoure ses visites à l’étranger. Ben oui, c’est con, il est instruit, bardé de diplômes, parle français et a l’audace de prouver qu’une autre politique est possible dès lors qu’elle tourne le dos au dictat de la finance et du capitalisme. Dans ce documentaire, Pierre Carles, comme à son habitude, s’interroge sur ce silence de la presse Française. Vous pouvez voir le premier volet de ce documentaire en cliquant ICI et même faire un don pour financer le second volet.

Voilà deux raisons qui expliquent le plaisir que j’ai eu de voir une petite affiche rouge dans ma rue… 

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 20:11
L'affiche

Hier soir, en regardant par le balcon, je pouvais me réjouir qu’une affiche du NPA, bien rouge, ait fleuri sur la façade d’en face, sur un bout de mur entre deux portes de garage. Dans la vie, il y a ceux qui marmonnent que les politiques sont tous pourris, qu’on vit dans l’insécurité, qui dodelinent de la tête devant Pujadas, qui râlent parce qu’ils paient trop d’impôts mais ne font rien qui puisse exprimer une quelconque volonté de modifier quoi que ce soit. On touche à rien, compris !

Je suis d’une génération de colleurs d’affiches. De celles qui crient aux yeux de tous qu’on peut changer le monde, rêver de se prendre collectivement en main, qui dénoncent les injustices. Tous les droits sociaux, ceux qui profitent à tous, qu’on rabiote régulièrement, ils sont nés grâce aux colères des colleurs d’affiches bien rouges. Je sais. L’URSS, les chars, les dictatures rouges... Ça, c’est une autre histoire, celle qui vient souvent après. Quand on remet de l’ordre et qu’on envoie au cachot les colleurs d’affiches qui vous ont mis au pouvoir.

Aujourd’hui, les affiches collées par des gens convaincus (dès qu’ils sont payés, c’est plus la même histoire) ont été remplacées par des tags, petits cris autocentrés dont le message se résume à la signature de son auteur. Ce n’est plus un cri collectif mais une multitude de petits cris solitaires vains. Les manifs qui ont du succès sont celles de la petite bourgeoisie  bleu marine effrayée que des homos puissent se marier. Triste colère des « Surtout tu touches à rien ! ».

Bref, à moi, ce petit coquelicot m’a fait plaisir. Jusqu’à ce que j’assiste à son arrachage, ce matin-même. L’homme courageux ? Le petit patron en vieux 4X4 du petit garage clandestin fraîchement installé dans la rue. Je ne suis pas certain qu’il sache ce qu’est le NPA. C’est intuitif. Il sent que le rouge, c’est jamais bon pour les patrons (sauf s’il est liquide, rajoutera Barande).

Tiens, pour la peine, je la recolle avec Photoshop !

L'affiche

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 12:39
Of men and war. Le film à voir !

Of men and war sort au cinéma Le Panthéon ce mercredi. Il s’agit d’un documentaire de Laurent Bécue-Renard qui avait eu les honneurs d’une sélection au dernier festival de Cannes. De quoi s’agit-il ? Du témoignage de soldats Américains en thérapie post guerre. Encore un tract anti-américain ? Désolé, ce n’est pas le sujet. Il ne s’agit pas dans ce film de juger les actes d’un pays mais de s’approcher des hommes qui ont fait la guerre et racontent leur colère du passage du monde des vivants à celui qui génère la mort. Et de leur impossible retour au premier, celui de la vie.

Jamais une fiction sur la guerre n’était parvenue à nous faire accéder aussi justement à cette dimension. On parle du pourquoi la guerre, on la justifie ici, la dénonce là. Les considérations sur le sujet sont toujours collectives, sociétales. La guerre c’est pas bien, si l’on est pacifiste. Les Américains sont des impérialistes, si l’on est politisé. Mais dans ce film, Laurent Bécue-Renard déplace le regard : un état, une nation, une coalition décident d’entrer en guerre pour le bien de la collectivité qu’il représentent. Peu importe la guerre. Peu importe la période dans laquelle elle s’inscrit, peut importe les nations concernées. À partir du moment où la collectivité décide la guerre, des individus de cette société dans laquelle tuer est puni entrent dans une nouvelle norme : il faut tuer, voir mourir ses proches et échapper soi-même à la mort. Voilà la nouvelle norme pour des êtres humains civilisés dont la conscience a été balisée depuis l’enfance par des règles pacifistes et humanistes. C’est la construction psychique de ces hommes qui s’en trouve totalement modifiée. Ils ne sont désormais plus eux-mêmes, mais des machines à tuer, des humains armés, confrontés au sang des leurs et des autres. Une fois la guerre terminée, il n’est plus question pour eux de résoudre le moindre problème à la cartouche. Il faut revenir dans le monde où l’on ne tue pas, où l’on a une famille, où l’on doit éduquer ses propres enfants, celui où la mort est rare, accidentelle ou provoquée par la maladie. Il leur faut alors reconstruire un nouveau soi-même. Renaître. Différent de ceux qu’ils étaient avant de partir faire la guerre.

Et nous qui n’avons pas connu la guerre, nous portons une part de cette horreur. Celle de nos ancêtres qu’on a voués au silence ou aux commémorations à fanfares et drapeaux, devant des monuments aux morts. Celle des justifications des guerres en cours dont les images qui nous parviennent sont déshumanisées, jeuvidéoteasées, avec les gentils et les méchants. On en oublie que ce sont nos semblables qui tuent et baignent dans le sang.

Voilà ce que nous racontent ces jeunes anciens soldats qui tentent de redevenir des hommes. Voilà le regard que nous propose Laurent Bécue-Renard avec ce film essentiel, extrêmement novateur, extrêmement intelligent, extrêmement pudique et sensible, extrêmement respectueux de la parole de ces hommes, de leurs silences et de l’intelligence supposée du spectateur.  Si le sujet est fort, il ne suffirait sans doute pas à faire un film de cinéma sans le talent du réalisateur, la qualité des images, le travail minutieux du son et de la musique, l’intelligence du montage. Bref, Of men and war est un film essentiel. Un film sur la vie, pour la vie, pour celle de nos enfants. Un film qui pense et fait penser. Un film qui vous bouleverse, vous nourrit et vous change.

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 16:00
LA FRENCH

Ce matin, projection d’équipe de La French de Cédric Jimenez. Jean Dujardin et Gilles Lellouche ont eu l’élégance de venir alors qu’ils avaient déjà vu le film. C’est con, mais c’est à noter. Ça raconte un peu des acteurs. La classe.

J’allais à cette projection avec la trouille. Non pas que le film soit raté. Je savais qu’il ne l’était pas. En tournage, on sent quand il se passe quelque chose. Et Cédric Jimenez est de ces hommes qui communiquent leur foi à toute l’équipe. Les quelques papiers que j’ai pu lire sur le net me laissaient deviner qu’il y avait grosse réussite. Non, la trouille, c’était de savoir si mon Lucien Aymé Blanc était crédible. Réponse : pas de souci. Ça roule. Le Marseillais qui avaient fait le voyage s’étonnaient même que je ne sois pas Marseillais moi-même. Donc, pas de faute d’accent.

Si le film est une réussite portée d’abord par un Jean Dujardin de haut vol, notre Oscar national, dans un registre qu’on lui connaît peu, il est aussi composé d’une ribambelle de seconds rôles qui font renouer le film avec ce cinéma français à acteurs. Difficile de décerner des bons points. Je n’aime pas ça. Mais quand même. Certaines partitions demandaient des acteurs à la hauteur. Zampa, tout d’abord, est porté par un Gilles Lellouche magistral. Il incarne ce personnage avec une force incroyable. La femme du juge est incarnée par une Céline Sallette juste et puissante (comme d’hab…). Benoît Magimel nous offre un concerto de virtuose dans le rôle du Fou. Mon cousin de cinéma, Cyril Lecomte, fait des merveilles dans un personnage de petite frappe extrêmement touchant. Moussa Maaskri donne toute sa classe et son charisme à un beau Francky bien méchant. Féodor Atkine incarne Gaston Deferre en nous faisant oublier jusqu’au visage du vrai. Je pourrais parler aussi de Guillaume Gouix, Mélanie Doutey, Gérard Meylan et de tant d’autres. C’est un film d’acteurs, je vous dis !

Bref, La French, ça va compter. Sortie le 3 décembre.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 15:36
Deux petites histoires

Hier, je tournais (m’amusais) à Carcassonne dans le rôle de William. Mon personnage avait deux séquences avec quinze ans d’écart. On m’a teint les cheveux et mon anselmique barbe. Je n’ai pas ramené de photo. Mais l’histoire ne commence pas là. Elle débute au moment où la troisième assistante, Dyna, me ramène à mon gîte de la ville basse. Au 28 ! Salut ! La voiture démarre et là, c’est le drame. Je fouille ma poche pour sortir mon iPhone 6 blanc qui ne plie jamais afin de lire le code de la porte d’entrée que l’on m’a envoyé en texto quand je réalise que mon putain de portable n’y est pas. Analyse de la situation. Je n’ai aucun contact, ne peux pas appeler, l’ai pas le code, ne tourne pas demain, suis seul dans le gîte… bref, je suis dans la merde comme on dit aussi à Carcassonne. C’est là que je réalise que, bizarrement, ce matin, j’ai pris avec moi une sacoche qui ne me sert strictement à rien et dans laquelle j’avais la bible. Non, pas la Bible. La bible. Ce petit carnet qui contient les coordonnées de toute l’équipe. Sans méditer plus avant sur les raisons obscures qui m’on fait prendre la bible ce matin, je me précipite dans la pizzéria qui est devant moi, demande au patron si je peux passer un coup de fil, appelle Dyna, lui explique ma situation et lui demande d’appeler mon téléphone. C’est ce qu’elle fait après avoir raccroché. Elle entend alors mon iphone 6 blanc qui ne plie jamais hurler qu’il n’a rien à foutre sous le siège de cette voiture qu’il ne connaît pas. Le court moment de panique a trouvé sa happy-end en un rien de temps. Merci la bible.

La seconde histoire est très mesquine. Déformation professionnelle, il me plaît d’observer les comportements humains et de m’amuser de leur mesquinerie. Ainsi, aux arrêts de bus, il y a les personnes qui s’assoient en attendant, celles qui se mettent à l’écart pour fumer leur cigarette, celles qui regardent l’affichage des délais d’arrivée des bus de façon compulsive en soupirant et celles qui anticipent l’endroit précis du trottoir qui va coïncider avec celui où le bus va ouvrir ses portes. La personne en question les pieds tout au bord du trottoir, prête à bondir, avec une attitude corporelle qui indique clairement qu’elle se fait fort d’être la première à pénétrer dans le bus et de se précipiter comme un chien sur la meilleure place assise. Celle de ce matin, gare de Lyon, était une dame d’une bonne quarantaine, assez forte, avec un imper orange fluo, des écouteurs aux oreilles reliés à un iPhone 4S au mieux. Je vois bien que, quoi que je fasse, je ne serai jamais le premier à monter dans ce bus. Mais, que vois-je ? Deux bus qui se suivent et se glissent dans notre allée. Le bon, celui qu’on attend, est en seconde position. Zou, je n’attends pas et vais me positionner à la bonne place qui se trouve être une longueur de bus plus loin. La dame en orange n’a pas cette vivacité d’esprit et met un temps avant que ses neurones analysent la nouvelle situation. Pchhhhhhhh, la porte s’ouvre pile devant moi. Je trouve une place vers le fond. Je vois la dame en orange qui va se placer sur une des places latérales réservées habituellement aux personnes à mobilité difficile. J’ai le temps d’observer au cours du trajet qu’elle garde les yeux rivés sur son téléphone complètement dépassé afin de ne pas voir, qui se petit vieux avec une canne qui ne pourra pas s’asseoir, qui cette femme enceinte. Conclusion : je n’aime pas les dames en imper orange fluo un peu fortes, avec des écouteurs aux oreilles reliés à un iPhone au mieux 4S. Je leur préfère les grenouilles vertes. La vie est bien futile.

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 12:48
On y retourne !

On a tourné les six premiers épisodes de la saison VI et reçu 5 des six derniers dont nous allons commencer le tournage en fin de mois (très bientôt). Alors, bien sûr, je ne peux rien dire du contenu, si ce n’est que c’est toujours aussi réjouissant et que je vous promets une saison grand cru. 1944. La libération. Changement de donne. Dans ce mouvement, des humains. Comme toujours dans le Village.

Pour ce qui est d’Anselme, je vais encore avoir pas mal à jouer. Je ne peux plus dire « il me tarde ». On y est.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 22:48
Blague prétentieuse

Avec un gentil rôle, tu peux avoir un prix Nobel (d'économie).

Oui, je sais... j'adore les blagues nulles puisque ce sont les seules que j'arrive à faire (avec Renaud Cojo).

Qui comprendra celle-là qui est assez complexe et nécessite de suivre l'actualité nationale, internationale et du blog ?

 

 

 

NB : Le prix Nobel d'économie s'appelle Jean Tirole.

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 09:50
Je viens de tourner

Mais non, je ne peux pas vous raconter comment mon personnage s’inscrit dans l’histoire que j’ai commencé à tourner hier. C’est un polar. Je peux dire que j’ai couru (même ça, c’est un indice), que nous avons tourné en plein air, entre une chapelle et un château perdus dans la nature.

Assez effaré par  la rapidité de tournage : 17 plans pour le seul matin. Comment c’est possible ? Il faut juste un réalisateur bien entouré qui sait ce qu’il tourne, le montage en tête. On pourrait dire ça de pas mal de réalisateurs qu’on appelle « faiseurs », techniques et efficaces. Mais chez ces gens là, la différence se fait sur la direction d’acteur. Si certains l’oublient au passage, s’en soucient peu ou sont submergés par la technique, le nôtre est très précis aussi sur ce domaine. Il a tous les potards à fond, quoi. Énergique et souriant. Qui embarque tout le monde avec l’excitation d’un gamin qui s’amuse. Ça déteint forcément sur l’ensemble de l’équipe. Du coup, quand tu joues dans ce type de format de fiction, tu n’as pas le temps de t’ennuyer. Toujours sur le grill, prêt à bondir sur le prochain plan. Et tu sais que tu auras l’espace pour faire ton métier sans avoir à rougir. On sait qu’on est dans une fiction formatée télé, très grand public. Ça n’empêche pas d’avoir quelques exigences.

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 21:44
Je pars tourner

Tu pars de chez toi avec une heure d’avance par rapport à celle du train. Un sac à dos. Une sacoche pour l'odinateur. Tu prends le 61. Tu as le temps de t’en cramer une avant le départ. Tu fais bien, parce qu’après, c’est parti pour plus de quatre heures. Dans le train, ta place est prise par une femme encombrée de multiples sacs, le téléphone à la main, l’écouteur à l’oreille. Elle va t’emmerder. Alors tu repères une place libre en solo. En solo, c’est mieux. Tu y déménages. Tu apprends ton rôle pour demain. En fait, tu le sais déjà puisque tu n’as que deux phrases. Alors tu en profites pour apprendre tout le texte, celui des prochains jours. Ça sera fait. En train, il faut savoir rentabiliser. Tu as porté un bouquin qu’on t’a prêté. Tu le lis en diagonale. Ce n’est pas un roman. Et puis tu dors. Ça sert à ça le train, aussi. Quand tu as dormi, tu sors ton casque et tu le branches à ton iPhone 6. Ton objectif : désaimer Wich you where here. Ça suffit l’adolescence ! Tu prends un second bouquin. De la philo facile. Tu as entendu Markus Gabriel à la radio et t’as voulu lire. Pourquoi le monde n’existe pas. C’est agréable. C’était donc ça. Tu es philosophe, toi aussi. Tu vas au bar. Tu as oublié de retirer du fric. Tu vas faire une carte. Mais ces cons, ils ont augmenté le montant minimum de paiement par carte. Alors tu prends une merde en plus pour y arriver. Fatalement, le temps finit bien par passer et la gare de Narbonne par arriver. La régie est là. Le stedycamer était dans le même train. Voiture jusqu’à Carcassonne. Tu es monté derrière. Tu reçois un coup de fil. Un des films qui avait été reporté cet été va se faire. Il a eu le CNC. Tu es content. Le stedycamer téléphone. Il parle de parallaxe.  T’y comprends rien de toute façon. Alors tu regardes le paysage, puis le ciel. Il y a de beaux nuages. Tu les photographies. On te dépose à l’hôtel. Tu as connu mieux. Mais bon, t’as un petit rôle. Tu vois que le joli nuage est en train de noircir et de clignoter de tous côtés. Tu dois aller manger vite, sinon tu vas te prendre une saucée en rentrant du restau. Tu poses ton sac à dos et ta sacoche, tu enlèves ton petit pull. Il fait doux, ici. Tu files vers la cité. Elle est toujours belle. À peine franchie la porte, tu dois trouver un restau, vite. Dans une ruelle à ta gauche, les cris d’un groupe de Japonais t’indiquent la bonne direction. Une place. Le Ménestrel ? Le Trouvère ? On s’en fout. Manger avant l’orage. De toute façon, c’est le même prix. Vous parlez français ? Heu, oui. Tu as de la chance. Les restaus à touriste te servent à toute berzingue. Même pas le temps d’en cramer une entre deux plats. Tu ingurgites ton repas honnête et tu cours payer au comptoir. Allez, zou, retour à l’hôtel ! Tu vas croiser une régisseuse qui va te donner ta feuille de service et te proposer de te conduire à la cité pour manger. C’est déjà fait. Tu remontes dans ta chambre. Tu allumes la télé. Tu ne la regardes pas chez toi mais tu crois toujours que tu pourrais avoir la chance de tomber sur une bonne émission ou un beau film. Ça ne sera pas le cas. De toute façon, cette putain de télécommande qui ne fonctionne qu’à 15cm de l’écran, ça te donne pas envie. Tu as juste eu le temps de voir le collègue avec qui tu vas tourner demain dans une bande annonce. Alors tu éteins le téléviseur. Tu regardes la feuille de service. Tu fais ton blog. Il pleut. Ça te rassure. Tu as bien fait de manger tôt. Tu vas lire. Tu vas aimer lire avec ce bruit de pluie et de tonnerre. Demain, on vient te chercher à 07:20.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 13:39
Eymoutiers, nous voilà !

On vient de proposer à Anselme de prendre sa carte à l’association des amis de Nicolas Sarkozy. Ou un truc du genre. En tout cas, il n’a pas l’air de bien comprendre les blagues, Anselme.

Plus sérieusement, la ville d’Eymoutiers organise dans sa bibliothèque une expo de photos d’amateurs prises sur le tournage d’un Village Français.

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